Par Christian Lévêque - publié le 23 avril 2008 à 05h02 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 14h25 - 0 commentaire(s)
A l'occasion de cette nouvelle rubrique jeunesse, nous vous proposons de découvrir Teletubbies : chante et danse.

TELETUBBIES : CHANTE ET DANSE
Distributeur : BBC - Universal Pictures Vidéos 2008
Public 1-2 ans
Réalisateurs : Une série de la BBC créée par Anne Wood et Andrew Davenport
Diffusée sur Canal +
Bonus : Coloriages

Le DVD testé a une durée d’environ 1h10. Le menu présente huit séquences dont trois sont de petits films reportages sur des enfants d’autres pays, qui font du patin à glace, ou jouent avec des brassées de feuilles mortes. Les autres séquences mettent en scène les aventures de quatre personnages sans doute extraterrestres qui possèdent une télévision sur le ventre ce qui leur permet de capter des émissions pour enfants. Ils vivent à Télétubbyland, sous le règne d’un Bébé soleil radieux et complice, dans une maison ronde au milieu de pelouses où fleurs et objets se parlent, où tournent des éoliennes droit copiées sur des mini moulins à vent pour jeux de plage, et où passent des lapins.


Leurs aventures, leurs découvertes plutôt, et les jeux de langage qui les motivent, se terminent très généralement par un grand câlin, et des sourires un peu mièvres même pour des tout petits. On reconnaît à la longue Tinky Winky en violet, et coiffé d’un triangle, et Dipsy, en vert, avec un chapeau noir et blanc, dont le visage est noir. Ce sont deux garçons paraît-il. Les filles, donc, sont Laa-Laa, jaune avec une boucle sur la tête, (elle promène un gros ballon orange) et Po, la plus petite, avec un cercle sur le dessus de la tête et qui possède une trottinette.

Une précédente recension sur Excessif du DVD Qui est là par Gaëlle Grignon a déjà fait le point sur les velléités pédagogiques et la fausse naïveté irritantes de la série. « Reste, disait-elle, qu' il paraît que les tous petits adorent littéralement ce monde qui parle aux sens, avec des couleurs vives, des textes, des sons non articulés,... Pour preuve, des produits dérivés, tels les peluches » qui se vendent encore bien. Une polémique existe également sur la difficulté pour les garçons et les filles d’identifier le genre des personnages, mettant en cause principalement la couleur mauve et le sac à main du télétubbie le plus grand, Tinky Winky.


Au cas où votre petit est tombé dedans par hasard, chez une grand-mère ou un oncle, et s’est pris d’affection pour ces poupées qui lui rappellent son proche passé, aidez-le peut-être à décrocher peu à peu exactement comme on les fait pas passer du sucré à l’amer. Le problème avec les très très petits c’est qu’on n’a guère le choix : il leur faut ces formes rondes et ces couleurs sensuelles, ces voix adoucies et ce rythme infernalement lent pour nous. Il suffirait qu’on mette tout cela au service de messages différents, plus sains et progressivement plus réalistes.

Note 4/10


DEUX SERIES D’AVENTURES DE TOM ET JERRY
Au pays des dinosaures
Les Meilleures Aventures Autour du Monde


Distributeur : Warner home video, collection Warner Kids
Public : dès 2 ans
Direction : Tim Maliby ou Douglas McCarthy pour le premier, William Hannah et Joseph Barbera, les créateurs, pour le second
Bonus : dans le second uniquement, une « leçon » de dessin et quelques bandes-annonces originales
4-5 langues : Français, Anglais, Néerlandais, (Italien pour le premier, Suédois et anglais pour malentendants pour le second)


L’ordre de présentation de ces deux DVD aurait pu n’avoir aucune importance, à qualité et intérêt égal. Les quinze épisodes d’Au pays des Dinosaures et les dix des Meilleures aventures autour du monde sont tout aussi vifs et burlesques les uns que les autres. Mais la comparaison importera aux amateurs avertis et aux historiens du cinéma d’animation puisque le deuxième réunit des films réalisés par Hannah et Barbera eux-mêmes, dans les années 1940-1958, avec notamment The two Mousekeers, Oscar 1951 (sur un total de 7 Oscars reçus). On en parlera en deuxième partie d’article. Mais il faut s’étonner tout de même que les distributeurs n’aient pas insisté sur le caractère historique de cette édition sur le boîtier du DVD.

