L'interface n'est pas des plus belles mais reste claire à la navigation, même si les transitions ne sont particulièrement agréables à l'oeil et surtout à l'oreille, c'est le moins que l'on puisse dire. Mais un défaut gênant émerge avec la pratique. Lorsque l'on reste trop longtemps sur l'un des menus (le menu bonus, pour prendre un exemple), on est automatiquement redirigé sur l'interface au bout d'une minute à peine et le film se déclenche de lui-même peu de temps après. Il ne s'agit donc pas de relâcher son attention et c'est un peu fatigant à la longue. Concernant les suppléments eux-mêmes, ils sont plutôt nombreux et réussis (attention, ils s'étalent sur deux pages), en tout cas ils correspondent tout à fait à ce que l'on attend de l'édition DVD d'un tel film.
SupplémentsCommentaire audio du réalisateur Justin Lin
Au cours de cet excellent commentaire audio, Justin Lin détaille chacun de ses choix, du plus insignifiant au plus déterminant, et ce avec une bonne humeur et une simplicité qui en rendent l'écoute particulièrement agréable. Dès les premières images, on apprend que la plupart des morceaux sont de son choix, à commencer par l'excellent titre de DJ Shadow, dont il est fan et qui a préféré lui donner la version de Mos Def, effectivement beaucoup plus adaptée. Comme beaucoup des seconds voire premiers rôles ont déjà travaillé sur ses films indépendants, il s'amuse à nous les pointer tout du long. Il commence bien sûr par Lucas Black, dont il apprécie le côté tête brûlée et le sens de l'auto-dérision (en précisant que l'acteur vient du Missouri et n'a rien d'un enfant gâté sorti de Hollywood). Le commentaire devient plus technique dès la première course, seule à être "réelle" : les acteurs conduisent, et l'ensemble n'est pas assisté par ordinateur.
Lorsqu'on en vient à Tokyo, le réalisateur explique qu'il souhaitait montrer l'aspect ultra-moderne de la mégalopole, à l'opposé de la représentation pittoresque qu'en donnent beaucoup de films américains. L'un des moments les plus sympathiques du commentaire concerne d'ailleurs les déboires de l'équipe avec les autorisations de tournage sur place, très difficiles à obtenir. On apprend ainsi que plusieurs scènes ont été tournées à l'arrache, jusqu'à ce que la police intervienne ! Parmi les caméos amicales, il y a celle de Toshi, conseiller technique sur le film pour tout ce qui concerne le drift, ou encore celle du jeune acteur japonais Satoshi Tsumabuki (le lycéen malicieux de Jam Films), bizarrement surnommé le "Tom Cruise japonais" ! Justin Lin Insiste sur les innovations en matière de placements de caméra lorsqu'il s'agit de filmer le drift, innovations rendues possibles grâce à la précision extrême des cascadeurs. Il explique de quelle manière il souhaitait accorder chaque voiture à la personnalité de son propriétaire. Un commentaire enjoué et bien plus intéressant que prévu.
Scènes inédites (19:15)
Les scènes inédites sont accompagnées, au choix, d'un commentaire audio de Justin Lin.
Parmi ces scènes coupées, souvent assez insignifiantes mais jamais désagréables à regarder, on retiendra Un métro bondé, qui s'inscrit dans l'ambiance sympathique qui caractérise le début du film, celle de la découverte des moeurs tokyoïtes, Wasabi, papa surveille l'Evo de Sean, Conduite sur terrain de golf (la traduction semble hasardeuse sur ce coup-là, à moins qu'il ne s'agisse d'un jeu de mots maladroit concernant le véhicule ?) et la toute dernière, Un baiser devant Kamata, échange de regards muets entre les personnages de Lucas Black, Nathalie Kelley, Brian Tee et Sonny Chiba. Bien sûr, l'ensemble de ces scènes prend une toute autre valeur dès lors qu'on écoute le commentaire audio du réalisateur Justin Lin, qui explique avec sa bonne humeur coutumière quels furent les moments les plus agréables à tourner (tout le monde s'est visiblement bien amusé), les regrets qu'il garde à propos de la coupe de certains bouts de scènes ou de certaines répliques. La plupart des coupures, même les plus pénibles, sont dues à des craintes concernant le rythme du film qui ne pouvait se permettre d'être ralenti - la seule exception étant peut-être la dernière scène, retirée pour des raisons différentes. Un bonus sympathique, vu sous cet angle.
