
Potemkine nous gratifie d'une édition très soignée, présentant les deux films dans un digipack de toute beauté. À cela s'ajoutent des menus harmonieux et léchés dans le plus pur esprit de Cobra Varde. Pour l'occasion, l'éditeur a profité de la venue de Werner Herzog à Paris lors de la rétrospective que lui consacrait le centre George Pompidou pour interviewer le cinéaste dans sa chambre d'hôtel (11mn23).

Évidemment, l'homme revient sur ses rapports entre "haine et passion" avec Klaus Kinski, mais aussi sur sa manière de concevoir le cinéma du point de vue de la fiction et du documentaire. Un document alléchant, un tantinet trop court tant le cinéaste est passionné et passionnant.

En guise de second supplément, on découvre un entretien instructif de l'historienne Dominique Juhé-Beaulaton (15mn20) sur le contexte dans lequel Cobra Verde s'inscrit. Elle n'oublie pas de mettre en parallèle avec érudition la manière dont Herzog a mis en scène le personnage de Francisco Manoel avec les faits historiques.

Le second DVD est consacré au documentaire Ennemi Intime réalisé par Herzog sur l'acteur mégalo et totalement fou qu'était Klaus Kinski. Le cinéaste revient avec émotion sur les 5 films qu'ils ont partagés et qui sont devenus autant d'expériences violentes et fusionnelles. Herzog revient sur les lieux où leurs joutes verbales ont été les plus intenses et paradoxalement les plus fécondes en matière de 7ème art.

Ennemi Intime se conclut sur une magnifique séquence où Herzog filme avec poésie un Klaus Kinski détendu un large sourire aux lèvres dans un décor tropical verdoyant. L'acteur s'amuse comme un enfant avec un papillon qui virevolte et se pose çà et là sur son visage et ses mains sans la moindre crainte.