Proposé dans une version
uncensored,
Hard, polar sulfureux inédit de John Huckert, sortira au mois de février prochain chez
Le chat qui fume.
En butte à l’homophobie de ses collègues et face à l’incurie de la police à résoudre les meurtres de jeunes prostitués, Raymond Vates, un jeune détective, part à la recherche de ce mystérieux tueur qui parsème les terrains vagues de corps décharnés.Présenté comme le nouveau
Cruising,
Hard, long-métrage de John Huckert, pâtit d’une comparaison étouffante : ce film ne possède à aucun moment la richesse ni l’ambiguïté du joyau noir controversé de William Friedkin, parabole sur les apparences, où un flic hétéro se perdait dans un monde profane et peut-être ses propres fantasmes insoupçonnés. Ici, rapidement, le suspense est désamorcé : pas de
whodunit car on connaît le visage du tueur dès les premières images, pas de trouble identitaire car le flic qui traque le criminel est homosexuel. L’intérêt réside ailleurs : dans les fondements mêmes du polar où un homme cherche à manipuler un autre, à faire le bien en faisant le mal et à le forcer à assumer sa sexualité. C’est d’autant plus décevant qu’après une longue série de rebondissements haletants, la morale de
Hard revient à dire que sous chaque hétéro homophobe sagement rangé dans son confort familial pourrait bien se cacher un homo refoulé.
Dans
Hard, la question de l’ambiguïté sexuelle est presque éludée et résumée à la distinction entre le boulot viril et la sexualité qui ne colle pas à l’image. Certains passages maladroits (la strip-teaseuse, la scène où un flic homophobe mate un collègue sous la douche) tentent cependant de creuser le sujet. Les personnages sont divisés en archétypes : seul le tueur en série mystérieux (démon catalyseur des tensions qui poussent les gens à révéler ce qu’ils sont réellement ?) échappe à cette caractérisation. Mais c’est paradoxalement dans tout ce qu’il a de plus classique, dans l’enquête policière brute, que le film séduit : le jeu du chat et de la souris, les courses-poursuites dans la nuit, la traque du criminel.
Au-delà du polar,
Hard peut être vu comme un film sur l’acceptation de soi. Débarrassé d’une thématique bouillonnante, il lui manque l’atmosphère délétère pour devenir un thriller qui se distingue du tout-venant. Mais également du trouble et du vertige nécessaires pour explorer des zones d’ombre propres à chacun. A défaut d’un uppercut,
Hard est totalement convenu dans son déroulement. Cela étant, la sincérité de l’entreprise où le cinéaste en profite pour laisser libre cours à des fantasmes (corps à corps sur du George Michael) invite à une certaine excitation des sens à condition d’adhérer au trip. En tout cas, à découvrir...
Le film sera proposé au format 1.85:1, avec une piste anglaise en Stéréo 2.0 et des sous-titres français. Les suppléments ci-dessous:
Présentation du film (2mins) Commentaire audio de Francis Barbier et Stéphane Bouyer 18 Scènes inédites (45mins) 4 Interviews publiques (27mins) L'audition de Jack (5mins) Bandes-annonces (10mins) Bonus caché
Sortie : 22 février 2007