A History Of Violence

Test interactivité

4/5
Les bonus disponibles sur l'édition zone 2 sont similaires à ceux du zone 1. L'ensemble vaut essentiellement pour son décryptage du film mais également une scène coupée troublante.

  • Un commentaire audio de David Cronenberg :
    David Cronenberg fait partie de ces cinéastes à l'instar de John Waters et Peter Greenaway qui savent être aussi passionnants que leurs films lorsqu'ils en parlent. Normal que le commentaire audio pullule d'anecdotes autour des parti-pris de mise en scène et de l'architecture narrative en allant de l'accessoire à l'essentiel. Au gré de la discussion, il explicite son rapport à la violence qui hante son cinéma depuis ses débuts et félicite ses comédiens qu'il ne cesse de congratuler dès qu'il en a l'occasion. Il est par ailleurs amusant de constater que les bonus se complètement adéquatement au commentaire audio (cf. Actes de violence où Cronenberg se livre à une analyse méticuleuse de l'objet). On a souvent reproché au cinéaste de faire des films désormais plus accessibles mais History of Violence est un film ouvertement commercial puisqu'il s'agit d'un film de commande auquel il a apporté des modifications notamment en incrustant des scènes de sexe torrides qui n'était pas dans le matériau originel. Confirmation après Crash que David sait excellemment filmé l'attraction charnelle et le désir. Quelques mots sur William Hurt ne sont pas de trop tant l'acteur - trop rare - fait une apparition presque trop brève mais marquante. C'est peut-être même le personnage le plus Cronenbergien du film.



  • Act of Violence (66mn13 - sst anglais) :
    Ce supplément est le plus exhaustif de cette édition dvd puisqu'il fractionne des temps précis du film, essentiellement des moments marquants et forts. Bonne nouvelle : le bonus se suit de manière chronologique. Alors qu'on pouvait discuter de sa pertinence en raison d'un commentaire audio déjà présent, il se révèle adéquat parce que les huit chapitres s'axent sur des éléments précis où Cronenberg peut désamorcer les malentendus comme les amalgames. Incidemment, cela sert de making-of : on a droit à des images en direct du plateau où le réalisateur répète avec les acteurs avec une étonnante décontraction doublée d'une authentique précision. Mais l'effet pervers à ce bonus, comme souvent, c'est qu'à force de trop en savoir, la magie fictionnelle finit par en pâtir. A ne découvrir qu'après avoir savouré le film...




  • La Scene 44 (2mn46) et Le démontage de la scène 44 (7mn05): On trouve ici une seule et unique scène coupée (agrémentée d'un commentaire de Cronenberg) et un making of de cette scène. Il s'agit ni plus ni moins qu'une scène particulièrement violente, très ancrée dans l'univers du réalisateur. Dans son commentaire, Cronenberg nous dit avoir volontairement finalisé cette scène pour le DVD, bien qu'il déteste les scènes coupées car elles le sont pour une bonne raison, mais il voulait que celle-ci soit vue. Il nous confie l'avoir coupé car elle semblait appartenir à un autre film. Malgré sa virtuosité, ce n'est pas faux parce que contrairement aux scènes de sexe qui ont été ajoutées, cette séquence teintée d'onirisme n'appartient au film qui s'appuie sur des faits concrets voire pragmatiques. Cela aurait accentué un mystère qui se suffisait à lui-même. Cette scène permettait d'amplifier l'ambiguité du personnage incarné par Ed Harris avec une explosion de ventre digne du Cronenberg des années 80. Dans A history of Violence, la dimension organique s'exprime ailleurs.


  • Histoire de violences : version américaine contre version internationale (1mn23) :
    Cronenberg nous présente les minces différences entre la version sortie aux USA et celle sortie en Europe à travers les deux séquences ayant retenu l'attention de la censure américaine. Il est intéressant de constater que le puritanisme est bel et bien toujours en vigueur chez tonton Sam.


  • Projection du film lors du Festival de Cannes (8mn53):
    Malgré notre enthousiasme de l'époque, le film n'a pas séduit la Croisette. Dans le module, Cronenberg confesse le premier être surpris de la sélection de ce film au festival. Rappelons quand même à ceux qui ne connaissent pas l'anecdote que lors de sa projection de presse au festival (rien à voir avec la présentation officielle), le film a été accueilli sous les sifflets et les rires goguenards de l'ensemble des journalistes dont une demoiselle américaine qui a hurlé tout haut tout fort pendant la projo : "Putain mais qu'est ce que ce film de merde fout en compétition?". Dommage que les caméras n'aient pas filmé les réactions des fameux journalistes furibards pour aggrémenter ce supplément promotionnel et un peu sage (alors que le film avait disputé les festivaliers) mais somme toute jubilatoire lorsqu'il se concentre sur les acteurs blindés d'interviews ou Cronenberg qui a eu un accès priviligié au Grand palais pour peaufiner la copie la veille de la projection. Heureusement, le module n'oublie pas l'anecdote des fameux baisers entre Viggo et David.

    Critique Technique : Arnaud Mangin
    Critique des bonus : Romain Le Vern
  • Le verdict des internautes

    Total des votes : 20

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