A l'instar du formidable zone 1, cette édition Metropolitan nous permet de découvrir une image totalement inédite de Se7en. Bien qu'excellent, le précédent zone 2 (également chez le même éditeur) ne présentait pas du tout le même type d'image. Ici et c'est la magie de cette édition, la qualité est en tout point fidèle à ce que David Fincher avait dans la tête. Le DVD a été supervisée dans les moindres détails par le réalisateur. Résultat des courses, il se voit offrir un nouveau transfert avec en point d'orgue un surprenant télécinéma. Surprenant car tellement différent de ce que l'on a connu précédemment. L'image est désormais totalement désaturée, renforçant incontestablement le côté froid, glauque et oppressant du film. Il n'y a plus aucun point commun avec la précédente édition zone 2.
Quand les techniques modernes se mettent au service de la vision d'un artiste, cela peut aboutir à de véritables miracles : le DVD de Se7en présente une image encore plus aboutie que celle vue en salle. C'est dire le degré de réussite de cette édition.
La colorimétrie qui a bénéficié d'un travail d'orfèvrerie (comme on peut le constater dans les bonus) constitue une ahurissante réussite. L'homogénéité associée à une définition stupéfiante et ce même dans les passages les plus sombres du film (rarement un étalonnage n'aura été aussi performant) permettent d'obtenir une image d'exception.
Et pourtant, malgré toutes ces louanges, un grain de sable vient se glisser, perturbant considérablement ces rouages si parfaits en apparence.
Le grain très présent (mais voulu) sur le zone 1 a considérablement disparu (cela fera plaisir aux amateurs d'images lisses). Malheureusement, il a été remplacé par des artefacts de compressions beaucoup trop visibles. A certains moments, l'image a tendance à pixéliser de façon besogneuse (la découverte du premier cadavre, et c'est encore beaucoup plus visible lors du dîner entre Somerset et les Mills). Des effets de rémanence signes d'une image numérique pas suffisamment bien maîtrisée. La faute sans doute à l'accumulation de pistes sonores 5.1 et surtout à la présence très discutable de suppléments sur le premier disque alors même que ces derniers se trouvent sur le disque 2 en zone 1. Cette richesse d'informations sur le seul disque 1 est donc préjudiciable au résultat finale et on le regrette vivement. Autre différence notable entre le zone 1 et le zone 2 : un étalonnage qui a tendance à être encore plus sombre en zone 2 car tirant ouvertement sur le vert. Le zone 1 offrait un ton plus lumineux, moins mate.
Mise à part ces bémols, Se7en zone 2 reste enthousiasmant au possible. Le tour de force d'intégrer autant de pistes sonores techniquement gourmandes tout en conservant une image excellente est presque réussi. On regrette toutefois que l'éditeur à l'instar de ce que vient de faire Criterion aux Etats-Unis pour Spartacus, n'ait pas décidé de son propre chef d'eliminer une ou deux pistes pour assurer une qualité d'image irréprochable.