Les choix esthétiques expérimentaux de Coppola trouvent ici un écrin à la hauteur. Ce sont avant tout les couleurs qui apparaissent dans toute leur splendeur: la saturation est exemplaire, mettant en valeur avec raffinement les lumières tranchées choisies pour conter cette histoire étrange. Ainsi on plonge dans l'ambiance onirique et bleutée de nuits rappelant l'expressionnisme allemand, le rouge du péché éclate sur l'écran lorsque le héros renait à sa sexualité, les extérieurs ont des couleurs profondes et éclatantes, l'hôpital a une lumière ambrée, soulignant l'identité picturale très forte de cette oeuvre. Le piqué de l'image est également fort appréciable. Les contrastes sont profonds et parfaitement gérés, la définition de l'image la rend d'une clarté presque sans failles. On pourra toutefois remarquer quelques petites défaillances de compression dans les scènes sombres, une définition dans ses cas là un peu prise en défaut, des arrières plans parfois moins précis et quelques petits fourmillements. Mais à l'instar de l'édition en Zone 1, ce transfert est globalement d'une grande qualité et permet de redécouvrir ce film singulier (profitant des possibilités offertes par les caméras numériques) dans des conditions optimales.
