Par - publié le 15 janvier 2009 à 05h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 21h14 - 6 commentaire(s)
Le jour d’après permet d’avoir un panorama d’avis divers sur l’actualité cinéma brûlante et est intégralement rédigé par nos lecteurs excessifs. Pour participer, il suffit d’aller voir un film le jour de sa sortie et d'en parler sur votre blog (espace Blogorama) ou de poster simplement son avis sur les forums des critiques cinéma. On attend avec impatience vos écrits !

TWILIGHT - CHAPITRE 1 : FASCINATION

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FALSE BLOOD

Les vampires sont devenus avec les siècles une valeur sure en littérature comme au cinéma. Ici les deux se sont alliés (c’est une adaptation à succès de romans) pour donner l’un des nouveaux succès du teenage movie tout droit venu d’outre Atlantique. Au scénario on retrouve l’une des scénaristes de la série à succès Dexter. Etait-ce un signe annonciateur d’un film pour ados plus sombre que d’ordinaire ? Pas si sûr…



Tout d’abord l’histoire reste simple : une jeune lycéenne mal dans sa peau tombe sous le charme d’un vampire de son bahut. Tous les deux sont faits pour s’aimer. Ils sont beaux, falots, et assez taciturnes. Que va-t-il arriver sur les 122 minutes que dure le long métrage de bien original et déviant de sa trajectoire première ? Pas grand-chose ! Ils vont évidemment sortir ensemble mais qu’est-ce qui peut leur barrer la route ? Les humains où les vampires ?

De ce premier chapitre, posant les bases d’une franchise en devenir (le second film est en préparation), Hardwicke n’en tire rien ou si peu. Amenant sur le projet tous les pires tics de son cinéma (déjà très horripilants sur l’insupportable Thirteen) montrant, à l’évidence, qu’elle cultive le mauvais goût de façon très prononcée (échelle de plans découpée n’importe comment, effets de ralentis ignobles…), Hardwicke ne permet à aucun moment, au spectateur, de rentrer dans l’histoire de façon simple. Et vu que son histoire est vue et revue 10 000 fois, une réalisation plus standard et efficace aurait mieux fait l’affaire ! Ne parlons pas d’un quelconque point de vue de cinéaste mais juste d’un travail d’artisan efficace et honnête qu’un Rob Bowman aurait effectué avec plus de talent. Premier écueil donc, cette réalisation moche et bordélique qui flingue les aspérités du département artistique qui a effectué un plutôt bon boulot (belles lumières, choix de décors judicieux…). D’ailleurs elle ne réalisera pas le second opus. Tant mieux ! Ensuite le second écueil vient de l’histoire (qui est sûrement identique à celle du livre) qui n’apporte aucune nouveauté sur le thème du vampirisme. Pour le coup, mieux vaut revoir le bancal Dracula de Coppola, beaucoup plus romantique et plus abouti ! Et la série d’Alan Ball (True Blood), très intéressante variation pleine d’ironie mordante et d’étrangeté moite qui font le prix de cette série. En revanche, ce que Stephenie Meyer (la romancière) et Melissa Rosenberg (la scénariste) ont réussi à faire fonctionner (au vu du succès de Twilight) c’est le mélange entre le thème du vampire et celui de l’adolescent à la découverte de la sexualité et de l’amour (teenage movie). Ici, contrairement à beaucoup de films, séries, romans récents, cet amour là reste prude et chaste et cela change beaucoup la donne. Ce n’est plus l’amour 21ème siècle que dépeint cette histoire mais un amour très Victorien qui donne cet aspect romantique à l’histoire de Bella l’humaine (allusion lourde à Bela Lugosi) et Edward le vampire. Mais cette histoire reste universelle : trouver l’amour et s’y plonger totalement quitte à en perdre des plumes…ou du sang ! Mais rassurez vous, le sang n’éclabousse pas l’écran, cela reste bien propret et gentil comme tout. N’oublions pas que la cible du film sont les 12-16 ans !



Personnellement je ne suis plus dans cette fourchette depuis longtemps et ce genre de phénomène me passe bien au dessus. Mais je reste persuadé qu’à cet âge, j’aurai trouvé quelque charme à cet aimable navet. De mon temps (que ça sonne vieillard !) on avait notre daube à nous : Buffy contre les vampires. Alors à chacun sa merde ! Tout de même, on retiendra du long métrage le couple vedette qui fonctionne bien mais surtout Kristen Stewart (Bella), qui depuis Panic Room, prouve qu’elle a énormément de talent et peut exprimer beaucoup avec ses yeux et son visage, ce qu’à l’évidence, n’arrive pas à faire son partenaire de cinéma (le vampire à minettes Robert Pattinson). Elle porte le film sur ses frêles épaules et arrive à vous donner envie de croire en son personnage. Une future star que je vous dis !


