Par RLV - publié le 16 juillet 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 19h10 - 1 commentaire(s)
Proposé en dvd dans sa version courte, The Prefab People (Rapports préfabriqués) détaille la vie de prolétaires dans la Hongrie communiste des années 80. Le DVD est d’ores et déjà disponible chez Clavis Films qui a toujours beaucoup fait pour ce cinéaste unique. Le test arrive bientôt.

Le courageux éditeur Clavis Films a affiché l’envie de faire découvrir tout un pan de cinéma Hongrois dans une collection («L’âge d’or du cinéma Hongrois») dédiée à ceux qui étaient friands de découvertes exotiques. Bien avant la présentation de son nouveau film au dernier festival de Cannes (L’homme de Londres), Béla Tarr était déjà célébré grâce aux sorties dvd de ses inestimables Damnation, Almanach d’Automne et Tango du Diable. Le dernier film issu de cette collection n’est autre que Rapports Préfabriqués, le troisième opus de Béla Tarr réalisé en 1982, qui s’inscrit plus dans la veine du Nid Familial (période tableaux sociaux made in Ken Loach) que de Damnation (période expérimentation formelle). Le résultat qui suit l’érosion d’un couple marié depuis neuf ans et propose en creux une peinture du monde ouvrier de l’époque est stupéfiant par sa capacité à cristalliser les moindres vacillements psychologiques de ses personnages. Sans en avoir l’air, il prouve les richesses visuelles d’un cinéaste qui manie comme un dieu le plan-séquence et rappelle son talent pluriel: il est autant à l’aise dans les zones d’ombre radiographiées en plans serrés que dans la maîtrise formelle en confrontant l’artifice et la réalité à la manière des documentaristes les plus retors.


Ce n’est certainement pas le meilleur film pour commencer à s’intéresser à ce cinéaste d’exception, mais les aficionados devraient se réjouir en découvrant preuve à l’appui que le cheminement filmographique de Tarr s’apparente étrangement à celui de Kieslowski, parti lui aussi du cinéma vérité à la Cassavetes vers un degré d’abstraction visuel proprement fascinant. De quoi contredire tout ceux qui l’assimilent trop facilement à Tarkovski auquel il ne ressemble finalement pas. Si ce n’est qu’il partage la même prédilection pour les plans où le temps dure et les personnages qui vivent des tonnes d’émotions contradictoires. Une croyance sacrée et nécessaire en un cinéma comme on n’en fait quasiment plus.
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