DVD1
Commentaires audio : Voilà qui commence fort ! Le film sorti quelques semaines après l'incident du 11 septembre -à Greenwich Village de surcroît, soit à quelques centaines de mètres du drame- s'ouvre sur un plan du World Trade Center, et Kaufman de s'emporter sur les stupides démarches ayant tronqué certaines productions du moment après l'attentat. Il cite
Friends en premier lieu ayant supprimé certains plans des deux tours dans la série, alors que selon lui c'est une grosse partie du casting qui aurait dû être supprimée. Concernant son film, il revient brièvement sur les origines du projet et s'attarde sur chaque scène pour nous en raconter toutes les difficultés pour les mener à bien. Autant d'anecdotes plus intéressantes les unes que les autres mais qui dans le cas présent s'avèrent un peu futiles. Non pas dans leur état, mais tout simplement parce que le plus qu'imposant journal de bord proposé sur le second disque dépeint scène par scène l'incroyable labeur qu'a été le tournage du film. Images à l'appui, rendant la simple écoute des faits d'un intérêt bien moindre. Des répétitions qui se ressentent également sur les deux autres commentaires faisant intervenir les scénaristes et quelques comédiens. Réunir tout ce joli monde pour l'occasion n'aurait pas été un luxe, et aurait été bien plus amusant. Llyod Kaufman, seul sur la majeure partie de ses commentaires ne cessant pourtant pas de déconner avec les ingénieurs du son. Dispatcher tout le monde ici nous prive sans doute d'un grand moment.

Wacky outtakes (7min16) :Un bêtisier pas particulièrement drôle -ça peu se comprendre vu l'euphorie du film difficilement détrônable et les conditions de tournage pesantes- où les plus impatients ne sont pas forcément ceux que l'on croit, ici en l'occurrence Corey Feldman et Ron Jeremy en l'occurrence.
Deleted scenes (13min33) :19 scènes coupées d'un intérêt limité puisqu'il ne s'agit que de minuscules sections que quelques secondes n'ayant pas ou peu d'intérêt hors contexte. On retiendra néanmoins le speech de Noxie s'imposant comme nouveau maire de Tromaville ainsi que le voyage temporel de Toxie qui déboule par mégarde à la cérémonie des oscars alors que Llyod Kaufman reçoit un prix au même moment.
Citizen of Tromaville (31min41) :Petit avant goût de l'énorme documentaire présenté sur le second disque, cette section se présente comme un petit album vidéo du tournage du film. Outre quelques visites de plateau, et intervention de l'équipe, on notera la présence de Corey Feldman (
Les goonies) de passage sur le tournage et à qui un rôle fut offert et même carrément inventé, et celle de Ron Jeremy nous donnant son point de vue sur la scène du crucifix.
Troma trailer et Toxic stuff :Petite conclusion des suppléments de ce premier disque avec quatre bandes-annonce Troma. Si jusque là l'interactivité n'a pas démérité, elle atteint pratiquement le nirvana avec le second DVD, nous proposant un documentaire d'exception !
DVD2
Conception : In the beginning
Pré production (14min37) :
Caméra embarquée et d'une discrétion absolue dans le Troma Building où se sont déroulés tous les préparatifs du quatrième épisode. Rustres mais conviviaux, les bureaux de Troma régissent sur le même étage -voire dans la même pièce- la gestion du budget, le casting parfois hot (ici deux jeunes comédiens amateurs simulant une scène de sexe, bien que dans la distribution finale la jeune fille aura un autre rôle), l'écriture du scénario. On y découvrira par ailleurs l'attente et la réaction des postulants n'ayant pas été retenus pour le rôle titre. Un léger module exempt d'interview, de générique, de musique ou autre commentaire inutile donnant le ton libérateur qu'aura le reste des suppléments.
Toxie mold / test make-up (3min) :
Un supplément somme toute classique, mais ici amené avec humour, sur les essais maquillage du Toxic avenger sur le comédien (n'ayant par ailleurs aucune expérience du métier) retenu pour l'occasion.
