La charte graphique de l'ensemble des menus du film cherche à coller au plus près de l'univers visuel du film. D'une grande beauté elle épouse bien l'aspect fantasmatique qui berce le métrage, jouant sur l'imagerie de la photographie un brin nostalgique.
On a le droit en complément du film à un making of de près de 13mn, qui revient sur le film. Trop proche d'un document promotionnel au début, ce vrai/faux making of s'émancipe heureusement par la suite des poncifs du genre pour proposer un regard fort éclairé des différents intervenants sur les réflexions qui travers le films comme la monstruosité, la dimension iconique que pouvait avoir la photo pour Diane Arbus face à son passé, ou encore la manière dont elle a pu capter le monde au travers de son art. Un très sympathique document qui aurait mérité d'être plus développé pour aborder le réel défit que représentait le film.
On a le droit aux les habituels suppléments que sont la bande annonce du film et les scènes coupées. Celles-ci sont aux nombres de deux. On a le choix d'avoir le commentaire ou non du réalisateur. Diane et le test de grossesse, et Allan se fait sermonner par le père de diane. Elles ont été supprimées pour une question de rythme et de redondance scénaristique.

Le plus intéressant, demeure le commentaire audio du réalisateur Steven Shainberg, qui revient avec un regard à la fois technique et sensible sur son film. Il faut avouer que malgré le très mauvais accueil qu'a reçu le film à l'époque de sa sortie en salle, le commentaire audio reste au demeurant très précieux pour comprendre les intentions de l'auteur. Car une majeur partie de la critique s'est arrêtée au coté vraie/fausse biopic du film sans chercher à cerner l'aspect fantasmatique qui rendre hommage à l'artiste que fut Diane Arbus. C'est ainsi que Shainberg, peut connu dans l'hexagone, ne cherche pas à défendre son film mais plutôt avec une certaine humilité et une généreuse passion il tente de témoigner un indéfectible amour pour Diane Arbus, ainsi que pour la révolution photographique qu'elle a pu apporter aux Etats Unis. Le parti pris volontairement irréel évacuant une certaine rudesse propre à la photographie de l'artiste est admirablement bien éclairé par le réalisateur dans son commentaire. La dimension onirique devient une évidence à ses yeux, mais un pari risqué. Il appuie avec sincérité le principe même du film en proposant un portrait imaginaire de la photographe, ni plus ni moins, renvoyant dos à dos le florilège de critiques qui sont passées totalement à coté du principe même du film. Trop original et trop maîtrisé dans sa forme, Fur désarçonne et pourtant c'est ce qui fait la force du film admirablement bien mis en valeur par un réalisateur totalement investie dans son rôle.

Le seul point noir est le suivant : pour profiter pleinement de la qualité de ce commentaire pour les non anglophones, cela va être dur car l'éditeur à oublier de proposer un sous-titrage. Ce qui est fort fâcheux au vue de la qualité ce celui-ci. Un aspect bien regrettable qui entache une édition qui jusque là relevait du quasi sans faute.
Critique technique de Gwenael Tison