Le même tour de force que le zone 1... en mieux.
D'emblée, Gaumont fait fort avec un packaging superbe (à l'image de celui de MIB) accompagné d'un livret de quatre pages. Les deux disques ne sont pas en reste puisqu'ils sont sérigraphiés (sérigraphie d'ailleurs différente du zone 1). Il y a donc bien deux DVD dont un spécialement réservé aux suppléments.
Non seulement les bonus sont nombreux et soignés mais également les menus qui permettent d'y accéder. Le graphisme notamment du menu d'accueil du premier disque avec sa vue de Rome couleur sépia fait preuve d'un soin particulier.
Le premier DVD comporte comme seul supplément le commentaire audio (sous-titres français et anglais présents) de Ridley Scott, John Mathieson (directeur de la photo) et Pietro Scalia (monteur). Bien que souvent intéressantes (surtout celles de Scott, le plus bavard d'entre eux), leurs interventions ont du mal à suivre un raisonnement logique. Difficile ainsi de garder en mémoire une intervention spécifique ou espérer aller à une scène particulière pour obtenir des informations pertinentes (le commentaire ne suit pas toujours les images qui défilent). On retiendra toutefois le vibrant hommage rendu à l'immense acteur qu'était Oliver Reed, disparu durant le tournage. Il est en revanche bien dommageable que l'éditeur n'est pas eu (pu ?) la bonne idée de chapitrer le commentaire comme ce fut le cas sur le zone 1. Ces chapitres étaient bien utiles pour se diriger dans ce l ong commentaire (les trois compères parlent durant quasiment tout le film).
Le deuxième disque regorge de bonus.
Le premier d'entre eux, Dans la salle de montage est sans aucun doute le plus excitant de tous puisqu'on y retrouve pas moins de douze (plus exactement onze) scènes inédites. Elles sont toutes au format (uniquement 4/3), en surround et en VOST (comme tous les autres suppléments du DVD) et on peut les écouter avec ou sans le commentaire audio de Ridley Scott (ce dernier se bornant à dire qu'elles ont été supprimées pour des raisons de timing).
Après la bataille (1' 10) montre un Maximus rendant visite à ses soldats blessés à la bataille d'ouverture. Cette courte séquence permettait de mieux comprendre pourquoi Maximus est un général aimé par ses troupes.
Force et recueillement (42 sec) dévoile un Empereur Marcus priant ses ancêtres pour lui donner la force d'assumer le choix de succession qu'il a effectué.
Le marché aux couleurs (1' 48) met Proximo dans la douloureuse situation de choisir de parier ou non contre ses propres gladiateurs.
Les secrets de la gloire (53 sec) aurait vraiment du être réintégré au métrage final. Proximo y critique la rage meurtrière de Maximus. Il lui demande de divertir le public au lieu de tuer si rapidement ses adversaires.
Jetés aux lions (54 sec) dévoile un aspect des arènes tristement célèbres et totalement absent du film. Elles servaient en premier lieu au sacrifice des chrétiens. Dans cette scène, Maximus assiste écoeuré à l'entrée des lions dans l'arène qui vont donc dévorer les chrétiens.
Vox non populi (3' 54). Cette longue séquence montre une Lucilla se rendant chez le sénateur Gracchus pour y discuter de l'avenir de son frère. Voulant sauver le peuple de Rome de la famine (tout est dépensé pour les jeux), elle demande qu'on tue son frère. Le sénateur lui fait part de la situation politique et qu'il faut malheureusement attendre que le peuple cesse d'être en faveur de Commode pour agir. Cette scène à la fois dure et émouvante (le visage ensanglanté de Lucilla lorsqu'elle ordonne l'assassinat de son frère) est un judicieux éclairage des enjeux politiques de l'époque.
Père et fils (1' 41) montre un Commode excédé par la réapparition de Maximus, s'en prendre violemment à un buste de son père avant de s'écrouler dessus en larmes. Toutes les contradictions du personnage sont ainsi résumées en quelques instants.
L'excécution (2' 48) met en avant la folie de Commode. Dans cette scène (au suspense soutenu) il oblige le général Quintus à ordonner l'exécution de deux officiers suspectés de trahison.
Surveiller et punir (1' 11). Grâce aux explications donnés par le texte de présentation, on réussit à comprendre que Proximo méfiant, a réalisé qu'il était espionné par les sbires de Commode. Mais que cela est loin d'être clair !
Un autre ennemi (55 sec) permet à Lucilla de se rendre compte que Falco est du côté de son frère. Cette scène accentue le piège qui semble petit à petit se renfermer sur Lucilla.
Chasse à l'homme (30 sec) montre la garde prétorienne venir arrêter Maximus et mettre le feu à la demeure de Proximo. Ce sont en fait des plans d'hommes en feu qui ont été ici rajoutés.
La dernière séquence,La malle aux trésors est en fait un montage de 7' 10 de plans et séquences non retenus (certains sont issus des scènes précédemment chroniquées). Elles sont ici assemblées par le monteur du film, Pietro Scalia avec en fond sonore la musique de Hans Zimmer. On peut y voir quelques brefs plans sanglants inédits de combats dans l'arène.
