Par David Lengyel - publié le 18 octobre 2007 à 21h01 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 10h53 - 0 commentaire(s)
En éditeur consciencieux et intègre, Eagle Vision nous offre ce mois-ci une suite digne d’intérêt de sa longue série de DVD explorant les archives du Festival de Montreux. Chaque fois que la collection s’élargit, un vibrant hommage est rendu à Claude Nobs, celui qui eut, voilà quarante ans, la brillante idée de transformer une petite bourgade suisse en scène mythique où pouvaient se croiser la crème des musiciens et les mélomanes du monde entier. À mesure que les volumes s’accumulent, l’histoire extraordinaire d’une épopée se complète et se précise. Mais la ligne générale reste toujours la même depuis les débuts balbutiants jusqu’aux fastes d’aujourd’hui : être à la pointe de l’évolution musicale du moment, quitte à abattre les frontières parfois trop bien établies entre les différents genres et styles de jeu. Alors, quoi de plus évident que d’inviter à deux reprises le Mahavishnu Orchestra dont le seul nom est synonyme de mélanges musicaux irrévérencieux qui l’ont propulsé parmi les groupes de légende ? Car cette édition double DVD Mahavishnu Orchestra : live at Montreux 1974/1984 met bien à l’honneur un groupe qui a fait plus que marquer l’histoire de la musique : il l’a façonnée. L’histoire dont on parle, c’est celle de toute une génération de savants de la partition, c’est presque un conte aux allures féeriques à la lumière duquel le visionnage du DVD nous procurera beaucoup de satisfaction.


Tout commence au mois d’août de l’an 1969, lorsque le Prince des ténèbres, Sire Miles Davis, réunit autour de sa trompette une ribambelle de jeunes talents. Ils découvrent un vétéran du jazz qui joue comme s’il avait pris un bain de jouvence. Il pourrait être le père de la plupart des musiciens présents et pourtant, c’est lui qui dicte le tempo. Finie la structure classique thème/soli/thème des standards sucrés et les orchestrations ringardes : désormais chacun troque son instrument contre sa version électrique. Le jazz doit reconquérir son public après la déferlante des Beatles et sortir de son carcan de musique d’intellos. Avec la percée de Bitches Brew, c’est chose faite : le son hybride de l’album, combinaison entre la puissance rythmique contagieuse du rock et la réactivité à fleur de peau du jazz, rencontre un succès inespéré. Mais le disque, hormis sa couverture psychédélique, n’a rien d’opportuniste. Il déconcerte plus d’un par l’usage quasi expérimental qu’il fait des moyens de postproduction de l’époque.


Chacun des musiciens présents à ces séances d’enregistrement révolutionnaires en garde un souvenir fort, indélébile, si bien que certains d’entre eux s’associent et montent des groupes qui établiront par la suite la réputation de la fusion, appelée aussi jazz-rock. Chick Corea et Lenny White créent Return to Forever, Tony Williams et Larry Young démarrent Lifetime, Joe Zawinul et Wayne Shorter fondent Weather Report tandis que John McLaughlin et Billy Cabham mettent sur pied Mahavishnu Orchestra.

Vous pouvez retrouver l'integralité du test DVD en cliquant sur le lien ci-dessous
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