Par SY / RLV - publié le 30 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 30 octobre 2009 à 18h54 - 0 commentaire(s)
Ulrich Seidl nous a récemment remué avec Import Export en testant nos résistances face à l'abjection. Après avoir distribué le film sur notre territoire, Solaris Distribution organise à partir du 25 mars, une rétrospective qui présentera six des principaux films du réalisateur autrichien.

Ulrich Seidl est un artiste autrichien qui depuis des dizaines d'années donne l'impression d'être fâché avec les us de son pays. En réalité, ses fictions sont plus universelles que confinées à la critique d'un pays détesté. En piochant dans l'intimité de cas sociaux, il en dit long sur le désespoir. Comme dans Jésus tu sais, dans lequel des hommes et des femmes se flagellent moralement dans une église en confessant tous leurs péchés faussement honteux. A en juger les réactions extrêmes que ses films génèrent en festival (seul moyen de les découvrir), il faut croire que ça dérange. Dans le foudroyant Animal Love, le cinéaste montre des quidams qui reportent leur amour mort sur des bébêtes en les caressant avec une frénésie douteuse ou en leur faisant des papouilles. Ainsi, cet homme retrouvé dans des immondices à sa naissance qui vit dans un taudis avec son pote et arpente les bas-fonds du métro pour récolter du pognon avec un lapin dans ses bras. Ainsi, cette poupée brisée de quarante piges qui lit toutes les lettres d'amour de ses anciens amoureux éphémères avant de se tourner vers son chien pour lui confesser son amour éternel. Ainsi, ce couple qui s'amuse avec leur animal pour compenser l'absence d'une petite fille prématurément disparue. Ainsi, ce couple de vieux garçons qui se servent dans leur bestiole pour agresser les consciences voisines. Ainsi, cet homme qui mate un porno et appelle une opératrice de téléphone rose pour simuler une chaleur sexuelle dans son appartement glacial. Oui, l'énumération laisse craindre le pire dans le précipité maso-misérabiliste, l'inflation glauque et ses trémolos de rigueur. Mais Seidl ne montre que du réel (la souffrance qui hurle silencieusement, à deux pas de chez nous), avec sa caméra objective, spectatrice du malaise ambiant, aussi gênée que nous.

Résolument provocateur et dérangeant, Ulrich Seidl signe, depuis le début des années 1990, des documentaires de cinéma qui montrent sa perception d'une humanité en plein déclin... Bien qu'il soit difficile de définir les films d'Ulrich Seidl, certains parlent de ses oeuvres comme de la "réalité mise en scène".

Au programme de cette rétrospective :

Jesus, You Know (2003)

Dog Days (2001)

Models (1998)

The Bosom Friend (1997)

Animal Love (1995) (Retrouvez notre coin du cinéphile concernant ce film)

Losses To Be Expected (1992)




Vos réactions


logAudience