Ecole de conduite (7:38)
Pour ceux qui sont intéressés par une petite leçon de drift, voici le bonus idéal pour connaître (très superficiellement, cela va sans dire) les bases de l'entraînement. Coachés par le cascadeur automobile Rhys Millen sur le circuit d'Irwindale, les acteurs sont soumis à plusieurs exercices dont la difficulté va croissant. Lucas Black, Bow Wow, Sung Kang, Nathalie Kelley et Brian Tee ont l'air de s'amuser comme des petits fous et on les comprend. Si l'on en croit les instructeurs, Nathalie Kelley était la plus appliquée de tous, alors qu'elle venait juste d'avoir son permis et n'avait jamais conduit que des automatiques jusqu'ici.
JUSTIN LIN
NATHALIE KELLEY
La caméra des acteurs (4:20)
Les acteurs et cascadeurs nous introduisent à la danse "para para", très populaire au Japon et montrée brièvement dans le film. Un bonus complètement inutile mais tout de même rigolo, et qui témoigne une fois de plus de l'excellente ambiance qui régnait sur le tournage.
La panne : dernière virée de Han (8:20)
On apprend dans ce supplément que la scène-pivot du film n'a pas été tournée à Tokyo mais dans un Los Angeles déguisé pour l'occasion, pour des raisons logistiques si l'on en croit le chef opérateur Stephen F. Windon. Le réalisateur seconde équipe, Terry Leonard, nous explique d'emblée que tout cela est très dangereux, puis c'est au tour de Rhys Millen de briefer les cascadeurs sur leurs chorégraphies pour le moins serrées et périlleuses. Les acteurs, eux, tournent devant un fond vert dans une voiture mise à nu - l'implication n'est pas la même mais le jeu n'en reste pas moins corsé. Un supplément très fun et instructif.
Prêt à prendre le volant (11:00)
Très attendue était cette petite revue des superbes bolides utilisés dans le film. Au passage, on notera la présence d'une belle AE86 Trueno panda dans le décor (voir image ci-dessous), juste derrière de la Monte Carlo sur laquelle s'extasie Justin Lin. Dennis McCarthy, le coordinateur de véhicules sur Fast and Furious : Tokyo Drift, nous montre les modifications effectuées pour les cascades précises du film. Après la Monte Carlo, on passe à la Nissan Silvia puis à la Mitsubishi Evo qui accompagne Sean jusqu'à ce qu'il s'empare de la Mustang. Parmi les modifications effectuées, l'une des plus importantes concerne le passage de la traction avant à la traction arrière, beaucoup plus adaptée à ce sport. Après un petit détour par la camionnette "Hulk" de Bow Wow alias Twinkie, on en vient aux beaux morceaux que sont la Mazda RX-7 de Han, la RX-8 de Neela et la Nissan 350Z de D.K...
Le vrai roi du volant (3:40)
Ce bonus n'est autre qu'un petit reportage sur le vrai Drift King, Keiichi Tsuchiya, dont les propos sont ici doublés en anglais. Surnommé ainsi depuis sa prestation époustouflante au Fuji International Speedway de 1984, où il dérapait à chaque virage sous les yeux ébahis des spectateurs, M. Tsuchiya a été amené à doubler Lucas Black dans les scènes où son personnage ne sait pas encore drifter. Une requête apparemment difficile pour cet as du dérapage contrôlé. Trop court mais vraiment amusant.
A la japonaise (9:40)
Un petit documentaire sur les moeurs japonaises, celles des jeunes tout particulièrement, comme leur manière de s'habiller hors des modes, leurs distractions (pachinko !) et lieux de rencontres. Bien que le tournage n'ait pas été si long que ça à Tokyo, Lucas Black avoue avoir eu le mal du pays au bout de quelques jours. Quant à Justin Lin, il a visiblement adoré capter un peu de l'effervescence de la capitale nippone, dans laquelle il mettait les pieds pour la première fois de sa vie, en se livrant à ce qu'il appelle le "tournage guerilla". Il rend hommage à l'équipe japonaise, toujours enthousiaste, avant de revenir à la danse Para para, qui semble avoir décidément marqué leur séjour. Très chouette bonus.
Vidéoclip "Conteo" de Don Amar (3:34)
Un clip encore bien plus racoleur que le film, il fallait le faire ! Grotesque.