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dvdrama

Caligula : Édition Prestige

Test interactivité

3/5
Navigation agréable et rationnelle, intuitive. Belles animations pour chaque sous-menu avec effets sonores (coups de tonnerre, musique du film, etc.). Aucune bande-annonce en revanche dans aucune des deux éditions. Lacune assez surprenante. Si on insère le disque contenant le film et qu'on veut le voir sans avoir fait de choix particulier, il démarre en v.f.

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    chapitrage en 28 sections titrées de 7 x 4 écrans animés, dont les bandes sonores en v.f. passent d'un écran à l'autre automatiquement tout le temps qu'on reste fixé sur chacun des 4 groupes d'écrans..

    Code parental disponible dans les deux éditions, la “prestige” censurée interdite au - 16 ans et la “collector” " intégrale " interdite aux - 18 ans.

    L'édition “prestige” comporte les bonus sur le même disque que le film tandis que la “collector”, qui comporte 2 bonus de plus utilise pour eux un disque entier à part et que son premier disque comporte le film en version non-censurée et le chapitrage.

    Bonus édition " ”prestige” "
    1. Le making-of (48', 4/3, v.o.s.t.f.) : il s'agit de A documentary on the making of Gore Vidal's Caligula produit et réalisé par Giancarlo Lui et présenté en 1981. Il mélange interviews de créateurs du film et de journalistes et images parfois impressionnantes du tournage et des " sets " en 1.33 standard (4/3), images du film provenant d'une copie 1.85 d'époque, d'une remastérisée 1999 (USA) ou 2003 (France) flambante. Il est inoubliable en raison d'une voix d'outre-tombe " off " conçue pour effrayer encore plus - et appâter tout autant- le spectateur que l'avertissement de mise en garde qui l'ouvre : incroyable et authentique voix de bande-annonce classique qui débite les liaisons entre les interviews sur le ton de l'horreur sous-jacente ! Bel effet commercial ! La dégaine du co-producteur Guccione - on ne voit pas une fois Franco Rossellini, incroyable tout de même !! - chemise ouverte jusqu'au nombril sur 5 médaillons et chaînes en or, parlant à table en marbre où sont artistiquement posées des grappes de raisin et autres signes connotant le film est-elle aussi hallucinante par son côté vulgaire et nouveau riche. Mais la surprise provient de l'intelligence et de la sincérité absolue de Guccione : il s'est voulu producteur d'un nouveau genre de cinéma offrant un mélange inédit. Il le dit, défend son film et cela sonne absolument juste du début à la fin. Il est évident qu'il ne s'agissait pas seulement à ses yeux d'un emballage pour " Pets of the month ". De la conception au résultat, force est d'avouer que Guccione est un producteur important, tout comme Franco Rossellini, de l'histoire du cinéma. La frime insupportable de Gore Vidal, pourtant intelligent (il a écrit pour Wyler (Ben-Hur [Ben-Hur] (USA 1959)), Arthur Penn, Mankiewicz, et bien d'autres) est très pénible mais parfois ses propos sont pertinents et intelligents : il voulait un film moderne conçu comme un rêve (" a kind of a dream ") que nous rêvons tous secrètement la nuit. Brass pour sa part insiste sur l'idée classique du pouvoir absolu engendrant la folie en raison de sa nature ontologiquement mauvaise mais fascinante par l'énergie qu'elle dégage et qu'il veut restituer. Bob Guccione voudrait bien réconcilier les " contributeurs " à cette " grandiose oeuvre d'art foncièrement collective " dont l'auteur premier est le scénariste et non le réalisateur. On le sent très tendu à ce stade. Malcolm McDowell a lui une interprétation politique amusante car bien anachronique d'un Caligula anarchiste contre la bureaucratie mais on sent que ce genre de propos visent une cible bien précise (la cible de l'époque : l'intelligentsia " de gauche " rompue au commentaire de Marx par Trotski) : leur finalité sonne plus " pornographique " au sens commercial que tout le reste de ce qui est dit ! On n'y croit pas un instant et le renseignement fourni à son sujet dans le bonus " b " par Guccione confirme l'impression. Moment drôle : Victor Vramant (qui est-ce ?!! Style Unifrance BCBG en costard cravate d'ailleurs pas bête du tout et assez sympathique) évoque la controverse entre Vidal et Brass et une voix féminine américaine recouvre la v.f. par une traduction tandis que des sous-titres français traduisent ce qu'on aurait pu entendre tranquillement : tyrannie de la piste sonore unique ! Même chose lorsqu'il intervient une seconde fois pour dire qu'à son avis le film, d'après la scène à laquelle il a pu assister, sera original et intéressant ! Autres interviewés : Helen Mirren, jolie et énigmatique, simple et qui résume d'une phrase laconique avec un petit sourire ce qui constitue la raison d'être du film dont le tournage est interdit aux journalistes mais pas à tous. Certains y ont été et en parlent : une américaine y a passé une journée. Elle est simple et gentille mais n'apporte pas grand chose... Quelques détails matériels utiles : le film a nécessité la construction de 64 décors, 13 Penthouse girls ont été mises à contribution... etc. Guccione synthétise son point de vue encore une fois : il a voulu, pour la première fois dans l'histoire du cinéma selon lui - et c'est vrai - unir le cinéma underground, le cinéma X et le cinéma traditionnel en donnant au mélange toutes les chances artistiques et financières de réussite. Son film, dit-il fièrement, est donc bien plus " paganographique " que pornographique.

