Hannibal

Test interactivité

4/5
Hannibal bénéficie d'une édition luxueuse sur 2 DVD de la part de l'éditeur Gaumont.


PREMIER DISQUE

Les beaux menus animés et musicaux, à la fois sobres et efficaces, (en 16/9ème) donnent accès aux 32 chapitres par l'intermédiaire de vignettes fixes et muettes. Par le truchement d'une navigation simple et bénéficiant d'une belle mise en page des textes, vous pourrez sélectionner le commentaire audio de Ridley Scott, sous-titré français. Le réalisateur parle surtout de l'histoire et de la narration. En effet, Scott s'étend longuement sur la construction de son film d'un point de vue dramaturgique et aborde très rarement les aspects techniques. Il argumente ses choix concernant le déroulement de l'histoire et met en lumière les motivations internes de ses personnages. Moins bavard que sur le DVD de Gladiator, le metteur en scène insiste longuement sur le point central de son film, la relation entre Clarice et Lecter, qu'il caractérise par un seul mot : l'affection.


DEUXIEME DISQUE

Cette deuxième galette regorge de suppléments. Les menus animés ou non sont fort bien réussis. Ce qui frappe surtout, c'est la qualité de présentation de ces bonus et la clarté de la navigation. Pour chaque élément, nous connaissons à l'avance sa durée et la langue ainsi que les sous-titres proposés.


LE SILENCE ROMPU

C'est incontestablement le gros morceau puisqu'il s'agit d'un making of de plus d'une heure (1'13'06, stéréo, 4/3) divisé en cinq parties reprenant les grandes phases de la production du film. La Genèse (16'03) revient sur le développement du script et le choix des acteurs. Dino et Martha de Laurentiis, épaulé par Anthony Hopkins et Julianne Moore, évoquent l'écriture, les déclarations de Demme et d'Hopkins à l'époque, le livre de Thomas Harris et le désistement de Jodie Foster. La partie Tournage (19'40) nous donne à voir l'équipe au travail à travers différents lieux : l'opéra, la scène du festin, la scène des sangliers, la scène de la gare. Même si Ray Liotta (un excellent acteur souvent sous-exploité) s'ajoute aux intervenants précédemment cités, l'ensemble frustre quelque peu le spectateur. Les images du tournage ne sont pas très bien montées et ne rendent pas compte de la vraie atmosphère du tournage. Mais cette partie est surtout plombée par les interviews riches en autocongratulations. La section Maquillage (13'22) s'avère passionnante. Les techniciens reviennent sur tous les effets qu'ils ont eu à utiliser. Comme d'habitude, ces gens parlent avec passion de leur métier et leur enthousiasme est communicatif et leur travail remarquable. A travers la partie Musique (14'16), comme pour Gladiator, Hans Zimmer s'exprime sur son art. Bien que le discours soit sensiblement le même que sur sa précédente collaboration avec Scott, sa participation à un making of dont sont le plus souvent écartés les compositeurs de BOF, montre qu'il est l'un des compositeurs les plus prolifiques de sa génération. La dernière partie, faussement intitulé Réactions (12'37, mais il n'y en a aucune...de réactions !!), nous emmène à toutes les avant-premières et projections spéciales programmées avant la sortie du film sur le territoire américain. C'est un document ultra-promotionnel sans grand intérêt. Le jeu consistera à reconnaître toutes les personnalités du 7ème art invitées à ces projections qui traînent ensuite leurs basques le temps d'une photo lors des soirées organisées à l'issue du film.


ETUDE MULTI-ANGLES

Dans cette section, l'éditeur propose de voir plusieurs documents qui mettent en lumière le travail sur le montage, le storyboard et la conception du générique en utilisant les capacités multi-angles des lecteurs.

  • Anatomie d'une fusillade

  • Une première ! La scène d'ouverture fut filmée à quatre caméras. Le DVD vous propose de voir individuellement ce qu'a filmé chaque caméra. Excellent exercice de spatialisation qui permet de comprendre comment ce construit une scène d'action (par ailleurs très réussie) et le montage. Pour chaque caméra, le spectateur dispose des indications de focale, d'exposition, de la machinerie utilisée (technocrane, dolly ou travelling) et du nombre d'images par seconde. A chaque caméra, correspond un son direct. Pour finir, vous pouvez voir l'image des quatre caméras en même temps pour voir ensuite la scène telle qu'elle a été montée. Malheureusement, l'interactivité s'arrête là et on ne vous propose pas de faire votre propre montage.
  • Ridleygrammes

  • . C'est le nom donné affectueusement aux storyboards dessinés par Ridley Scott lui-même. Homme d'images ayant une formation graphique, le réalisateur nous explique sa manière de travailler avec ces storyboards. En appuyant sur la touche ''angle'', vous avez la possibilité de voir les planches en plein écran. Une nouvelle pression sur cette touche donne à voir ces mêmes planches comparées aux images du film réellement tournées.
  • Conception du générique

  • Ce supplément nous propose de revenir sur le générique conçue par Nick Liversey. Après une petite introduction texte, 4 possibilités s'offrent à l'utilisateur : voir le montage définitif, le pré-montage, les prises de vue des pigeons ou bien encore les carnets de croquis de l'artiste. Plusieurs choix sonores sont également disponibles : le mixage final, le pre-mixage, le commentaire audio sous-titré de Nick Liversey ou bien encore le commentaire de R.Scott, lui aussi sous-titrée. L'ensemble est particulièrement intéressant mais n'évoque pas une faute artistique que nous avons repérée. En effet, le film possède deux génériques graphiquement différents. Un pré-générique avec le titre du film et celui-ci qui n'est pas du tout dans le même ton.


