Il y a quelques jours, nous avons eu le plaisir d’assister à une démonstration audio des plus excitantes au sein des locaux du Studio Maia. Nos oreilles ont ainsi pu profiter du mixage VF en DTS Master Audio 7.1 de
Outlander (
sortant le 2 avril chez Wild Side), une première pour une piste de ce type entièrement produite en France. La visite a été rendue au moins doublement intéressante grâce aux présences de Christophe Henriotte (le maître d’œuvre de ce remixage) et de Gérard Loupias (directeur chargé du développement Commercial chez DTS), qui nous ont tous deux éclairés sur les problématiques d’un remixage son destiné aux home-cinéma tout en s’exprimant avec passion sur ce qui fait la force et le caractère d’un beau son. Nous vous proposons le récit de ces riches aventures...
C’est ainsi que
Outlander nous est montré dans une salle à l’acoustique exemplaire configurée en 7.1. Les extraits proposés mettaient en évidence les avantages du format dans des environnements très divers.
Outlander transfiguré ?Rappelons brièvement l’histoire du film : Tout commence au début du huitième siècle, à l'époque du règne des vikings, quand un homme de l'espace - Kainan - s'écrase sur la Terre. Mais il n'est malheureusement pas arrivé seul car dans la soute de son vaisseau était emprisonnée une créature terrifiante, avec laquelle il partage une vive rancoeur mutuelle. Un prédateur extraterrestre connu sous le nom de Moorwen, désormais libéré de ses chaînes. Et alors que la bête plonge les environs dans le chaos, décimant tout être vivant croisant son chemin, Kainan et les vikings s'associent pour en venir à bout avant qu'elle n'ait eu le temps de les détruire tous. Armes futuristes et de métal contre monstre vorace, la lutte s'annonce bestiale !
Avec un synopsis pareil, cette production épique et inédite en vidéo trouve un écrin parfait pour s’exprimer au travers d’une piste audio de caractère. Et c’est justement sur les ambiances que les extraits portaient. Le commencement se déploie avec l’arrivée tonitruante d’une capsule spatiale sur la planète hostile à grands renforts de déflagrations voluptueuses et agressives. Place ensuite à un combat à l’épée aux résonnances rapides et nettes. Le voyage s’achève sur une séquence de dialogue à l’atmosphère subtile et calme.

Les sensations ne se font pas attendre ; l'arrivée sur Terre fait l'objet de tous les soins avec un enveloppement du son incomparable. Si le passage d'un environnement 5.1 au 7.1 ne provoque pas une claque majeure et durable pour nos tympans, les amoureux du son que nous sommes ne peuvent qu'être charmés par cet enrichissement de l'environnement sonore. Les multiples débris spatiaux défilent ainsi tout autour de nous et dansent littéralement sur toute la bulle sonore ainsi fournie.
Notons que lors d'un combat à l'épée, le mixage nous élève encore d'un demi-ton la richesse des chocs métalliques. Royal !
Le choix du DTS n’est pas anodin, car tous les HD-philes que nous sommes savons bien qu’il existe un concurrent direct en la personne de Dolby. Le format DTS-HD Master Audio se voit ainsi confronté au Dolby Digital TrueHD. Sur le papier, les chiffres sont les mêmes, soit une possibilité d’utiliser jusqu’à 8 canaux (ce que fait un 7.1) encodés en 96 Khz/24 Bits (un CD audio est proposé en 44,1 kHz/16 Bits seulement). Suivant les mêmes proportions, le bitrate audio maximal est de 18 Mbit/s pour Dolby et de 24,5 Mbit/s pour DTS, en pratique ces valeurs ne sont jamais atteintes.
Les principales différences pour nous les utilisateurs se situent plutôt ailleurs. Dolby propose ainsi sa fameuse piste Dolby TrueHD qui pâtit d'une « faiblesse » de poids ; l'obligation pour l'utilisateur d'avoir au moins une liaison HDMI 1.1 voire du 1.3 pour transporter la bande son brute et profiter ainsi du son HD. Si la configuration de l'utilisateur ne se trouve pas dans l'un de ces deux cas, il faudra se résigner à utiliser le mixage Dolby Digital 5.1 standard aussi présent sur les Blu-Ray.
DTS plus ingénieux que son concurrent Dolby ?Son homologue DTS Master Audio a opté pour une autre approche. Une piste son et l'ampli restituent le meilleur mixage possible. Les avantages sont ici multiples ; tous les utilisateurs, des enceintes stéréo du téléviseur au home-cinéma dernier cri, sont à même de profiter d'une piste son non-compressée de qualité qui gagnera encore en richesse suivant l'évolution du parc sonore en place.
Pour résumer, avec Dolby, c'est tout (TrueHD) ou rien (Dolby Digital classique) là où DTS garde une base commune de bande-son utilisable par toutes les installations.
L’intérêt pour l’éditeur Wild Side se révèle important. En utilisant des techniques de pointe, l’éditeur s’assure une qualité audio inattaquable pour accompagner ses films. Et les solutions proposées par DTS (partenaire privilégié) permettent à tout un chacun de pouvoir profiter d’une qualité d’écoute au meilleur niveau.
Les Blu-Ray pourront ainsi être redécouverts après un éventuel changement de matériel dans des conditions d’écoute encore supérieures.
On se rend compte des enjeux des éditeurs dans les choix à faire concernant les masters audio. Il en va de la bonne réception ou non d’une œuvre chez le public. Avec l'exemple de
Outlander que vous pourrez découvrir dès le 2 avril, nous comprenons mieux comment les choix techniques d'une édition Blu-Ray peuvent se montrer aussi prégnants sur tout le processus d'authoring d'un disque.
Le jeu en vaut bien la chandelle quand le produit s'en retrouve grandi et le spectateur heureux d'assister au plus beau spectacle possible dans son canapé.