Malgré un somptueux packaging (un digipack en trois parties aux sérigraphies magnifiques) qui fait de l'édition un formidable objet de collection et un bonus inédit par rapport au DVD américain (la présence du CD de la bande-originale du film), on ne sera pas tendre avec l'éditeur qui commence sérieusement à nous "gonfler" (il y a un moment où il faut bien appeler un chat un chat) à s'entêter à ne pas sous-titrer en français l'intégralité de ses bonus. C'est d'autant plus insupportable qu'il s'agit ici d'une deuxième édition du film (notez que par prudence, nous n'employons pas le terme seconde car rien n'est jamais définitif dans l'univers bassement mercantile du DVD).
C'est ainsi que le premier disque est quasi exclusivement réservé aux anglophiles (exception faite des récompenses obtenues par
Casablanca et la fiche technique du film) : les bandes-annonces de
Casablanca (l'originale et celle utilisée pour une des resorties du film) ainsi que celles des futures (?) sorties de l'éditeur (
Le trésor de la Sierra Madre et
Les aventures de Robin des bois) sont donc uniquement présentées en Vo non sous-titrée. Mais cela est peu de chose par rapport à la désormais traditionnelle omission "warnerienne" de ne pas sous-titrer les
commentaires audio. Or, ici, il s'agit bien d'un affront absolu aux cinéphiles de tous bords puisque les deux pistes commentées par un critique et un historien, tous deux hautement compétents et pédagogues, s'avèrent de bout en bout passionnantes. Ceux qui maîtrisent l'anglais et qui feront donc l'effort nécessaire, auront matière désormais à briller en société lorsqu'il s'agira de parler de
Casablanca. Car, tout mais alors tout ce que l'on peut connaître de la génèse douleureuse du film de Curtiz et plus encore est contenu dans ces deux admirables commentaires. Merci donc à Warner de ne le réserver qu'aux bilingues anglophones !
Des sous-titres anglais mais pas de français sur certains suppléments !Le DVDphage francophile qui veut donc en savoir plus sur le film, doit donc se diriger dare-dare vers le second disque consacré exclusivement aux bonus.
Ca commence en douceur et même plutôt mal avec
Le talent des parents (vost, 6mn 47), interview en parallèle du fils de Bogart et de l'une des filles de Bergman. Un document où les superlatifs pleuvent, où l'on découvre, oh surprise !, que les enfants adorent le film. Problème, ils sont bien incapables d'expliquer de manière constructive pourquoi
Casablanca possède toujours ce statut de classique adoré de tous. Finalement, le seul véritable intérêt de ce premier bonus est de constater que les deux stars hollywoodiennes ne pouvaient en aucun cas renier leur progéniture tant la ressemblance physique est criante de vérité.
Et c'est reparti pour le DVD réservé aux rois du Harrap's puisque les
deux scènes supplémentaires (1mn 42) et donc inédites, soit quand même un vrai trésor cinéphilique, ne disposent que de sous-titres anglais. Comme elles sont muettes, il faut donc comprendre l'anglais pour en apprécier la teneur.
Les
scènes inédites (5mn 01) sont en revanche visibles par tous puisqu'elles sont entièrement muettes sans aucun sous-titre. En revanche, il faut noter qu'il s'agit en fait d'une mauvaise traduction de l'éditeur puisque ces séquences ne sont en fait juste que des prises alternatives de scènes existantes dans le montage final.
Vient ensuite la possibilité d'écouter
huit séances d'enregistrement avec Dooley Wilson au chant et au piano dont 4 pour le seul et mythique
As Time Goes By.
You Must Remember This : Hommage à Casablanca (
vost, 34mn 40) est un excellent making of retraçant toute la genèse pour le moins mouvementée de
Casablanca et dont la présentation est effectuée par Lauren Bacall. Il est à noter qu'il s'agit du même documentaire présent comme seul bonus sur la précédente édition. Toutefois l'introduction par Lauren Bacall manque désormais à l'appel et pour cause, on la retrouve sur le premier disque en prélude au film (une façon de faire deux bonus avec un seul diront les mauvaises langues !).
La pièce maîtresse (du moins en durée) de ce disque de bonus s'intitule
Bacall parle de Bogart (
vost, 83mn 27) et permet de découvrir en détails la carrière imposante du célèbre interprète du
Grand sommeil. De ses débuts difficiles (il mit longtemps avant de voir décoller brutalement sa carrière à l'aube des années 40) à sa phénoménale réussite artistique (deux oscars et un paquet de chefs d'oeuvre à son actif) et commerciale (Bogart fut l'une des stars les plus rentables de son époque). Parmi les moments forts de cet excellent documentaire (même s'il est forcement un peu trop parti-pris du fait de l'omniprésence de Lauren Bacall), on retiendra l'émouvante révélation par Katherine Hepburn des adieux entre Spencer Tracy et Bogie, la veille de la mort de ce dernier.
On repart avec les bonus qui fâchent puisque le
Show radio de la projection au Guild Theater en 1943 (
vo,29mn 39) permettant de réentendre les passages clés du film avec les comédiens principaux ne dispose d'aucun sous-titre.
En revanche, l'
adaptation pour la télévision : Who Holds Tomorrow est bien sous-titrée (1955, 17mn 54,
vost). Seulement, ce bonus a comme seuls valeur et intérêt de nous faire comprendre à quel point remaker
Casablanca ne rime à rien, qui plus est pour le petit écran avec des acteurs particulièrement insipides. Difficile donc d'aller au bout de ce supplément anecdotique.
Le bonus suivant est par contre un vrai petit bijou.
Carrotblanca (
vost, DD 5.1, 8mn 04) est une dessin-animé mi-hommage, mi-parodie du film de Curtiz avec en vedette une grande partie des héros
Looney Tunes. Bugs Bunny joue ainsi le rôle de Bogart, Daffy Duck celui de Sam, Titi celui de Peter Lorre, Gros minet celui de Paul Henreid,...Un concentré d'ingéniosité, totalement hilarant et extrêmement fidèle à l'original mise à part la fin.
Ultime bonus,
La production (12mn 32) est un montage précieux de photos du tournage, d'affiches du film (une multitude aussi variée que belle) et de notes de production (des documents originaux) montrant à quel point le déroulement du tournage fut chaotique. Un supplément de choix. Ah bien sûr, on allait presque oublier de le signaler (NDLR/ tu plaisantes là, Laurent), ces inestimables notes de production sont en anglais et Warner ne propose bien évidemment pas un quelconque sous-titre pour que le plus grand nombre puisse les découvrir.
Finalement, dans cette belle et magnifique édition de
Casablanca, Warner n'aurait pas du inclure le CD de la bande-originale du film mais plutôt un beau et gros Harrap's. Cela aurait été fichtrement utile à bon nombre d'entre nous qui bêtement pensons que les suppléments d'un disque ne sont pas juste là pour faire beau (et faire vendre) mais plutôt pour enrichir notre perception du film. A bon entendeur !