Les séries japonaises bénéficiant de bonus dignes de ce nom dans nos contrées sont plus que minoritaires. L'opulence du quatrième disque de
Area 88 est d'autant plus surprenante, dans le cas présent, que la série est plutôt mineure. Maintenant, de là à se plaindre d'avoir entre les mains une édition soignée, il y a un pas. Reste à voir si la qualité éditoriale suit.
Le gros de l'artillerie est représenté par une série de pas moins de
six interviews faisant à chaque fois intervenir Isamu Imakake, le réalisateur et présentement Maître de Cérémonie. Un bon point: tous les entretiens sont filmés et encodés en 16/9e. Un mauvais point : le débit de parole lancinant et austère des japonais rend le visionnage intégral de ces modules plutôt pénible, et c'est peu de le dire.
Le premier segment fait intervenir Hiroshi Onogi, le scénariste. Et déjà, la déconvenue est de taille: malgré une durée plus que conséquente (54 minutes!), cet entretient ne nous révèlera quasiment rien de transcendant sur la production ou la mise sur pied de
Area 88. Tout juste apprend-on que le projet a toujours été conçu pour durer 12 épisodes (le manga en compte 13) et que les deux hommes ne sont pas spécialement fans d'avions à réaction ! Le reste se partage entre regrets sur le traitement de certains personnages, description inutile des enjeux de la série et autocongratulations de bon aloi sur les quelques aspects sympathiques de la série. Mais le spectacle de nos deux compères épiloguant à n'en plus finir sur des pirouettes de scénario usées jusqu'à la corde - et relevant parfois franchement du cliché - a quelque chose d'embarrassant, tant cela laisse à penser qu'ils ont dû voir trois films dans leur vie. En l'état, cette interview a le mérite d'exister, mais on en déconseillera tout de même la vision, tant elle s'avère décidément beaucoup-beaucoup-beaucoup-trop-LONGUE.
Le module suivant se montre à la fois plus court - 26 minutes tout de même - et plus intéressant: il s'agit de l'intervention de Hiroshi Konija, le
character designer. Chaque personnage clé sera ainsi passé en revue et sa genèse dévoilée. Un plan fugace nous gratifie même de l'ébauche du visage du sniper, qui n'apparaît que le temps d'un épisode et dont on ne voit jamais la tête.
La suite de ces conversations sera du même tonneau : dans le module suivant, le superviseur de la production nous parle, devinez quoi, de la production dans ses grandes lignes (27 minutes), quant au directeur du son, il évoque le casting des voix et le mixage (22 minutes). Son entretien se hisse cependant au-dessus du lot, grâce à l'insertion de quelques images de la pré-production -miracle! - où l'équipe est carrément allée sur une base aérienne pour enregistrer le son produit par de véritables jets au décollage.

Les deux derniers entretiens se partagent entre le directeur de la photo, qui nous parle essentiellement de l'abondante utilisation de la 3D dans la série (20 minutes), et le trio de doubleurs en charge de Shin Kazama, Mickey l'américain, et Kim l'enfant pilote. Et si on ne s'étend pas plus sur ce dernier, c'est parce que malgré sa durée disproportionnée (1 heure et dix minutes!!!) on n'apprendra quasiment rien. Quasi désespérant. Il est même assez fascinant de voir un groupe de personnes censées connaître et apprécier la série parler aussi longtemps pour ne rien dire ; ou au mieux, en enchaînant les banalités. On va être limpide: ne regardez pas cette interview. Vous gagnerez une heure de vie (sauf si vous voulez à tout prix savoir quel est l'épisode préféré de Mr Tartempion).
Le reste des bonus se partagent comme suit : deux
galeries de Storyboards, correspondant aux épisodes 1 et 12, hélas beaucoup trop petits pour que l'on puisse en profiter ; les
génériques début et fin sans crédits (deux versions de chaque), une courte mais jolie
galerie de personnages, les
bandes annonces japonaises de la série (au nombre de huit!), les bandes annonces des autres séries Dybex (18, réparties sur les trois premiers disques) et
onze fonds d'écrans accessibles en bonus DVD-Rom. Un livret (que nous n'avons pas reçu pour notre test) complète le coffret.
Du rôdé, de l'efficace et du substantiel, que l'on préférera d'ailleurs aux interviews aussi bien en terme d'intérêt que de rythme général. Pour être plus clair, ces dernières s'avèrent être de vraies purges. Ce qui n'empêche par l'interactivité de ce coffret de se hisser au-dessus de la moyenne du genre, ne serait-ce que pour sa volonté de bien faire.