Crow (the) Z2

Test interactivité

3/5
Cette double édition DVD (quasi identique au zone 1 à un bonus près) est loin d'être totalement satisfaisante. Il manque des suppléments dont on ne s'explique pas vraiment l'absence (la bande annonce du film, un making of comme celui qui figurait sur le LD, un vrai parallèle entre la bande dessinée et le film, un commentaire audio d'Alex Proyas malheureusement justifié par une incompatibilité d'entente entre le réalisateur et ses producteurs). Pourtant, un seul supplément suffit à rendre cette édition précieuse et incontournable.



Il s'agit du reportage intitulé Interview de James O'Barr (Vost, 32mn 08). L'auteur de la bande dessinée se livre comme rarement un artiste a pu/su le faire. A la vision de ce document, le définition du créateur torturé possède un exemple concret des plus stupéfiants. Filmé sobrement et intelligemment (ses paroles sont parfois mises en voix off pour que l'on puisse découvrir les planches qu'il a dessiné) James O' Barr se livre à une introspection douloureuse, principalement pour le spectateur qui demeure abasourdi devant tant de drames et déchirements émotionnels. L'artiste évoque ainsi sa vie d'enfant orphelin, sa rencontre avec la femme de sa vie, son âme soeur et sa disparition effroyable après qu'un chauffard ivre l'ait renversé. Il explique que c'est pour surmonter son immense chagrin qu'il a entrepris de dessiner ce qui allait devenir The Crow.



Une sorte de thérapie salvatrice qui lui demandait une telle énergie et un tel don de soi qu'il lui a fallu neuf ans pour finir la BD. Il nous apprend comment il est devenu dessinateur sur le tard en étudiant les sculptures de grands artistes italiens comme Michel Ange et non en copiant vulgairement d'autres bandes dessinées comme beaucoup de ses collègues. La réussite graphique hallucinante de ses dessins vient sans nul doute de là. Sur la fin du reportage, il évoque l'adaptation de son oeuvre au cinéma. Il n'est pas dupe sur ce qu'est Hollywood tout en félicitant le travail accompli par Alex Proyas et Brandon Lee. Il nous apprend qu'un des premiers producteurs associés au projet voulait en faire une comédie musicale avec Michael Jackson en vedette !!! Heureusement, tout n'est pas totalement noir dans la vie de James O'Barr et à la fin il avoue avoir repris goût à la vie. On s'en félicite car le bonhomme a su se rendre si attachant en une trentaine de minutes qu'on a l'impression de le connaître depuis des lustres. Un reportage étonnant, rare et indispensable.



La présentation des deux DVD a été soignée. Surtout le premier qui possède un menu d'accueil animé et musical avec les images du film. Le second disque a en revanche une graphisme trop sobre. A noter que si contrairement au zone 1, les chapitres sont mieux dispersés dans le temps, évitant des de passer de bonds de deux minutes à d'autres de quinze minutes, ils ne possèdent aucune logique par rapport aux vignettes proposées. Généralement, on se retrouve une bonne dizaine de minutes avant l'image qui sert de représentation aux différents chapitres.

Sur le premier DVD, on trouve une section promotionnelle où l'on peut visionner les bandes annonces de High Fidelity, Pearl Harbor et Incassable. Le seul bonus d'importance s'avère être le commentaire audio. Malheureusement, il n'est pas sous-titré, une exception chez l'éditeur qui pour une fois devient aussi critiquable que Warner et MGM, les rois des commentaires audio non sous-titrés. L'autre déconvenue, c'est l'absence du réalisateur, Alex Proyas (pour mésententes et raisons financières,


l'homme n'a pas désiré participé aux suppléments, se réservant pour une édition à part, constituée uniquement de bonus, qui risque d'avoir bien du mal à voir le jour). En attendant, il faut se contenter des interventions d'un des producteurs du film, Jeff Most, et du co-scénariste John Shirley (ce dernier n'ayant presque jamais rien à dire). Jeff Most a beau faire illusion durant certaines périodes du commentaire avec des remarques précises (il évoque souvent Brandon Lee et à quel point l'acteur était attaché au projet), il ne peut empêcher la grosse déception qui se dégage de l'écoute.

Sur le deuxième disque, on trouve en premier lieu Les coulisses du tournage (Vost, 15mn 53) qui a comme intérêt principal de nous montrer un des derniers interviews de Brandon Lee. On le sent terriblement concerner par le film et son rôle. Et toujours pas d'Alex Proyas, son absence de la totalité des suppléments de cette édition se faisant douloureusement sentir. On aurait ainsi bien changé toutes les remarques du néanmoins sympathique Ernie Hudson pour quelques mots du metteur en scène.

Les Scènes rallongées sont au nombre de trois (toutes au format respecté et en 16/9). On a Attentat à l'arcade (Vost, 3mn 59), Bagarre avec Fun Boy (Vost, 2mn 02) et Fusillade à Top Dollars (Vost, 4mn 59). Il s'agit donc de scènes comportant des plans supplémentaires et non d'alléchantes séquences inédites. Pour éviter un classement trop sévère de la MPAA, Alex Proyas avait du couper de nombreux plans violents et gores. Les voilà réintégrés. Ainsi, si le montage de la scène de la fusillade chez Top Dollar est un peu trop fouillis (par rapport au montage final), la séquence possède désormais une force et un impact beaucoup plus impressionnants. La violence y est décuplée comme l'atteste le nombre conséquent de plans sur les impacts de balles sur le corps d'Eric Draven.

Montage scènes coupées (Vost, 5mn 11 : Document qui présente quelques plans restés également sur la table de montage. Pas de quoi s'enthousiasmer pour autant même si la qualité technique est optimale (image au format, encodage 16/9, état nickel de la pellicule).

Les Photos de production mettent en avant le joli coup de crayon qui a été effectué pour créer le look stupéfiant du film. On apprécie que les dessins soient présentés dans des tailles tout à fait respectables.

Pour finir, on peut s'arrêter sur les Story-boards du film. Cela concerne cinq scènes du film ou plus exactement quatre car Les scènes du Cow-boy squelette montre le story-board d'une scène jamais tournée faute de moyens et de temps. Là aussi, on ne peut être que enthousiasmé par le travail graphique effectué sur les dessins.

On regrette en revanche que la section Original poster concepts (affiches du film) présente sur le zone 1 ait disparu.

Une édition quelque peu décevante en termes de quantité de suppléments (surtout quand on dénote la présence d'un deuxième disque) mais qui n'a pas de prix grâce à l'intervention inoubliable de James O'Barr.

Critique technique par Laurent Pécha.

Le verdict des internautes

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