Après la vision de ces scènes inédites, il est alors temps de se plonger dans les différents reportages et making of proposés. Il y en a trois de qualité plus ou moins équivalente.
Il y a tout d'abord le making of (VOST) classique (25') tiré de la chaîne HBO. Pour ceux que cela barbe d'écouter les commentaires audio, l'essentiel de la création du film se trouve condensé ici mais bien sûr de façon un peu trop promotionnel et court pour être totalement convaincant.
Les combats des gladiateurs: un sport sanglant (VOST) est un long reportage de cinquante minutes censé nous éclairer sur l'univers des gladiateurs. Petit problème, il s'agit d'une émission américaine et cela se voit d'entrée avec les hilarants inserts sur des faux gladiateurs huilés au visage bien patibulaire ! Mélangeant donc des plans du film aux images vidéos souvent ridicules cherchant à recréer l'action d'antan, le documentaire tente de faire la lumière sur la place des jeux à l'époque romaine. Malgré l'intervention de professeurs compétents, le reportage n'arrive pas à décoller et donne souvent l'impression d'avoir copié sur le film (Gladiator serait-il donc un documentaire minutieux de l'époque romaine ?)
Hans Zimmer et la musique de Gladiator (20' 43, VOST) suit la mode actuel qui est de mettre en avant les compositeurs de musique de film. Hans Zimmer se dévoile donc durant vingt minutes en tentant de nous expliquer son art. Pas indispensable mais suffisamment intéressant (le bonhomme est un passionné et cela se voit).
Le journal de bord de Lucius est un horripilant carnet de bord tenu par le jeune Spencer Treat Clark (il joue le fils de Lucilla). Par moments entrecoupé de photos du tournage, les plus mordus pourront lire des passionnants commentaires comme ce ''il est dix heures du soir, on a mangé au resto machin avec maman et l'équipe et je rentre me coucher car il est tard'' ou encore ''j'ai enfin rencontré Russell Crowe et il est vachement sympa''...
La section des Storyboards est archi-complète. On dénote pas moins de huit séquences storyboardées (La bataille contre les germains, l'exécution de Maximus, De retour en Germanie, Zucchabar, Le combat dans l'arène, La bataille de Carthage, Le combat contre les tigres et le combat contre Commode) auxquelles il faut ajouter quatre autres storyboards de scènes inédites. De celles-ci, on retiendra surtout le combat entre Maximus et un rhinocéros qui tourné, aurait pu avec des effets spéciaux à la hauteur, être un sacré moment d'anthologie.
Dans ce storyboard, on trouve un sympathique menu caché. Sur la première planche, déplacer votre curseur vers le haut, le rhinocéros se met alors en surbrillance, appuyez alors sur enter. Vous accédez alors à un menu, Qu'est-il arrivé au rhinocéros ?, qui va vous expliquer pourquoi cette scène n'a pas été retenue. Vous pourrez aussi jeter un oeil sur les essais numériques faits par Phil Tippet (9 sec) ou lire l'intégralité de la scène non tournée.
Dans cette section, on trouve aussi sur une troisième page une rubrique, Conception artistique. Il s'agit de croquis de décors ou costumes. Pas plus de quatre dessins et en général uniquement un seul pour illustrer huit séquences (Dessins de production de la bataille contre les germains, Le casque de Tigris, La fin originale, Esquisses de décors supplémentaires, L'arrivée de Commode à Rome, Le gladiator à tête de porc, Le déclin de Rome et Ebauches de gladiators).
La Galerie de photos suit l'inflation galopante du DVD et propose ainsi 185 photos issus principalement du tournage. Elles se partagent en six sections (Portraits, La Germanie, Zucchabar, Rome, Le Colisée et Dans les coulisses, c'est cette dernière avec 123 photos qui attire le plus l'attention).
La section des films annonces et spots TV comporte la teaser trailer et et la bande annonce film, tous les deux en VOST, 4/3 et Dolby Surround. Les quatre spots TV sont également en 4/3, VOST et Dolby Surround.
Les filmographies sont très exhaustives (trois pages). On y trouve ainsi la bio de neuf comédiens et de l'équipe technique (douze personnes en tout, bizarrement celle de Ridley Scott n'a pas été traduite).
Pour finir, les notes de production (13 pages traduites) sont un complément superflu vu la profusion de suppléments mais pas complètement inintéressant (la dernière page étant la réplique quasi exacte de la précédente).
On l'a longtemps attendu mais au vu de ses qualités techniques quasiment irréprochables (surtout si on est amateur de VF), le DVD de Gladiator est incontournable.
Critique technique par Laurent Pécha.
Côté artistique, ATTENTION, il y a 2 avis contradictoires. DVDRAMA laisse le droit à 2 journalistes de s'exprimer en toute liberté. Il y a donc d'abord le pour, puis ''le contre''. Pas la peine de s'énerver... Comme dirait l'autre, chacun ses goûts...