Le packaging extrêmement sobre n'en dégage pas moins une élégance rarement atteinte en France. Composé de deux digipacks, sa sobriété visuelle l'accompagne d'un travail de la matière auquel les photos ci-dessous ne rendent pas tout à fait hommage :
Deux disques composés de menus sobres dans le ton du film se partagent le butin, avec comme à l'accoutumée le premier disque réservé au commentaire audio, le reste des bonus étant soigneusement regroupé sur le second.
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Commentaire audio :Comme le film, comme les interviews qu'il nous a accordées et surtout comme le documentaire présent sur le second disque, le commentaire audio d'Olivier Marchal se présente plus comme un douloureux témoignage d'une épaisse tranche de vie dans l'univers de l'antigang plutôt qu'une véritable déconstruction du tournage. Chose qui n'est pas pour nous déplaire, tant la majeure partie des commentaires proposés sur DVD ne font que se jumeler au fil du temps. Un témoignage intense sur le fond comme sur la forme puisque c'est l'ancien flic qui nous parle, proposant chaque morceau de son film comme référence à l'une de ses nombreuses expériences passées. Mais aussi parce que derrière chaque insigne et derrière chaque caméra il y a un homme, Olivier Marchal qui ne se contentera que de parler de ce qu'il connaît et ressent avec une émotion plus que palpable, sa gorge se nouant à de nombreuses reprises devant certaines funérailles qui ne sont pas toutes issues de la fiction. Certes il ne nous apprendra pas la manière de concevoir un film, mais il nous offre néanmoins un regard nouveau sur un univers bien trop méconnu et mésestimé.
Olivier Marchal DVD2Qui veut la peau d'Olivier Marchal ? (69min41) :Un titre accrocheur aux réponses aussi nombreuses que floues. La fatalité, le coup du sort, le temps, l'argent, ou bien une symbiose de tout cela qui ne pourrait se résumer qu'en un seul terme : les financiers ? Olivier Marchal lui-même au coeur du problème ne le comprend pas et ne va pas chercher à le savoir puisque le malheureux a bien d'autres préoccupations. A la tête du plus gros pari de la Gaumont prévu pour 2004, le réalisateur va devoir en un temps record chambouler sans répit la préparation d'un film à la pré-production coupée de moitié (trois mois au lieu de six) et qui ne cessera de contredire ses propres plans puisque le soutien de ses idées ne sera pas à la hauteur. En effet l'excellent documentaire de
François-Régis Jeanne, plutôt que de nous installer en témoins privilégiés des secrets de tournage, préfère raconter une histoire vraie. L'histoire d'un homme dépité par le manque de confiance évident qui lui est accordé, par la volonté de sortir une oeuvre personnelle de ses tripes là où les distributeurs n'y voient qu'un gros film de plus, et surtout l'histoire d'un homme qui ne voit que trop peu de monde lui tendre la main alors qu'il ne demande qu'on ne le lui lève qu'un simple petit doigt.
Lorsque l'on en connaît le résultat il est effectivement difficile de croire que
36, quai des orfèvres a débuté sur une simple petite balade dans les rues parisiennes entre Olivier et ses deux assistants, cherchant les arrières plans les plus propices pour leur fusillade principale. Un esprit film de potes qui ne cessera de durer pendant plus de 10 semaines où les humeurs du réalisateur vont se mouvoir tel un yoyo fou, les bonnes nouvelles étant à chaque fois désamorcées par un coup de fil assassin dans les minutes qui suivent. De quoi mettre en rogne celui qui nous montrera son côté ours mal léché à la patience néanmoins infinie tant on se demande constamment comment ce dernier fait pour ne pas quitter le navire. Il s'emporte, s'énerve plus encore et balance des piques plus sérieuses bien que complices sur son souffre-douleur d'assistant. Une confrontation "je t'aime moi non plus" de deux hommes qui finiront par braver une accumulation d'embûches purement pécuniaires. Le résultat on le connaît. Mais la grosse canarderie prévue en plein XVI ème arrondissement se termine dans un bouge tranquille, les rêves s'étant effacés jours après jours, Marchal contourne les idées grotesques ("Tournez une fusillade mais dans le silence, tournez en été on remplacera la condensation par du numérique" etc.) et impose malgré lui son film. Film marathon d'une pré-production toute aussi énergique,
Qui veut la peau d'Olivier Marchal ? suit le parcours de l'homme comme son ombre jusqu'aux préparatifs finaux. L'ensemble se concluant sur un visage au sourire sincère complètement épanoui et soulagé de pouvoir enfin tourner son film, le pire étant passé. Il n'y croyait pas et à la vue de ce film/documentaire, nous n'arrivons toujours pas à y croire... et ce n'est que le début.
