Gladiator

Test interactivité

4/5
D'emblée, Dreamworks annonce la couleur avec une édition à deux disques dont un spécialement réservé aux suppléments.

Avant d'entrée dans les détails des bonus, il faut souligner la très belle réussite graphique des différents menus (en particulier le menu animé de présentation du premier disque).

Le premier DVD comporte comme seul supplément le commentaire audio de Ridley Scott, John Mathieson (directeur de la photo) et Pietro Scalia (monteur). Bien que souvent intéressantes (surtout celles de Scott, le plus bavard d'entre eux), leurs interventions ont du mal à suivre un raisonnement logique. Difficile ainsi de garder en mémoire une intervention spécifique ou espérer aller à une scène particulière pour obtenir des informations pertinentes (le commentaire ne suit pas toujours les images qui défilent). Heureusement, l'éditeur a eu la bonne idée de chapitrer le commentaire (vingt-huit comme le nombre de chapitres pour le film) et de donner des titres bien spécifiques permettant ainsi de mieux nous diriger dans ce long commentaire (les trois compères parlent durant quasiment tout le film).

Le deuxième disque regorge de bonus.
Le premier d'entre eux est le From the cutting room floor. C'est sans aucun doute la plus excitante section du DVD puisqu'on y retrouve pas moins de douze (plus exactement onze) scènes inédites. Elles sont toutes au format (uniquement 4/3), en surround et en anglais non sous-titré (comme tous les autres suppléments du DVD) et on peut les écouter avec ou sans le commentaire audio de Ridley Scott (ce dernier se bornant à dire qu'elles ont été supprimées pour des raisons de timing).

Battle aftermath (1' 10) montre un Maximus rendant visite à ses soldats blessés à la bataille d'ouverture. Cette courte séquence permettait de mieux comprendre pourquoi Maximus est un général aimé par ses troupes.

Looking for strength (42 sec) dévoile un Empereur Marcus priant ses ancêtres pour lui donner la force d'assumer le choix de succession qu'il a effectué.

Dye market (1' 48) met Proximo dans la douloureuse situation de choisir de parier ou non contre ses propres gladiateurs.

Stage direction (53 sec) aurait vraiment du être réintégré au métrage final. Proximo y critique la rage meurtrière de Maximus. Il lui demande de divertir le public au lieu de tuer si rapidement ses adversaires.

Fed to the lions (54 sec) dévoile un aspect des arènes tristement célèbres et totalement absent du film. Elles servaient en premier lieu au sacrifice des chrétiens. Dans cette scène, Maximus assiste écoeuré à l'entrée des lions dans l'arène qui vont donc dévorer les chrétiens.

A meeting at Gracchus' house (3' 54). Cette longue séquence montre une Lucilla se rendant chez le sénateur Gracchus pour y discuter de l'avenir de son frère. Voulant sauver le peuple de Rome de la famine (tout est dépensé pour les jeux), elle demande qu'on tue son frère. Le sénateur lui fait part de la situation politique et qu'il faut malheureusement attendre que le peuple cesse d'être en faveur de Commode pour agir. Cette scène à la fois dure et émouvante (le visage ensanglanté de Lucilla lorsqu'elle ordonne l'assassinat de son frère) est un judicieux éclairage des enjeux politiques de l'époque.

Father and son (1' 41) montre un Commode excédé par la réapparition de Maximus, s'en prendre violemment à un buste de son père avant de s'écrouler dessus en larmes. Toutes les contradictions du personnage sont ainsi résumées en quelques instants.

The execution (2' 48) met en avant la folie de Commode. Dans cette scène (au suspense soutenu) il oblige le général Quintus à ordonner l'exécution de deux officiers suspectés de trahison.

Spies close in (1' 11). Grâce aux explications donnés par le texte de présentation, on réussit à comprendre que Proximo méfiant, a réalisé qu'il était espionné par les sbires de Commode. Mais que cela est loin d'être clair !

Another enemy (55 sec) permet à Lucilla de se rendre compte que Falco est du côté de son frère. Cette scène accentue le piège qui semble petit à petit se renfermer sur Lucilla.

Fighting with fire (30 sec) montre la garde prétorienne venir arrêter Maximus et mettre le feu à la demeure de Proximo. Ce sont en fait des plans d'hommes en feu qui ont été ici rajoutés.