Script meeting (8min02) :
Ambiance décontractée ce jour d'été sur une terrasse du Troma building. Llyod Kaufman rejoint son principal assistant ainsi que leurs plus proches collaborateurs pour retoucher à nouveau le scénario et les dialogues qui leur paraissent plus ou moins bons.
Production-Stunk in the middle
Apocalypse soon (137min23) :
C'est ici que les choses sérieuses commencent. Le premier bon point concerne tout d'abord la durée d'un programme nous emballant en quelques secondes : c'est vraiment chouette, très sincère, sans langue de bois et la jaquette du DVD avec son gros sticker mauve nous en promet 95 minutes. Youpi ! Suffisamment réjouis à cette idée, on se rendra finalement compte qu'il y a eu une erreur dans la durée puisque ce film (à un tel degré de perfection on ne peut pas le reléguer au simple statut de "bonus") dure en réalité 40 minutes de plus. Une réjouissance bien plus accrue encore et qui ne cessera de s'arrêter. Le second bon point, loin d'être négligeable concerne le fait de ne rien cacher, de dévoiler tous les conflits comme les bons moments (nettement plus rares ceux-là) en faisant intervenir quiconque avait quelque chose à dire au caméscope ambulant se baladant sur les plateaux, qu'ils soient contents ou non, qu'ils aient survécus au tournage ou qu'ils aient été virés à mi parcours. Un documentaire-vérité renvoyant définitivement dans les cordes les making of aseptisés des grosses machines nous montrant à quel point la construction d'un film est difficile.
On y découvrira tout d'abord que chez Troma on préfère tourner les scènes de cul (qui restent relativement softs dans l'ensemble) en premier lieu au cas où l'un ou l'une des interprètes se rend compte qu'il ou elle n'aura pas le cran d'aller jusqu'au bout. Des conditions réussies mais qui dévoileront surtout l'ambiguïté de la comédienne principale se vendant comme bisexuelle pour avoir le rôle, s'éclatant avec sa partenaire pendant les essais, et qui avouera finalement n'être qu'une sorte de "bi qui se cherche encore" en craquant littéralement au moment de tourner la vraie scène quelques jours plus tard laissant plus ou moins comprendre qu'elle ne fonctionnait qu'en fonction de ses pulsions. La scène se fera néanmoins en la laissant toute habillée, satisfaisant par ailleurs un Llyod Kaufman conciliant. La plus déçue dans l'histoire étant l'autre comédienne, sorte de camionneur qui semblait bien contente d'avoir ce rôle. Une gêne partagée par une figurante ancienne du porno qui ne connaissait pas Troma, en ayant marre de montrer éternellement sa poitrine et de s'en servir pour frapper sur une autre comédienne toute la journée. Tout comme le "comédien" principal, victime du mal du tournage, qui ne pensait pas que ce serait si long, craquant à plusieurs reprises et qui finit même par déserter une journée de tournage. Si le fait de trouver un passant dans la rue pour le remplacer sur les plans larges s'avère complètement hallucinant, on est encore plus fasciné de le voir arriver 3 heures plus tard, maquillé, et tellement jaloux de voir qu'on lui a trouvé un remplaçant qu'il en a foutu le bordel pendant les prises. De quoi rendre fou d'énervement Llyod Kaufman qui -pour l'avoir nous même côtoyé- est un homme rempli de qualité, mais montrant ici que sa patience a des limites.
Le maître mot ici est donc le compte rendu des accrocs, des plaintes, des contraintes et du nombre hallucinant de problèmes et d'engueulades (la pauvre seconde assistante n'ayant pas compris le système de modification du scénario en prend plein la tronche tout du long), ou techniques ayant été le quotidien d'un projet néanmoins mené à terme. Entre un technicien des armes à feu faisant son show sans rien apprendre aux autres et faisant perdre son temps à tout le monde-on surprendra l'assistant de Kaufman appeler la banque pour faire opposition au chèque qui lui a été adressé, une marre de colorant rouge impossible de nettoyer après avoir tourné une scène gore dans un couloir que la production doit rendre à la fin de la journée, l'intégralité de l'équipe totalement amorphe au petit matin car ayant tourné toute la nuit pour gagner du temps de location, une voiture qui renverse un cameraman perché sur un escabeau, ou bien encore la disparition de onze techniciens au milieu de la nuit qui se sont alliés pour quitter une ambiance et des horaires qui ne leur convenait pas, c'est un effarant état des lieus qui nous est proposé: On ose enfin nous montrer ces fameuses petites anecdotes qu'on a surtout l'habitude d'entendre dans les commentaires audio.
