Il suffit d'une introduction musicale et elliptique pour que l'on soit immédiatement happé par cette oeuvre éblouissante qui pendant ses premières minutes se dispense de tout dialogue. Le brio de Paul Thomas Anderson cloue le bec. La subtilité du montage, l'utilisation des violons déglingués en guise de bande-son crépusculaire, les échanges de regard anxieux, la précision maniaque d'un geste et l'intensité brute des images racontent tout. Sans avoir recours aux mots. Sur ce régime, avec la même science, le récit continue sans que l'on ne s'en rende compte. On perd toute notion du temps qui passe, malgré une durée impressionnante (plus de deux heures trente) ; et les événements s'enchaînent avec la même puissance élégiaque d'un bout à l'autre. Jusqu'à la chute finale à la fois bouleversante et horrifiante. Pas un plan de trop, c'est juste remarquable.
There will be blood est un météore venu nous percuter de plein fouet. Un météore qui raconte une histoire en ne misant que sur l'intelligence et la sensibilité du spectateur. Rien d'autre.
Retrouvez le test de l'édition DVD zone 1 de ce film qui a totalement bouleversé la rédaction (pour une fois unanime!) en cliquant sur le lien ci-dessous :