La dernière séquence,The treasure chest est en fait un montage de 7' 10 de plans et séquences non retenus (certains sont issus des scènes précédemment chroniquées). Elles sont ici assemblées par le monteur du film, Pietro Scalia avec en fond sonore la musique de Hans Zimmer. On peut y voir quelques brefs plans sanglants inédits de combats dans l'arène.

Après la vision de ces scènes inédites, il est alors temps de se plonger dans les différents reportages et making of proposés. Il y en a trois de qualité plus ou moins équivalente.

Il y a tout d'abord le making of classique (25'). Pour ceux que cela barbe d'écouter les commentaires audio, l'essentiel de la création du film se trouve condensé ici mais bien sûr de façon un peu trop promotionnel et court pour être totalement convaincant.

Gladiator games : Roman blood sport est un long reportage de cinquante minutes censé nous éclairer sur l'univers des gladiateurs. Petit problème, il s'agit d'une émission américaine et cela se voit d'entrée avec les hilarants inserts sur des faux gladiateurs huilés au visage bien patibulaire ! Mélangeant donc des plans du film aux images vidéos souvent ridicules cherchant à recréer l'action d'antan, le documentaire tente de faire la lumière sur la place des jeux à l'époque romaine. Malgré l'intervention de professeurs compétents, le reportage n'arrive pas à décoller et donne souvent l'impression d'avoir copié sur le film (Gladiator serait-il donc un documentaire minutieux de l'époque romaine ?)

Hans Zimmer : composing Gladiator (20' 41) suit la mode actuel qui est de mettre en avant les compositeurs de musique de film. Hans Zimmer se dévoile donc durant vingt minutes en tentant de nous expliquer son art. Pas indispensable mais suffisamment intéressant (le bonhomme est un passionné et cela se voit).

My gladiator journal est un horripilant carnet de bord tenu par le jeune Spencer Treat Clark (il joue le fils de Lucilla). Par moments entrecoupé de photos du tournage, les plus mordus pourront lire des passionnants commentaires comme ce ''il est dix heures du soir, on a mangé au resto machin avec maman et l'équipe et je rentre me coucher car il est tard'' ou encore ''j'ai enfin rencontré Russell Crowe et il est vachement sympa''...

La section des Original storyboards est archi-complète. On dénote pas moins de huit séquences storyboardées (Germania battle, Maximus execution, Flight from Germania, Zucchabar, Arena fight, Battle of Carthage, Tiger fight et Commodus fight) auxquelles il faut ajouter quatre autres storyboards de scènes inédites. De celles-ci, on retiendra surtout le combat entre Maximus et un rhinocéros qui tourné, aurait pu avec des effets spéciaux à la hauteur, être un sacré moment d'anthologie.
Dans cette section, on trouve aussi des Conceptual art. Il s'agit de croquis de décors ou costumes. Pas plus de quatre dessins et en général uniquement un seul pour illustrer huit séquences.

La Still gallery suit l'inflation galopante du DVD et propose ainsi 185 photos issus principalement du tournage. Elles se partagent en six sections (Portraits, Germania, Zucchabar, Roma, Colosseum et Behind the scenes, c'est cette dernière avec 123 photos qui attire le plus l'attention).

La section des Trailers and TV spots comporte d'agréables surprises avec la teaser et la bande annonce en 16/9 et 5.1. Les quatre spots TV sont en revanche en 4/3 et surround.

Les Cast and crew sont très exhaustives comme toujours dans les édition Dreamworks (remember Saving Private Ryan). On y trouve ainsi la bio de neuf comédiens et de l'équipe technique (douze personnes en tout).

Pour finir, les Productions notes (13 pages) sont un complément superflu vu la profusion de suppléments mais pas complètement inintéressant.

Le DVD de Gladiator s'est vu offrir un traitement de roi rendant son achat quasi impératif en attendant l'arrivée du zone 2 le 6 mars prochain...

Critique technique par Laurent Pécha.

Côté artistique, ATTENTION, il y a 2 avis contradictoires. DVDRAMA laisse le droit à 2 journalistes de s'exprimer en toute liberté. Il y a donc d'abord le pour, puis ''le contre''. Pas la peine de s'énerver... Comme dirait l'autre, chacun ses goûts...

Le verdict des internautes

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