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CHE - 1ERE PARTIE : L'ARGENTIN (et même un peu plus...)

Étant comme toujours un grand chanceux, le cinéma mi-indépendant mi-populaire du quartier organisait un événement exceptionnel en association avec le distributeur des films de Soderbergh: la possibilité de découvrir THE ARGENTINE et GUERILLA bout à bout comme à Cannes, où la moitié des journalistes plus idiots les uns que les autres n'ont pas compris qu'ils s'agissaient de deux films mis bout à bout pour une véritable expérience cinématographique. Et effectivement, entrer dans la salle et s'asseoir pendant 4 heures (avec entracte) est une vraie expérience qui nous fait regretter l'absence de GRINDHOUSE en France. Une expérience encore plus excitante étant donné qu'il s'agit là d'un chef d'œuvre gigantesque, de deux perles rares. Tout les cinéphiles de la planète ont vu en Del Toro dès son apparition dans USUAL SUSPECTS qu'il ferait un parfait Che Guevara. Et le projet a mis du temps avant de se réaliser, sous la caméra hors-pair du surdoué Soderbergh qui ne cesse d'étonner (le traitement visuel d'un film « cool » comme OCEAN'S est parfait). La première partie est véritablement la pièce maîtresse de l'œuvre et celle dans laquelle on s'implique le plus.



Brillant visuellement, magnifiquement bien écrit, THE ARGENTINE parle de la conquête de Cuba par Ernesto Guevara, ce jeune idéaliste qui suit les troupes de Fidel Castro et devient le recruteur alors qu'il voulait être au front. La grande force de Soderbergh est de ne jamais transformer le Che en héros. L'homme a fait des saloperies, a parfois une langue trop longue, et crée quelques scandales partout où il passe (les scènes en noir & blanc à New-York sont géniales). Mais à cette époque, pour les hommes qui l'ont suivi, il était un héros. Un héros qui prend l'assaut de Cuba et de la ville maire avec une force impeccable, dans une superbe séquence de guerre anarchique qui conclut le métrage de 2 heures. Face à cette fresque foisonnante qui mélange présent et passé, et qui montre en fait la naissance du Che en tant que symbole, la deuxième partie montre sa dernière tentative de révolution ratée en Bolivie. Une deuxième partie très critique envers les intentions de Che et son impact sur la population locale. Le format et le rythme changent, et c'est ici un Che en bout de course que nous retrouvons. L'asthme va à nouveau le mettre dans des positions difficiles, il va tenter de se couper du monde pour former des hommes qui ne veulent que s'enfuir, et achètent leurs produits locaux dans des minuscules villages qui les trahissent plus souvent qu'ils ne le pensent. GUERILLA fait vraiment état de la déchéance du Che qui tente de se trouver une nouvelle identité pour éviter de s'attirer des ennuis. Et il finira arrêté, incapable d'affronter une armée immense comme il l'avait fait dans ses heures de gloire. Plus que la naissance et la déchéance, CHE parle aussi de la réussite et de l'insuccès de l'homme, non pas en tant que symbole mais en tant que soldat. Et c'est en ça que la deuxième partie est essentielle à la première, et que malgré l'apparente longueur du métrage (les deux parties ont vraiment une énergie différente), il reste un bijou qui va graver l'histoire. Quant à Benicio Del Toro, il est vraiment à la hauteur des espérances, et on a vraiment l'impression de regarder des extraits inédits d'un documentaire perdu sur les expériences du Che. Il se cache totalement derrière son personnage, comme on pouvait l'attendre.



Sans compter le paquet de seconds rôles qui le suivent : Catalina Sandino Moreno (MARIA PLEINE DE GRACE), Rodrigo Santoro (300), Edgar Ramirez (DOMINO), Victor Rasuk (LORDS OF DOGTOWN), Marc André Grodin (LE PREMIER JOUR DU RESTE DE TA VIE), Joaquim de Almeida (24), Lou Diamond Phillips (BATS), Franka Potente (THE BOURNE IDENTITY), Julia Ormond (BENJAMIN BUTTON), Yul Vazquez (AMERICAN GANGSTER) et l'hilarant caméo allemand de Matt Damon. Impossible de ne pas défendre ces deux chefs d'œuvres qui sont déjà au top de 2009.

Note : 10/10
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