Par La Rédaction - publié le 22 octobre 2007 à 06h00 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 10h56 - 0 commentaire(s)
Dark Star sortira le 7 novembre prochain deux films de Robert Altman : l’un ultra-célèbre (Le mariage), confirme la prédilection du cinéaste pour les films choraux ShortCutsiens ; l’autre, plus discret (Trois femmes), parcouru par l’onirisme franc et la bizarrerie latente, révèle une facette méconnue du réalisateur.

Robert Altman l’a expliqué : il a réalisé Trois femmes à la suite d’un rêve où il a vu ses trois femmes-actrices réunies : Shelley Duvall, Sissy Spacek et Janice Rule. Trois femmes larvées vont s’identifier l’une à l’autre avant de transmuter en entité père-mère-enfant. Il ne faut pas chercher plus d’explication et se laisser aller au gré des superbes et sombres images émergeantes d’oniriques remous. On se plaît à regarder les drôles ou bizarres déambulations de Millie, Pinky et Willie, tour à tour baignées par l’eau des piscines et par la poussière du désert, fleurs en boutons ou chrysalides prêtes à s’ouvrir ou bien encore reptiles hermaphrodites en recherche de sexuation, tels que Willie les peint inlassablement sur ses longues fresques. Ces êtres embryonnaires trouveront leur forme définitive après avoir nécessairement ingéré, à l’instar des mantes religieuses, les quelques gênes mâles de leur commun et mauvais reproducteur, le peu reluisant Edgar.


Au final, un remarquable travail conjugué des directeurs photographique et artistique, du compositeur de la musique adéquatement nauséeuse et de l’évidente osmose entre Altman et ses actrices. On se souviendra des airs ahuris de Millie passant de l’état floral évanescent à celui d’humain chef de famille, de la frémissante rose Pinky passant du stade de femme-enfant à celui de caricature féminine jusqu’à son éclosion en idéale enfant et de Willie, passant de celui de muette génitrice frustrée à celui de mère caressante et aimante. Résultat ? Un objet inclassable qui a permis à Shelley Duvall de remporter un Prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes en 1977. Tandis qu’Un mariage contient comme suppléments une interview de Robert Altman (15 min), de Géraldine Chaplin (9 min) et une analyse par Michel Ciment (10 min), Trois femmes bénéficient seulement d’une analyse.

Date de sortie : 07 novembre 2007
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