    2. Les secrets d'un tournage mouvementé - Extraits d'un entretien avec le producteur Bob Guccione paru dans Penthouse de mai 1980 sur l'histoire générale du tournage décomposé en 4 parties : la saga Caligula - le choix du réalisateur - les décors - les acteurs. Ce sont des extraits de textes fixes sur fond noir dont la présentation est lisible et bien aérée. Ils établissent le jugement du producteur sur ses collaborateurs et sont donc subjectifs mais bien entendu passionnants en raison de leur franc-parler et de leur virulence. Guccione avait rencontré Brass alors qu'il montait Salon Kitty [Salon Kitty] (Italie, 1976) et avait apprécié son talent " brut mais qu'on pouvait affiner. " mais conclut qu'à ses yeux " Brass a saboté le film " après avoir semblé " coopérer " au début. En fait, il décrit un rapport de forces entre son clan (lui et ses filles de Penthouse) et " Brass et son gang ". On y apprend des précisions matérielles très importantes sur l'incroyable odyssée du négatif entre Rome, Londres, Paris (où furent tirées les premières copies positives !) et New York, les procès que le film déclencha entre ses collaborateurs en raison de leur désaccord, les noms (John Huston notamment !) des réalisateurs qui avaient été contactés par la production avant Brass et les raisons pour lesquelles on leur préféra Brass, sans parler des raisons pour lesquelles on le renvoya. Mais on regrette qu'un tel témoignage n'ait pas été disponible pour l'autre producteur du film, Franco Rossellini. Guccione précise à un moment leur communauté de point de vue sur un point fondamental : ils étaient tous deux mécontents du travail de Brass qui avait filmé 200km de pellicule (" assez pour faire 50 Ben-Hur " : peut-être cette estimation est-elle légèrement exagérée) mais avait " ignoré la moitié des décors et des accessoires créés par Danilo Donati " la " vraie star " du film selon Guccione. Donati avait été le directeur artistique du Fellini-Satyricon [Satyricon] (Italie, 1970) de Federico Fellini et sa collaboration au film est en effet magnifique. Sur les acteurs, Guccione n'est pas moins indépendant et sincère : Malcolm McDowell ? Un excellent acteur mais d'une pingrerie rarissime : il n'a jamais payé un café à personne ! Peter O'Toole a détesté Brass au premier regard et usait un peu trop de drogues telles que l'alcool au point qu'il finit par devenir source de dépenses et de retards, pour finir par être " ingérable ". Grands éloges de Gielgud et Helen Mirren : le premier a fait son travail " sans murmure, sans intrigues et sans problèmes " et la seconde " est de la même veine ".

    3. Filmographies : utiles et très soignées dans lesquelles on n'a relevé qu'une erreur que nous pardonnons bien volontiers tant le travail est sérieux. Il faut les consulter pour avoir une idée exacte de la qualité et de la variété des comédiens prestigieux qui furent de l'aventure. On aurait pu y rajouter celles d'Adriana Asti, de Mirella D'Angelo et John Steiner et mentionner que les deux protagonistes de la célèbre scène lesbienne, Anneka Di Lorenzo et Lori Wagner, avaient été débauchées par Bruno Corbucci pendant le tournage pour reprendre exactement les mêmes rôles dans Messalina ! Messalina ! (Ital. 1977) puis les reprendre à nouveau dans Messalina, Empress of Rome (Ital. 1980), mais enfin ne nous plaignons pas : ce qui a été fait l'a bien été.
      • Malcolm McDowell
      • Helen Mirren
      • Peter O'Toole
      • Sir John Gielgud : ici l'unique erreur gênante relevée. Il joue bien dans The Human Factor (GB 1980) qui est d'ailleurs le dernier - et mauvais hélas ! - film d'Otto Preminger mais celui-ci n'a rien à voir avec le The Human Factor [La guerre des otages] (USA 1975) d'Edward Dmytryk avec lequel il est confondu et dans lesquels jouent George Kennedy, Raf Vallone, Arthur Franz, Haydée Politoff, Barry Sullivan, Rita Tushingham mais pas Sir Gielgud ! La date tardive de sortie parisienne (10 juin 1981) du Dmytryk rendait possible une confusion avec le Preminger qui n'a pour sa part jamais été distribué en France et fut exhumé il y a quelques années à peine par le Cinéma de Minuit avec près de 20 ans de retard.
      • Tinto Brass
      • Gore Vidal : on rajoutera le titre " explicite " français de Myra Breckinridge : [Hermaphrodite] (USA 1970) de Michael Sarne ave Raquel Welch et John Huston même s'il est aujourd'hui oublié par l'usage qui lui préfère le titre original.


    4. Lien Internet avec le site de Tinto Brass et celui de Metropolitan Filmexport si on insère le DVD dans un lecteur DVDRom d'un ordinateur équipé d'Internet.
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