Tout fan de Rob Zombie qui se respecte se souvient parfaitement du fabuleux making of
30 jours en enfer, reportage de plus de 2h30 qui suivait l'intégralité du tournage de
The Devil's Rejects. Pas d'équivalant pour ce troisième film du réalisateur, mais Tf1 met tout de même les petits plats dans les grands pour que les amateurs trouvent leur compte et ce malgré l'absence cruelle d'un commentaire audio ou d'un réel making of. L'éditeur propose donc quelques documentaires tous plus intéressants les uns que les autres dans lequel le réalisateur se livre totalement sur sa réinterprétation du classique de John Carpenter.

Les suppléments s'ouvrent donc sur les chapeaux de roues avec les scènes coupées qui sont relativement nombreuses, puisque comme chacun sait, le film a connu deux montages, un dit " workprint " et adoptant un ton dans l'esprit de l'oeuvre du réalisateur et le second, officiel, représentant le film le plus proche des désirs des producteurs et de Zombie. Les deux versions étant radicalement différentes même si elles gardent le même schéma narratif, une multitude de scènes alternatives ont donc été coupées au montage et sont présentées ici, sans aucune explication ni commentaire, et incarnent l'esprit fantôme qui règne dans cet
Halloween définitif. D'une durée totale de plus de 20 minutes, ces séquences sont en générales sympathiques et plus ou moins dispensables, certaines n'étant que des moments très bavards... Cependant quelques perles tout de même pour les amateurs puisqu'est présente la scène dans laquelle Adrienne Barbeau refuse d'aider McDowell et toutes les séquences d'Udo Kier. Seule grande absente de ces scènes coupées, la séquence alternative de l'évasion, une scène de viol, qui fut remplacée dans la version définitive par une évasion beaucoup plus gore que choquante...
La fin alternative (3'47) est celle qui clôturait l'édition workprint et elle sera une grande surprise pour tous ceux qui ne l'ont jamais vue. En effet, correspondant à ce qui avait été originellement écrit dans le scénario, elle adopte radicalement le ton plus humain et moins " Slasher " du métrage et marque donc une prolongation directe du cinéma auquel nous a habitué Rob Zombie avec ces deux précédents films. Une très belle fin donc, moins percutante et hardcore que la définitive, mais qui possède un potentiel et une sensibilité extraordinaire qui aurait sans doute fait grincer des dents certains puristes...
Le bêtisier est un moment assez agréable puisque l'ensemble de sa durée (10'20) est tenu par Malcom McDowell, qui visiblement s'est beaucoup amusé sur le tournage ! En effet, l'acteur avec sérieux se lance dans des improvisations assez affolantes dans lesquelles il fait dire à son personnage, le docteur Loomis, des pronostics incroyables quant à la santé de Myers et le tout avec sérieux s'il vous plaît. Et quand ce n'est pas lui, c'est Tyler Mane qui profite de son masque pour faire flipper l'équipe. Un bon moment donc...
L'interview de Rob Zombie dure 8 minutes 40, période pendant laquelle le réalisateur va expliquer en détails ses choix narratifs et ses décisions quant à la direction du projet. Revenant aussi sur l'ensemble de la série, il explique quels étaient les enjeux réels de son adaptation. Peu avare en révélation, le monsieur se penchera aussi sur son expérience de réalisateur professionnel, entamée avec
House of 1000 corpses, et expliquera brièvement les faiblesses de chacun et ce à quoi il a tenté de remédier dans son
Halloween. Enfin, il évoquera son mode de travail, entre l'improvisation de certaines scènes et le travail scrupuleux sur d'autres.
Les différents masques de Michael Myers est un petit documentaire de 6'30 dans lequel sont expliqués par Zombie et par Wayne Toth, le responsable maquillage, les différents choix qui ont été faits pour la conception de ce nouveau masque, à la fois ultra respectueux et totalement nouveau. Plein d'anecdotes amusantes remplissent ce document dont celle qui explique que le masque de clown que porte Myers lors de sa première nuit sanglante a été acheté 12$ sur E-bay... Enfin, la featurette se termine sur ces centaines de masques qui furent créés pour la cellule de Myers.
Ré-imaginer Halloween est comme son nom l'indique un petit documentaire revenant brièvement sur l'oeuvre de Carpenter pour mieux expliquer en quoi la version Zombie est novatrice par rapport aux diverses suites et sur les étapes que la production a dû suivre pour arriver à ce résultat à la fois hommage, remake et film original. Ce document dure six minutes et est animé par Zombie et un des producteurs exécutifs.
Anthony Tremblay, le directeur artistique du film, anime cette
featurette de plus de cinq minutes, consacrée aux décors et à leurs conceptions. Zombie est aussi là pour nous expliquer ses choix esthétiques et tous les décors sont expliqués ainsi que certains détails amusants comme les changements de saisons artificiels pour les besoins du film.
Enfin, un
documentaire de 7'20 revient sur l'ensemble des effets spéciaux et sur tous les maquillages, le film étant, dans l'ensemble, peu avare en effets sanglants. Les maquilleurs nous expliquent les procédés pour réussir la prise d'un bon coup de couteau dans le ventre et les plans d'égorgements sanglants. Un reportage amusant, intéressant et ludique.
Rencontre avec les acteurs est le dernier reportage de ce DVD et est un moment sympathique puisque comme son titre l'indique, il regroupe l'ensemble des comédiens, aussi bien les récurrents du film que les amis de Zombie qui vont de leurs petits caméos : aussi en plus de la présence de McDowell et du génial Brad Dourif, Sid Haig et notre Dee Wallace Stone préférée sont aussi de la fête, pour une durée totale de 18 minutes.
Les suppléments se clôturent sur deux bonus sympathiques, le premier étant les vidéos de casting des jeunes comédiens tels que Scout Taylor-Compton par exemple (18'25) et quelques essais filmés dans les bureaux de production ou sur des parkings (7'50).
Une édition donc relativement complète malgré les deux absences cruciales (l'autre version du film et un commentaire audio) et qui procurera un réel bonheur pour tous les fans du film, de la série ou du réalisateur. Cependant l'ensemble, malgré ce potentiel jubilatoire, aura une fâcheuse tendance à frustrer, les fans considérant sans doute qu'ils auraient pu être un peu plus récompensés pour leur soutien au film de Zombie malgré une sortie technique des plus honteuses.