Portrait d'un microcosme suivi sur 7 semaines, avec ses gentils et ses méchants, ses traîtres et ses amis, ses bons et ses mauvais cotés et l'imagination sans cesse débordante d'une équipe de jeunes gens motivés pour couper court aux perpétuelles catastrophes qui semblent s'être donné le mot pour pourrir une petite production qui n'avait pas besoin de ça. Apocalypse soon est un vrai making of dans les règles de l'art qui nous donne la rare impression d'avoir été sur le plateau et dont le seul inconvénient est d'assombrir notre jugement sur les futurs documents promos qui nous seront proposés. Qu'on aime le film ou pas, et pour peu que l'on pige l'anglais, ce DVD apparaît ici comme un indispensable à tout amateur de secrets de fabrication. Car si vous n'avez pas vu ce documentaire, vous n'en avez vu aucun ! Exceptionnel !
Appendix (35min51) :
Ca vous a plus ? Vous en voulez encore ? Les réalisateurs du making of nous servent neuf nouvelles séquences inédites. On y découvrira surtout les petits secrets de fabrication de Llyod Kaufman en matière d'effets spéciaux comme la meilleure façon d'écraser la tête d'une mamie sous une voiture sans trop faire de dégâts, la réalisation d'un mate-painting explosif à dix dollars, comment faire éclater un zizi mutant, la réalisation du combat entre deux foetus (interprétés par des nains !!!) et surtout le tournage d'une séquence dans la demeure officielle de l'empire Playboy où l'attaque de Noxie fera quelques dégâts chez les stars du porno.
Completion the end...
Clyde Lewis dubs Toxie (1min54) :
Vous ne le savez peut être pas, mais le comédien interprétant Toxie peut se contenter d'imiter un poisson rouge puisque quelqu'un d'autre passera derrière lui pour introduire son imposant organe entre les lèvres. Rien de salace là dedans, juste la voix officielle de Toxie interprétée et mixée en postproduction. Ce module nous permet d'assister à l'une des séances d'enregistrement.
N.Y.C. première (4min45) :
Loin des grandes salles et des parterres de célébrités, la première de Citizen Toxie s'est déroulée dans un petit multiplex où, si la foule est moins conséquente que dans les premières hollywoodiennes, l'ambiance est tout de même au rendez-vous. On s'éclate avec une tordante introduction de Llyod kaufman uniquement réservée aux salles de cinéma (avec voix off modifiant les propos de ce dernier en fonction de la ville dans laquelle est projeté le film), et tout le monde prend un malin plaisir à découvrir, ou se redécouvrir dans cet ovni. Y'a pas photo, on aurait aimé en être !
L.A. première (4min) :
Chaude ambiance ici aussi à l'entrée (et à la sortie) de la projection californienne. Tout le monde est de la partie, y compris tous les anciens de la franchise.
Rashamoron (7min) :
Un cinéaste Japonais invité à la même émission de radio que la bande à Kaufman pour la promo du film ? L'homme a eu du nez et apporté sa caméra personnelle pour en garder un souvenir et c'est cette dernière qui nous est proposée. Outre l'ambiance bordélique totalement prévisible, c'est la jeune Heidi Sjurjen, héroïne principal, qui reste la plus à baffer...
Sitges (2min55) :
Petite promo en Espagne où tout le monde s'est encore amusé soit à enjoliver la vie, soit à pourrir celle des autres. Tout dépend du point de vue. Belle rencontre entre Llyod et Brian Yuzna, papa de Réanimator et Necronomicon, mais malheureusement trop courte.