Annexes (26min47) :Voici les scènes coupées du documentaire en quelque sorte, soit deux petit modules attitrés aux essais costumes et le choix des armes du film d'environ 13 minutes chacun. Il faut dire qu'en temps normal voir les futures costumes d'un personnage n'a rien de réellement captivant, mais dans le cas présent, c'est également l'opportunité à tous les acteurs du film de se retrouver pour la toute première fois ou même de faire connaissance. Depardieu, pas difficile, prend ce qu'on lui propose sans discuter, Valeria Golino essaie trente-cinq coupes de cheveux différentes mais c'est surtout la petite fille jouant Lola, la fille de Auteuil, qui semble faire l'unanimité auprès de tout le monde... Un documentaire tout simplement chouette. Le second dévoilant la sélection des pétards se montre un peu plus classique.
Carnets de tournage (41min40) :Là encore un documentaire sortant des sentiers battus. Ce qui démarque ce "making of" de ceux que l'on a l'habitude de voir réside en son statut de film interne, de film de vacances, de vidéo souvenir pour toute l'équipe puisque en effet il n'était pas destiné au grand public à l'origine. La scripte d'Olivier Marchal s'est amusée sur le plateau, elle a voulu capturer cela avec son caméscope personnel et dépeint ainsi le portrait d'une ambiance, plus que d'un tournage. Si les inévitables private jokes de rigueur entre techniciens (soit de parfaits inconnus pour nous) prendront ici plus le dessus que les véritables secrets de fabrication, nous n'en somme pas moins les témoins privilégiés de l'autre facette humaine d'un tournage décathlonien. On subit les outrages du temps, on fait courir Daniel Auteuil un fusil à la main derrière une voiture travelling - la fatigue de l'intéressé faisant tordre de rire tout le monde, et on essaie de faire tomber notre Gégé national en arrière sans le blesser avant d'assister à son départ définitif, la caméra le suivant jusque dans sa voiture. Un regard inédit sur un plateau de tournage que les suppléments formatés sur la plupart des DVD ne prennent jamais le temps de bien nous dévoiler. C'est désormais chose faite.


Making of (27min56) :Un peu plus conventionnel que les documentaires précédents, le making of officiel ne tombe néanmoins pas dans le document promo de base, et malgré sa courte durée (de 27 minutes soit, mais on prend de mauvaises habitudes) se montre d'une richesse surprenante. On se demande d'ailleurs pourquoi il se retrouve dans ce menu un peu fourre-tout que sont
Les dossiers du 36 regroupant bandes annonces et autres affiches. Rien que des images brutes du tournage donc, se focalisant ici un peu plus sur l'aspect technique du projet et plus précisément sur l'attaque du fourgon, la confrontation finale devant le 36, et la première scène entre Daniel et Aurore Auteuil.
La fameuse section
Les dossiers du 36 clôt l'interactivité du second disque sur la
bande annonce proposée en 5.1, le très bon teaser, un promo réel de six minutes, ainsi qu'une très intéressante
galerie de projets d'affiches. Et franchement on a évité le pire :
En somme une interactivité qualitativement impressionnante, abordant les facettes d'un film d'une manière encore trop peu commune.