De bien beaux menus illustrent
chacun des deux dvds du coffret. Fluides, colorés et emprunts de nostalgie, les
4 “ sketches ” se muent en bandes illustrées, le temps pour le
spectateur d'effectuer sa sélection.
Les 3 premiers films sont
présents sur le premier dvd, visionables individuellement ou en commun. Les
séquences originales d'introduction, de transitions et de conclusion ont été
restituées dans le tronc commun.
Comme à l'accoutumé, le second
dvd contient les bonus.
Au premier rang des suppléments, “ Renzo
et Luciana ” de Mario Monicelli, fut longtemps considéré comme la
“ quatrième roue du tricycle ”. A la différence des trois autres, le
film ne met pas en scène de starlette et le réalisateur affiche une renommée
moindre. C'est pourtant bien avec le concours des 4 réalisateurs et sous le
pilotage de projet de Cesare Zavanetti (scénariste chez qui est née l'idée de
l'adaptation à l'écran du Décameron de Boccace) que l'oeuvre Boccace 70devait connaître ses heures de gloire sur grand écran.
Avec leur film à sketches, Fellini, De Sica, Visconti et
Monicelli érigent un véritable pamphlet contre la censure politique et
religieuse qui sévit en Italie à la fin des années 60. Chacun des 4
réalisateurs a pu être victime de cette pression à un moment ou à un autre de
sa carrière.
Comble de l'ironie, avec Boccace 70, Monicelli
devait connaître une autre forme de censure...
Pourtant fort de sa symbolique militante, Boccace 70se heurte aux impératifs d'un Festival de Cannes désireux de projeter l'oeuvre
en ouverture, mais affecté par la durée du film affichée sur le papier (3h30). Boccace
70 est contraint d'être raccourci afin de profiter de la formidable
opportunité, et ce, au dépend du travail de Monicelli. L'action devant huissier
de ce dernier ne suffira pas à le réhabiliter.
Pour cette édition sur support
dvd, qui voit le retour du sketch de Monicelli, Boccace 70 est
véritablement restauré et davantage conforme au projet de départ. Il est par
ailleurs plus fidèle à l'esprit de Boccace et à la vision de Zavattini.
Jean A. Gili a l'occasion de nous
en dire beaucoup plus sur cette genèse dans le cadre d'un entretien et premier
véritable supplément du dvd : “ La saga du film à sketches en
Italie ”.
Jean A. Gili, historien du cinéma
italien, revient en 11 minutes sur l'histoire de cet atypique exercice
cinématographique qu'est le film à sketches. Explications claires et
informations riches sont de rigueur
Un très intéressant documentaire
en 2 parties (de 11 et 14 min), “ Le souffle de Boccace ”,
complète l'entretien de Jean A. Gili et nous invite à remonter dans le temps.
C'est ainsi tout un pan de l'histoire littéraire et cinématographique italienne
qu'il nous est permis de découvrir, des écrits de Boccace à leur concrétisation
sur grand écran : “ Boccace 70 ”.
Pour finir de compléter cette
seconde galette, on retrouve quelques bandes annonces de films à
sketches en leur âge d'or, pittoresques mais plutôt accessoires.
On retiendra avant tout la juste pertinence de l'entretien
et du documentaire qui complètent de manière admirable les 4 sketches, intéressant
le spectateur dans son interprétation du fond (les nombreux messages des
différents réalisateurs) comme de la forme (la démarche d'un film à sketches).
Une judicieuse exploitation du
support dvd que méritait un classique du cinéma italien !