Douloureux objectif que de réaliser une trilogie autour d’un premier volet, remake d’un film qui avait besoin d’être dépoussiéré (l’obsolète
L’inconnu de Las Vegas, réalisé en 1961). Autant
Ocean’s 12 (que nous avions hautement soutenu dans ces colonnes) misait sur l’expérimentation futée et prenait beaucoup de risques narratifs et formels en tapant chaleureusement dans le dos, autant ce très paresseux
Ocean’s 13 ternit cette agréable impression en clignant ostensiblement à l’œil du spectateur par un recours à un luxe bling bling made in Gucci qui amuse cinq secondes.
Ennuie le reste du temps. Que Brad Pitt continue de bouffer à chaque scène ne constitue pas un problème en soi. Juste qu’on fantasmait trop le divertissement haut de gamme doublé d’une réflexion mélancolique sur la décrépitude des héros et le portrait en demi-teinte d’une société rongée par l’appât du gain. Sous le divertissement futile de ce
Ocean’s 13, aucune intelligence ne perce, aucune réflexion ne stimule les neurones et, plus alarmant, aucun plaisir de faire du cinéma (ce qui est rare chez Soderbergh). Juste l’illustration d’une intrigue linéaire et mécanique où les personnages secondaires sont figés à leur place et les trois protagonistes (Clooney, Pitt et dans une moindre mesure Damon) sont mis en avant pour masquer le pot aux roses et compenser l’absence glamour des femmes (Catherine Zeta-Jones et Julia Roberts). Les nouveaux venus font ce qu’ils peuvent (Al Pacino, en bout de piste) et les récents couteaux (Vincent Cassel, en deus ex machina balourd) sont à ranger au rayon des utilités. Voilà, c’est dit.
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