
Malgré quelques défauts dus aux altérations inéluctables du temps, La lettre écarlate bénéficie d'une restauration d'une très grande qualité. Les couleurs sont tout simplement superbes et les contrastes tout à fait équilibrés. Le piqué de l'image est également étonnant, on peut observer avec délectation les textures et les matières. Rien à redire sur la luminosité, constante et pondérée. Les scènes nocturnes témoignent de noirs profonds. Au contraire les scènes en bord de mer sont éclatantes. Du très beau travail.

Tourné en noir et blanc, Alice dans les villes inaugure une nouvelle période pour le cinéaste, une période davantage tournée vers l'introspection et l'errance. L'édition DVD rend ici hommage à la superbe photographie du film dont le grain est volontairement restitué en écho au métier du personnage principal qui est reporter photographe. Tout en nuances de gris, les contrastes ne sont pas trop appuyés mais respectent néanmoins la profondeur des noirs et des blancs.
Faux mouvement revient à la couleur avec une photographie plus neutre. Les couleurs sont respectées et donnent au film une allure un peu " passée " qui date sans concession le film dans les années soixante-dix. Ici aussi les contrastes sont équilibrés et laissent les détails se révéler. La luminosité est homogène sur l'ensemble du métrage. Le piqué de l'image est étonnant, un piqué que la compression vidéo ne vient en rien remettre en question.

Retour au noir et blanc pour Au fil du temps. Moins granuleux que Alice dans les villes, l'image observe un piqué très précis et très tendre. Les contrastes sont dans quelques scènes obscures très marquées mais plus modérées dans d'autres, privilégiant une gamme de gris étendus. Certains blancs sont parfois très intenses dans les scènes en extérieur. En cela, le film manque parfois d'homogénéité en terme de contrastes. La compression vidéo est elle parfaite, aucune pixellisation ni fourmillement de l'image.
L'ami américain témoigne d'une sophistication photographique sans précédent dans les films de Wim Wenders que l'édition DVD restitue avec justesse et qualité. L'hétérogénéité des ambiances n'empêche pas ici une constance dans l'équilibre des contrastes, de la luminosité et de la saturation des couleurs. Balayant tout le spectre colorimétrique, du vert le plus intense au rouge le plus pur, chaque élément trouve sa place. La compression vidéo est ici encore sans faute, redonner au film sa qualité graphique originale.

Mélange de prise de vue en pellicule et en vidéo, Nick's movie est le documentaire de WimWenders sur le cinéaste et ami Nicholas Ray durant les derniers mois de sa vie. Alternant donc image de qualité photographique et image vidéo, le métrage semble pourtant homogène dans son propos même si les deux natures d'images s'opposent. Les couleurs sont très vives et les détails soutenus. L'édition DVD respecte la double nature du film et les séquences vidéo paraissent ainsi sur-exposées, révélant le grain vidéo et le manque de définition de la bande.
Ambiance totalement fictionnelle en revanche pour le film L'état des choses, à propos du tournage interrompu d'un film de science-fiction. Aux séquences terre de sienne des images tournées dudit film de SF, succède le noir et blanc très nuancé de gris de la fiction du film de Wenders. Le piqué de l'image est étonnant, les contrastes sont marqués mais ne contredisent pas la mise en valeur des détails. Les noirs sont très profonds et les nuances de gris particulièrement soignées qui témoignent d'un étalonnage de grande qualité.

Tourné en vidéo et selon un procédé systématique, une caméra fixe devant un fauteuil et une télévision, la qualité d'image de Chambre 666 trahit ses origines. Le manque de détails, le grain vidéo, ne sont cependant pas dus à une mauvaise édition DVD mais bel et bien à une mauvaise qualité d'origine. Documentaire de quarante-cinq minutes, cette mauvaise qualité ne gêne pas véritablement le propos, celui de l'interview de différents cinéastes sur le sujet du cinéma.
Documentaire filmé en 1985, la qualité d'image de Tokyo-ga est tout simplement bluffante. Le piqué de l'image est soutenu, les couleurs sont vives et les contrastes appropriés. Illustré de séquences noir et blanc du film de Yasujirô Ozu, Le voyage à Tokyo, le film de Wim Wenders témoigne au contraire d'un Japon moderne, coloré, urbain, frénétique. Les néons et les messages publicitaires s'imposent et avec eux, leurs formes et leurs couleurs. Pas de grain vidéo ni de problème de flou, l'image est d'une netteté impressionnante.

De nouveau un documentaire qui mélange prise de vue en pellicule et prise de vue en vidéo, Carnets de notes sur vêtements et villes suit le travail d'un styliste japonais dans son rapport à la création. Alternant l'introspection avec des entretiens filmés en caméra pellicule et des séances de travail intenses en vidéo, Wim Wenders révèle une réelle fascination pour la confrontation des régimes d'images. Là encore la différence de qualité est volontaire, l'image propre et très piquée en pellicule se confronte au grain vidéo un peu baveux. Le maîtrisé se confronte à l'instantané.
Sur Lisbonne story, Wenders revient à la fiction pure. Couleurs rafraîchissantes, contrastes soutenus sans être trop appuyés et luminosité naturelle du soleil portugais, le film est définitivement un long-métrage d'extérieur. Les détails sont mis en valeur même si le piqué de l'image aurait légèrement pu être accru. Les couleurs sont vivifiantes, très saturées sans pour autant jouer l'expressionnisme.

Dernier film et dernier documentaire de ce coffret, Les lumières de Berlin joue une fois ici encore sur deux registres d'images, l'image noir et blanc d'une part pour les reconstitutions de films muets, l'image couleur d'autre part pour l'entretien avec la descendante des Frères Skladanowsky. Bien entendu les images noir et blanc jouent des défauts (ici factices) inhérents aux pellicules des films muets, des films habituellement ravagés par les affres du temps. Au contraire les séquences couleurs sont d'un piqué et d'une qualité irréprochables. Couleurs saturées, luminosité constante, contraste équilibré, tout concourt à une édition impeccable du film en DVD.