En voilà un qui s'est fait attendre! Après une édition zone 2 moyennement passable (aucun bonus),
Orgazmo fait un retour fracassant de l'autre coté de l'atlantique dans une édition collector de haute volée avec ses bonus à foison confortablement installés sur un second disque, trois pistes de commentaires audio dont une avec des Trey Parker et Matt biturés pour l'occasion, mais surtout la possibilité de choisir une version Uncut proposée via un seamless branching.

La chose nous est arrivée entre les mains, sa jaquette réversible française nous propose une alternative entre une version "polissonne" et l'autre "cochonne" laissant libre court à nos ardeurs, et c'est avec empressement que les fans que nous sommes insérons le disque dans notre lecteur. Ne tournons pas autour du pot : la déception est à la hauteur de nos attentes, et nous crierions presque à l'escroquerie si le second disque n'était pas proposé.

Penchons nous tout d'abord sur la durée de cette version longue. En effet si nous comparerions la durée exacte entre celle proposée ici, c'est-à-dire 94 minutes 49, et celle du zone 2 Studio canal de 88 minutes 37 nous y trouverions légitimement un peu plus de six minutes de séquences inédites. Toutefois n'oublions pas que le transfert NSTC en PAL passe de 25 à 24 images par secondes en traversant l'atlantique, et rendant par là même la bande son légèrement plus aiguë car accélérée, les différences étant un peu plus perceptibles sur les musiques du film. Si un vingt-cinquième de seconde par seconde passé à la trappe n'étant pas particulièrement méchant à priori, mises bout à bout ces petites sautes peuvent tronquer un film de plusieurs minutes en fonction de sa durée. Après calcul, nous nous rendons compte que la durée exacte de la version classique d'
Orgazmo est de 92 minutes 33, rendant ainsi la version
Uncut plus longue de 2 minutes et 16 secondes. On déchante forcément.
Mais que contiennent précisément ces deux minutes et des poussières? Et bien elles sont soigneusement distillées ici et là à tel point qu'elles en restent indécelables si l'on ne met les deux disque en route simultanément. Pas de séquences inédites, pas même de plans inédits, mais juste une demi douzaine de plans un peu plus long de quelques lignes de dialogues (Joe Young refusant de se raser certains endroits sensibles en expliquant qu'il a une "stunt cock" alors qu'il ne se contente de dire non dans la version courte), de "Fuck off" à deux ou trois occasions, d'un Dian Bachar se prenant deux coups sur la tête supplémentaires dans le combat final et de quelques secondes lâchées ici et là. La seule véritable alternative concerne la conversation entre Joe Young et l'actrice "double anale/double vaginale" cette dernière étant sensiblement plus virulente ici. Voilà des "cuts" qui ne choqueront pas grand monde.


Les vraies différences concernent surtout le montage, et notamment les cinq premières minutes. En effet jusque là nous pouvions voir les mormons frapper à plusieurs portes avant de se faire rembarrer pour enfin assister au tournage d'une scène porno. Ici c'est une alternance entre le porte-à-porte et les engueulades de plateaux qui rendent la narration un peu plus fluide. Un montage plus aboutit, mais qui reste du recyclage tout de même puisque aucune prise inédite à l'horizon. L'autre nouveauté concerne la bande originale du film, entièrement modifiée à deux ou trois exceptions près. Pas de panique "
A man" est toujours à sa place. Enfin on notera la disparition de quelques effets sonores disgracieux, comme les coup de klaxon à la moindre arrivée d'un popotin à l'écran, ainsi que le bruit de porcelaine brisée lorsque Trey Parker "casse la gueule" de Ron Jeremy remplacé par un "splash" des familles…Et c'est tout!
A notre grand désarrois cette version Uncut (fallait-il comprendre "coupé quelques secondes plus tard"?) déçois à plus d'un titre, surtout de la part de Trey Parker –on s'inquiète sérieusement pour
Team America, mais remet surtout en cause le galvaudage de certains termes perdant tout sens. Coup promo pour mieux vendre ses petites marionnettes, pour mettre sur le marché une nouvelle bande originale, ou tout simplement pour le distributeur de justifier une réédition?
Déception de poids, certes, mais agréablement compensée par la présence du second disque rempli à ras bord de suppléments tordants dont une bonne demi-heure de scènes coupées. Finalement on la tient peut être notre version longue…