Pour remplir son cahier des charges avec le Studio, John Waters dû rendre une copie censurée aux moins "PG-13" de son
Cry-Baby. Malheureusement si les Etats-Unis, l'Angleterre et d'autres pays récupèrent la nouvelle director's cut du film, il n'en est rien pour la France où Universal s'évertue à garder ces nouveaux montages dans ses placards. Après
Fantômes contre Fantômes, c'est donc au tour de Cry-Baby d'arriver dans son montage cinéma uniquement !

Un encart du making-of qui prend un second sens très négatif sur ce zone 2....
Petit récapitulatif : il existe trois versions de Cry-Baby sorties à ce jour.
Censurée et remontée au cinéma aux USA, 75 minutes, que John Waters déteste Non remontée ni censurée au cinéma en France, VHS et LaserDisc aux USA et en France, 85mns (82mns en Pal donc la version sur le DVD français testé ici) Director's Cut en DVD, 90mns (87mns en Pal, donc 5mns de plus que le DVD testé ici).
Une attitude de l'éditeur que l'on ne comprend pas, mais qui pourrait pour une fois s'avérer presque bénéfique. Car si la director's cut incarne le montage définitif du réalisateur, il se trouve qu'elle n'attire pas les faveurs de fans du film. Les délires sont certes plus poussés dans la director's cut, et même si le film ne change pas énormément, nous avions enfin la possibilité de le revoir dans la version pensée par le génie du mauvais goût. Mais là où le bas blesse est que l'un des meilleurs gags, à savoir les " beep " présents à chaque fois que les comédiens prononçaient le mot " Fuck ", disparaissait dans la director's cut pour laisser place aux paroles. La scène du tribunal - une des meilleures, rien que ça - en devenait donc beaucoup moins drôle dans la director's cut !
La scène du tribunal
Que penser donc ? Certes nous ne sommes pas sur cette édition zone 2 face au montage définitif du réalisateur, ce qui serait déjà une bonne raison de laisser tomber cette édition. Néanmoins face aux remontrances des fans outre-atlantique qui auraient voulu que les deux montages arrivent sur la même édition, la majeure partie préférant la version cinéma, il ne nous reste plus qu'à avoir le regret inverse. Nous sommes "ravis" d'avoir en exclusivité la version cinéma, mais la version director's cut manque lourdement. Bref, dans sa maladresse décidément trop fréquente ces derniers temps, Universal France vient sans s'en rendre compte de faire le bonheur des fans mais le malheur des cinéphiles.
L'édition parfaite à ce jour est donc à se construire soi-même : zone 1 (director's cut uniquement) et zone 2 (version cinéma). Dur !
En guise de bonus, on trouve en premier lieu un commentaire audio (vostf) de John Waters. Le réalisateur commence son exercice de style par de petites anecdotes comme celle où les Fédéraux était sur les dents, cherchant à coincer Tracy Lords pour avoir tourné des films pornos sans être majeure... Il revient également sur les conditions du tournage mais oubli très vite l'aspect technique du film pour revenir à quelque chose de plus personnel. Il se livre à l'exercice avec un grand plaisir, trouvant toujours quelque chose à dire, même si sans rapport direct avec le film et l'on écoute les anecdotes du tournage pour mieux pénétrer l'univers de ce réalisateur hors norme.
C'est venu de Baltimore (47mn42 - vost) : Formidable complément au commentaire audio de Waters, ce documentaire réalisé pour l'occasion nous dévoile les inspirations de chacun, la façon de travailler de Waters, l'ambiance régnant sur le plateau... Par le biais d'interviews et de documents d'époque, tout est passé au crible avec beaucoup d'humour et l'on entre de plein pied dans un univers déjanté à souhait. Ne passez pas à coté !
On trouve encore quelques scènes coupées (7mn03) où l'on regrette amèrement l'absence d'un commentaire de John Waters pour justifier la non réintégration au montage final. Amusant de voir Tracy Lords jouer la sainte nitouche mais c'est surtout la première scène avec la petite fille contorsionniste, évoquée avec douleur dans le documentaire, qui fait de la peine à retrouver ici.