Au pays des dinosaures regroupe 5 séries de 3 films de 5 à 5 minutes 30, chaque série débutant par un générique probablement destiné à la télévision. Les films ont été dirigés soit par Tim Maltby, soit par Douglas McCarthy, et la musique de Tom Berta respecte les canons de la série tels que les a établis Scott Bradley, un brin de musique couleur locale quand c’est possible et des thèmes de jazz, de pop et de musique classique. Dans ces films très récents, (2000-2004, apparemment), l’image est devenue un peu plus lisse, grâce aux technologies nouvelles, et une attention spéciale est apportée aux décors.


Les trois premiers épisodes ont pour thème commun l’épouvante, avec une scène d’anthologie où Tom le chat voit son propre squelette quitter sa propre fourrure et les deux Tom, intérieur et extérieur, s’apeurer l’un l’autre. De plus en plus souvent, Tom et Jerry ont à assumer ensemble la conséquence de leurs bagarres incessantes et doivent se préserver contre un ennemi commun comme ce merveilleux fantôme d’Un dimanche tranquille ou les momies de Tom et Jerry en Égypte. Peut-être pourrait-on avancer aussi que le caractère des deux personnages s’affine un peu, laissant entrevoir un peu plus d’intelligence qu’avant chez Tom et un peu moins de sagesse chez Jerry. Les deux se révèlent finalement beaucoup plus des comparses que des adversaires contre des dinosaures idiots, des hommes des cavernes grincheux, un chat mécanique destiné par Mammie « Two Shoes » à remplacer Tom dans la chasse aux souris, ou encore d’étranges aliens qui le prendront pour une poule et lui feront couver des œufs.

Le plaisir du spectateur peut sans doute s’émousser au visionnage des quinze épisodes d’un seul coup ; ces films ne sont pas conçus pour remplacer un long métrage et les gags n’ont souvent d’intérêt que d’avoir été oubliés. Il est probable que chaque spectateur trouvera d’ailleurs ses propres préférences, et n’en relira plusieurs fois que quelques-uns, en fonction du thème et du contexte de chaque série ; les uns pouvant apprécier particulièrement les voyages interplanétaires, et cette merveilleuse vision de Tom et de Jerry en lointaine constellation de la deuxième série, les autres préférant voir nos héros s’affronter aux forces de la nature, voyageant dans le temps et sous la terre ; ou encore, dans la cinquième série, aux maux du monde contemporain, la célébrité hollywoodienne comprise comme telle, un mal absolu heureusement éphémère. Personnellement, les histoires citadines, où le chien Spyke joue un rôle central, par exemple en chef de chantier autoritaire et aboyant, me séduisent moins.


Les Meilleures aventures autour du monde se terminent sur un excellent numéro musical où Tom et Jerry se disputent la direction d’un grand orchestre, au son de valses à double fond, puisque précisément tout « valsera », objets, instruments de musique et musiciens s’abîmant tour à tour comme autant de dommages collatéraux. C’est l’occasion de rappeler que notre duo de choc s’est illustré depuis la création dans des scènes d’une violence et d’un mauvais esprit assez rares encore aujourd’hui, des scènes à peine moins impressionnantes que chez Tex Avery. L’évocation des ambitions amoureuses de Tom lorsque entre deux épisodes où on le voit tronçonné, dépecé, ramolli, ratatiné, explosé ou distendu de toutes les façons possibles, il croise enfin une féline paraîtra sans doute anodine aux bambins d’aujourd’hui habitués à pire, ou encore innocents des choses ; elle n’en reste pas moins significative d’une culture machiste.

Le thème des voyages est évidemment le plus susceptible d’encourager le recours aux clichés les plus éculés : le cas ici des images de Naples est révélateur. Mais c’est ce qui fait le charme de ces petits films là, où les idées reçues servent l’autodérision tant elles semblent cerner surtout une bêtise universelle sous ses formes locales. Les trois ragazzi à Naples, le cow-boy du Texas, les mousquetaires d’un Paris plus luxueux et plus coloré que nature, (où Jerry peut ouvrir une bouteille de champagne à l’aide d’une queue de cochonnet en tire-bouchon), et la souris El Magnifico, sorte de Jerry espagnol assez proche de Speedy Gonzales, mêlés à nombre de personnages aux prétentions diverses et douteuses, font voyager dans l’espace d’un humour indémodable, à preuve ces films d’auteurs devenus des classiques, et surtout de vraies leçons d’humour.

Note : 9/10


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