Un menu fixe mais musical, simple de navigation, efficace. On aurait peut-être espéré un peu plus d'animation ou un soin tout particulier, mais l'ensemble reste esthétiquement correct et surtout fonctionnel.
DVD 1 L'avertissement (2mns34)
Un avertissement pour les spectateurs d'époque qu'il importe de regarder pour saisir les réactions de naguère. Freaks, film pour les "anormaux" et les "indésirés". Pas seulement.
Le commentaire audio de David Skal
Non sous-titré comme d'habitude chez Warner, ce commentaire a le mérite d'être réalisé dans un anglais très clair, la faible durée du film (moins d'une heure) enlevant presque toute excuse de ne pas l'écouter. Ce commentaire audio en lui-même résume extrêmement bien la complexité du film, le contexte et de manière très exhaustive voire didactique résume le parcours de Tod Browning et insiste sur sa relation entre le muet et le parlant. On trouve plein d'informations sur les acteurs du film, les références précises, les relations avec les autres opus Browningiens, les réactions des critiques et la censure. En somme, riche, clair et documenté. Imparable pour le plus beau film de l'histoire du cinéma.
Freaks : documentaire les coulisses (1h03)
Femme à barbe, homme-larve, homme-tronc... Découvrez ce qu'ils sont devenus ! Et leurs histoires sont exceptionnelles. On retiendra vraiment celle de Prince Randian, homme-larve, qui a vécu jusqu'à 63 ans, marié, des enfants. Edifiant !
Fin alternative (5mns55)
Analyse de la fin alternative qui a bouleversée les spectateurs de l'époque et eu à passer par les coupes de madame la censure. Le fait qu'on puisse les découvrir est une chance. Le film, remonté dans tous les sens du terme, possède différentes fins : la première montre Cléopâtre animalisée, humiliée pour montrer que les monstres ne sont pas ceux qu'on pense (sans conteste l'image la plus intense du film); la seconde continue et raconte rapidement la réconciliation entre Hans et Frida - avec les mots d'amour de Frida qui sortent droit du coeur et émeuvent aux larmes ; et la dernière version étire cette scène en mettant en parallèle un couple freak et un couple "normal", histoire d'égaliser les camps et de rompre avec le clivage initial. Peu importe le dénouement, à chaque instant, ce film bouleverse au plus profond.
DVD 2
Film : The Unknown (47'39'')
Soyons clairs dès le départ : L'inconnu est un chef-d'oeuvre. Pas un de ces chefs-d'oeuvre comme on aime en délivrer des centaines par an mais un chef-d'oeuvre de chez chef-d'oeuvre, une pépite, un objet d'une richesse et d'une beauté inouïes qui, à la manière de Freaks, transcende un canevas faussement simple et en réalité très dense. Le résultat est sensationnel, rehaussé par l'interprétation bouleversante de Lon Chaney. Un film sur l'amour fou. Un film dans lequel on se consume par amour.
The Unknown
Alonzo, "l'homme sans bras", vedette d'un cirque installé à Madrid, tire à la carabine et lance des poignards avec ses pieds sur sa partenaire, dont il est secrètement et follement amoureux, la jolie Estrellita. C'est la fille de Zanzi, le directeur.
Malabar, l'hercule du cirque, est également sensible aux charmes de la jeune fille, laquelle ne lui prête pourtant aucune attention, car Estrellita est terrifiée par les mains des hommes. Aussi se sent-elle en sécurité auprès d'Alonzo.
The Unknown
Certains cinéphiles le considèrent comme supérieur à Freaks mais avec le recul, les deux opus sont aussi incomparables que complémentaires. L'Inconnu demeure la septième (et peut-être la plus belle ?) collaboration du réalisateur Tod Browning avec l'exceptionnel comédien Lon Chaney (Le Club des trois, L' Oiseau noir ou La Route de Mandalay). La présence de ce joyau est une aubaine parce qu'elle aborde toute la thématique de Browning et ressasse déjà ses obsessions obscures, de la mutilation à la difformité physique en passant par le monde du cirque. L'intrigue est forte en rebondissements et se révèle d'une intensité émotionnelle.
The Unknown
La perfection de la musique (et quelle musique !), réenregistrée en 1997 par Alloy Orchestra, colle aux scènes, à l'état d'esprit des persos et traduit comme par son aspect lancinant la mélodie de l'amour déstructeur. Elle confère à ce poème chavirant une aura supplémentaire et met en valeur des scènes inoubliables (comme le regard bouleversé du protagoniste lorsqu'il retrouve celle qu'il aime). Une oeuvre touchée par la grâce qui, à l'aune de Freaks, a inspiré pléthore de cinéastes actuels. De Tim Burton à David Lynch, tous doivent à Todd Browning une reconnaissance éternelle. Il FAUT avoir vu ce film.