Navigation agréable et rationnelle, intuitive. Belles animations pour chaque sous-menu avec effets sonores (coups de tonnerre, musique du film, etc.). Aucune bande-annonce en revanche dans aucune des deux éditions. Lacune assez surprenante. Si on insère le disque contenant le film et qu'on veut le voir sans avoir fait de choix particulier, il démarre en v.f.
DVD 1
Film
Langues
Chapitres
DVD 2
Bonus " Dans l'arène "
Contenant 76' de bonus inédits par rapport à l'édition " ”prestige” ". Le titre du disque de bonus veut évoquer sans doute quelque chose de Gladiator mais la similitude s'arrête là !
chapitrage en 39 sections titrées de 7 x 4 écrans animés, dont les bandes sonores en v.f. passent d'un écran à l'autre automatiquement tout le temps qu'on reste fixé sur chacun des 4 groupes d'écrans..
Code parental disponible dans les deux éditions, la “prestige” censurée interdite au - 16 ans et la “collector” " intégrale " interdite aux - 18 ans.
L'édition “prestige” comporte les bonus sur le même disque que le film tandis que la “collector”, qui comporte 2 bonus de plus utilise pour eux un disque entier à part et que son premier disque comporte le film en version non-censurée et le chapitrage.
Bonus édition " ”collector” " : Dans l'arène.
- Making of intégral : 56'30'' contenants des plans de torture (16'57'' à 17'35''), d'inserts sur des actrices nues dont une répétant une scène amorçant une fellation (37'30'' à 37'53''), de fragments d'orgies d'interviews de deux " Penthouse girls " ayant hardé sur le film, l'anglaise Jane Hargrave et l'américaine Lori Wagner entrecoupés d'un ou deux plans identiques d'interviews de journalistes présents dans la version coupée (39'45'' à 46'03'').
- Interview inédite de Tinto Brass : (en 4/3, plans fixes échelonnés, 8'50'') divisée en 6 sections : Premier émoi érotique - Du bordel au cinéma - érotisme ou pornographie ? - Les fesses, message érotique - le casting - cinéma érotique d'aujourd'hui.
Très intéressant. Brass s'exprime dans un très bon français et donne plusieurs indications importantes. Pour lui la pornographie est un érotisme sans langage. Il cite Roland Barthes, évoque la perfection du cercle comme possible idéalisation des fesses, insiste sur le moment du casting comme mesure de la pudeur. Il explique que l'émotion érotique est selon lui engendrée par une conquête de l'interdit. Cette " morbosita " de l'érotisme existe en Italie à cause de la prégnance culturelle et de la notion de péché. Celles-là qui manquent selon lui aux actrices des pays de l'Est pour pouvoir s'élever de la pornographie à l'érotisme. L'idée de réalité de l'acte sexuel comme argument de qualité d'un film érotique lui semble aussi absurde que l'idée d'un film de gangster supérieur aux autres du même genre parce qu'on y tuerait " pour de bon " les acteurs ! Savoureux aspects biographiques : la ville de sa jeunesse, Venise, comportait le même nombre de bordels que de salles de cinéma (30 ou 38 ?) et le passage de l'une à l'autre au cours de la même soirée était quasi-rituel pour les jeunes italiens de son époque.
- Les secrets d'un tournage mouvementé. Idem que le bonus correspondant en “prestige” mis à part : des ajouts importants de Guccione dans la partie La saga Caligula et l'adjonction d'une section Caligula, un film porno ? Les adjonctions à la première section contient des éléments inédits - analysée d'ailleurs par François Cognard dans son commentaire audio du diaporama - complétant la question du tournage quasi-clandestin de certaines séquences pornographiques par le producteur contre son metteur en scène, certaines anecdotes relatives à Anneka Di Lorenzo et Lori Wagner et aux séquences d'orgies, etc. On apprend que Guccione a refusé de soumettre le film monté à la Motion Picture Association of America : il n'a pas de visa ! Il confirme avec classe sa position : " Nous avons fait par le biais de l'image ce que font les auteurs et les historiens avec des mots. "
- Les filmographies : idem que bonus " ”prestige” ".
- Diaporama commenté par François Cognard : formats divers pour des plans, des photos de tournage ou d'exploitation de qualité technique variable, sur lesquelles on zoome pour détailler une expression, un détail matériel. 12' François commente à un haut débit (contrainte de l'exercice qu'il a rédigé préalablement avec soin) les divers matériels en analysant justement certains points négligés par les autres bonus.
On apprend ainsi que Silvano Ippoliti était le directeur de la photo attitré de Brass - il était déjà sur Salon Kitty - que Danilo Donati est décédé il y a peu, que le consultant gastronomique du film était celui employé par Marco Ferreri sur La grande bouffe (France, 1973)- savoureux détail que seul un passionné pointu du film comme François pouvait nous apporter !- etc. François a le sens de la formule et de la synthèse : il n'a pas été journaliste à Starfix pour rien : il pose une exacte et intéressante opposition entre l'érotisme Brassien et l'érotisme Penthousien, évoque une évidente " tentation fellinienne " qui nous semble juste mais qu'il nuance d'une intéressante hypothèse : celle d'un " tombeau " de cette tentative qui s'érige au fur et à mesure que le film se déploie. Parfois, la bande son originale française ou originale recouvre un peu ses paroles mais elles restent toujours audibles.
- Lien vers les sites internets : idem que bonus " ”prestige” ".
Critique technique : Francis Moury
Illustrations : Abbot