Abyss Z2

Test interactivité

4/5
Si on compare uniquement cette édition au zone 1, la note devrait être bien plus faible. En effet, de nombreuses omissions ont été faites. Vous pouvez déjà faire une croix sur tous les bonus cachés (principalement des bandes annonces des autres films de James Cameron) mais le plus grave reste à venir. Normalement, sur le zone 1, vous pouvez sélectionner deux sections (mission components et operation) qui vous permettez alors de vous évader du Deepcore pour vous retrouver soit à la surface soit au fond de l'eau et ainsi avoir accès de nombreuses infos écrites sur la préparation et le tournage du film. Ces possibilités ont purement disparu sur l'édition zone 2 tout comme la section, Drill room qui à la manière du Laserdisc, proposée sous forme de textes et interviews écrits, la présentation du film par des notes de production, pour le moins très complètes et passionnantes, allant du développement du scénario au montage final en passant par le casting et autre étapes essentielles au processus de création d'un film.

Si cela ne suffisait pas, l'éditeur n'a pas jugé bon de traduire tous les suppléments existants sur le DVD. On se retrouve donc avec des filmographies, des notes sur le film, le script du tournage et le scénario original absolument pas traduits. Les réfractaires à l'anglais peuvent donc dire adieu à des heures de bonus intéressants. Pour ne pas nous prendre au dépourvu, l'éditeur a eu la bonne idée d'indiquer les endroits où l'anglais prévaut (merci Fox !).

Ces précisions mises à part, l'édition zone 2 est la copie du formidable DVD américain. C'est dire que malgré la suppression de nombreux suppléments, il vous faudra quelques heures pour tout décortiquer.

Tout d'abord, le premier DVD contenant le film offre à l'instar d'Independence Day de choisir entre la version cinéma ou la version longue (ajout de près de trente minutes dont notamment la fameuse séquence du raz de marée). Au cours de la projection, vous aurez la possibilité également de sélectionner un sous-titre français (ou anglais) qui apportera des informations écrites (uniquement) précieuses sur le tournage du film.

La totalité des suppléments est exclusivement réservée au second DVD (carton rouge à PFC qui faute d'un double packaging, a placé ce disque si précieux dans une pochette CD en carton sans aucune attache).

Après une entrée fracassante dans le Deepcore via une animation informatique très sophistiquée (un véritable mouvement de caméra que n'aurait pas renié Cameron), le premier panneau de suppléments se scinde en deux catégories. Le premier, Vestiaires du personnel n'a qu'un intérêt relatif puisqu'en anglais. Dommage car les filmographies sont très exhaustives (12 acteurs et 6 membres de l'équipe technique) sans oublier des notes de production qui abordent six domaines bien spécifiques (comme par exemple l'exploit d'avoir pu enregistrer sous l'eau les dialogues en live).

Le plus gros des bonus se cache derrière la porte intitulée Effets spéciaux visuels. Quatorze sections vous y attendent.

Il y a d'abord le script du tournage. Ce journal de bord de la production au jour le jour est donc malheureusement qu'en anglais. Tout comme le supplément suivant qui n'est autre que le Scénario original d'Abyss.

La section des Storyboards originaux risque de vous occuper durant pas mal de temps si vous décidez de tous les visionner (il y a 773 planches).

La Galerie d'images n'est pas en reste puisqu'elle se décompose en 18 compartiments bien spécifiques (Acteurs et techniciens, Conception des costumes,...). Au final, cela fait une tonne de photos à regarder.

La section Effets spéciaux est en fait un montage de vingt minutes de séquences chocs du film. Ce document ayant été réalisé à l'époque dans le but de convaincre les membres de l'académie pour l'oscar des meilleurs effets spéciaux (avec succès puisque le film remporta l'oscar en 1989).

La chute de la grue (24 secondes) permet de voir rapidement les effets spéciaux nécessaire pour l'écroulement de la grue du Benthic (l'échelle de reproduction est ici d'1/10 et la caméra tourne à 120 images/ sec).

Montage du tournage à la surface (30 secondes) est un aperçu de quelques séquences mettant en scène les maquettes du Benthic pris dans la tempête.

L'innondation de la salle des machines (43 sec) et L'inondation du Montana (45 sec) sont deux bonus permettant de voir comment ces scènes ont pu être tournées.

Montage vidéo (1' 48) est une sorte de storyboard vidéo qui permet de tester ce que vont réellement donner les séquences du film. On peut le visionner soit en 4/3 soit en scope.

Le Deepcore en accéléré (7' 20) est un document déroutant qui en accélérant le défilement de la pellicule permet de monter l'étendu du boulot abattu par l'équipe du film pour construire en quelques mois les extérieurs du Deepcore. Impressionnant !

Le pseudopode sous tous les angles (5' 44) offre la possibilité d'utiliser la touche multiangle de votre télécommande. La fameuse scène de la tentacule aquatique peut être ainsi vue sous quatre angles bien différents (version finale, storyboard, rushes et prémontage / effets provisoires). Très instructif.

La Démo des maquettes : rétroprojection (29 sec) décortique l'intégration des séquences tournées avec les acteurs à l'intérieur des maquettes des engins sous-marins.

Enfin pour finir avec cette section, on jette un coup d'oeil au Montage des animations (1' 02) qui montre le tournage de la séquence de l'exploration du sous-marin grâce à des maquettes au 1/8ième. Comme tous les autres suppléments précédents, ce document bien que très intéressant a tendance à tuer la magie du film (remarque qui vaut également pour les making of). Vous voilà donc prévenus, à vous de choisir de les décortiquer ou non.

Un deuxième panneau (accessible via une flèche en haut du décor) propose deux autres sortes de bonus.

On trouve en premier lieu sous la section Bandes annonces, trois vidéos. Il y a la teaser (1' 12), la BA cinéma (2' 57) et enfin la BA promo (40 sec). Toutes les trois sont sous-titrés français.

Le trésor de cette édition se trouve dans la section Documentaires.
On passe vite sur Abyss : court métrage (10' 50) qui est un condensé trop rapide de bijou qu'est Abyss : les coulisses d'un tournage (59' 37). Sous ce titre, se cache le meilleur making of jamais réalisé. Le titre original (Under pressure : making the Abyss) résume parfaitement le travail de titan accompli par toute l'équipe du film pour réussir à transposer à l'écran de façon convaincante la vision de Cameron. Pendant près d'une heure, on est le témoin privilégié de la genèse pour le moins difficile d'Abyss. Incontournable. Cela l'est d'autant plus que le documentaire est sous-titré en français pour qu'on ne perde pas une miette des innombrables informations qu'il nous apporte.

Malgrè toutes ses imperfections et ses omissions, force est constater que l'édition zone 2 d'Abyss est incontournable par la richesse de ses suppléments et par sa technique au dessus de la moyenne. Cela ne nous empêche pas pour autant d'être fort mécontent en raison justement de ces cruelles absences. Voilà, c'est dit !

Critique technique par Laurent Pécha.

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