Contraint par la durée du film et le nombre de pistes audio (4) de proposer une édition double DVD pour offrir des bonus conséquents, Dreamworks édite un disque terriblement décevant. Si ceux de
A.I. et
Minority Report, bâti sur le même concept (rien sur le premier disque, tout sur le second) avaient su donner le change, l'échec est ici douloureux pour le DVDphage avide d'en savoir plus. Pourtant, tout commençait sur les meilleurs auspices avec les superbes menus du premier DVD : reprenant à son ami intime, George Lucas, l'idée des menus à univers différent qui ont fait le succès esthétique des deux éditions de
Star Wars, Spielberg et les concepteurs du disque nous offrent trois choix et designs spécifiques (pilote, médecin ou avocat) qui donnent accès à des menus reprenant graphiquement le concept du magnifique générique du film. Un plaisir visuel de tous les instants pour assurément l'un des menus les plus originaux et les plus réussis de l'année.
Malheureusement, il s'agit du seul moment où l'on sera vraiment excité par la teneur des deux disques. Car, une fois le deuxième DVD enfourné dans le lecteur, la frustration va vite être de mise.
Divisé en 6 sections, on se retrouve face à un long documentaire signé Laurent Bouzereau, le monsieur making of attitré de Spielberg (Jaws, Rencontres du troisième type, A.I., Minority Report,...) qui dispose de
sous-titres français dans son intégralité. Ceux qui sont réfractaires (et on les comprend) à la manipulation de télécommande vont donc être irrités puisque pour ne donner qu'un exemple, la section sur Frank Abagnale est elle-même divisée en quatre sous-sections qui contrairement à celle sur le casting ne peut être enchaînée d'une traite. Donc, au lieu de se voir confortablement un making of d'un traite avec par exemple la bonne idée de mettre un chapitrage, on doit précieusement garder la télécommande à portée de mains car tous les cinq minutes environ, il faut l'utiliser pour relancer la machine et les reportages. Usant !
Mais cela le serait bien moins si ce que Bouzereau, qu'on a connu mille fois plus inspiré, nous proposait n'était pas constamment superficiel. Pour faire court, même si les différents reportages évitent l'auto-congratulation (mais pas toujours) grâce à une apparente sincérité des intervenants, tout mais alors tout est traité de manière succincte et superficielle (mention spéciale à l'inutile intervention du consultant du FBI qui se borne à dire que la reconstitution est ultra fidèle). Il faudra donc accepter de voir des images très furtives du tournage, tendre l'oreille pour capter quelques brides de discussions entre Spielberg et ses acteurs sur le plateau,... Seule finalement, la section consacrée à Frank Abagnale s'avère un tant soit peu concluante avec la mise en perspective par le principal intéressé des différences entre sa vie et le film (on y apprend notamment qu'il fut aussi professeur et que sa première incursion dans la vie de pilote fut bien plus difficile et embarrassante que dans la fiction).
Les coulisses du tournage : 17mn 08Choisis-moi si tu peux : 28mn 27 en cinq sous-sectionsLa musique de Arrête-moi si tu peux (avec l'incontournable John Williams) : 5mn 24Frank Abagnale : Entre fiction et réalité : 15mn 04 en 4 sous-sections.Le point de vue du F.B.I. : 7mn 05Pour finir : 4mn 58.
La rubrique Archives avec ses bio-filmographies ultra détaillées, ses notes de productions pertinentes a disparu dans l'interzone. En revanche, la galerie de photos (près de 90 clichés faisant le tour de la question, du tournage aux costumes en passant par la mise en évidence des acteurs) viendra tempérer notre déception devant une édition aussi séduisante techniquement que superficielle au niveau éditorial.
Si Spielberg a mis du temps à se mettre au DVD, il serait grand temps qu'il fasse en sorte que les éditions de ses films récents soient plus attrayantes. Une fois qu'on décide de proposer une double édition (on avait rien contre un DVD standard avec juste le film) et qu'on joue le jeu de l'interactivité et des bonus, il vaut mieux être à la hauteur. A charge de revanche donc !