    SCENES COUPEES

    Autre gros morceau de l'interactivité, ces scènes sont sous-titrées français. Toutes ces scènes seront sans doute incluses, vous le savez peut-être déjà, dans la version de trois heures que Ridley Scott a préparé pour la télévision américaine en 2003 (?!!).

  • Le marché aux poissons
  • (1'38)
    Elle propose un montage un peu plus long de la réaction de Clarice face à sa ''bavure''.

  • L'hopital désaffecté
  • (4'27)
    Cette scène, malheureusement supprimée parce-qu'elle créait une ''fausse alerte'', posait pourtant une ambiance qui rappelait le premier opus. Elle montre d'ailleurs Clarice retourner à l'hôpital pour retrouver les dossiers de Lecter sur lequels elle avait travaillé 15 ans plus tôt.

  • La radiographie
  • (0'38)
    Un médecin montre à Clarice deux radios du bras d'Hannibal Lecter prises à 15 ans d'écart.

  • Chère Clarice
  • (4'25)
    L'éditeur propose ici un montage beaucoup plus long de l'écriture de la lettre à Clarice. On y voit des images supplémentaires très ''carte postale'' de Hannibal Lecter se promenant dans Florence, jouissant des derniers instants de sa ''retraite''.

  • Les recherches de Pazzi
  • (0'39)
    L'inspecteur Pazzi téléphone à un mystérieux personnage...

  • Romula
  • (0'50)
    Cette séquence introduit un autre personnage, Romula, femme pickpocket notoire. A l'origine, dans le script, Pazzi recrutait deux voleurs pour tenter de récupérer des preuves qu'il s'agit bien de Lecter. Ridley Scott a jugé trop long et trop complexe de mettre en scène deux personnages pour un vol de portefeuille qui n'avait qu'un unique but (que l'on ne révèlera pas)

  • Il nostro case
  • (0'20)
    C'est un montage plus long des scènes déjà existantes et qui permettait d'évoquer une autre affaire, plus importante, sur laquelle travaillait Pazzi. Reprenant son rôle de ''conseiller'', pivot du Silence des Agneaux, Hannibal Lecter lui donne des indices. Cette scène avait le mérite d'enrichir les deux personnalités.

  • Lecter quitte Florence
  • (1'29)
    Après avoir exécuté son forfait, Lecter fait une halte devant une charmante boutique d'instruments de musique. Le réalisateur souhaitait montrer l'extrême raffinement du personnage, mais il n'a pas jugé l'idée intéressante.

  • La visite de Barney à Mason Verger
  • (1'02)
    Cette scène se situe au début du film. En arrivant à la maison, Barney croisait un camion transportant des sangliers. A l'origine, l'ensemble de la scène devait arriver bien plus tard. Le monteur ayant décidé de la mettre au tout début, Scott a voulu supprimé cette étrange rencontre pour ne pas, dès le début, suggérer au spectateur l'idée des sangliers de Verger.

  • Le retour aux Etats-Unis
  • (0'27)
    Lecter est dans l'avion en route vers les Etats-Unis. On comprend aisément cette suppression.

  • La convoitise
  • (1'55)
    Dans cette scène, lorsque Clarice fait son jogging, la présence de Lecter n'est plus suggérée mais réellement montrée. Il profite de son absence pour s'introduire dans sa voiture, respirer son parfum et lécher le volant. Scott trouvait que ce geste dégradait l'image de Lecter qu'il souhaitait très élégant.

  • Un repas raffiné
  • (1'18)
    En entrant dans une boutique pour acheter de beaux couteaux de cuisine, Hannibal tombe sur les news à la télévision informant les téléspectateurs de la suspension de l'agent Clarice Starling.

  • La fin alternative
  • (6'16)
    Ce n'est pas une autre fin, mais plutôt un montage alternatif. Dans cette version, Clarice ne met pas les menottes à Hannibal et la notion de sacrifice disparaît du même coup. Difficile de dire quelle version est préférable puisque, de manière plus ou moins réaliste, elle propose chacune un sentiment sous-jacent différent.


    AMUSE-GUEULES

    Dernière partie de l'interactivité, ces ''amuse-gueules'' regroupent le Teaser (4/3, composé de textes et d'une image du premier volet) et la Bande-annonce (4/3), assez réussie et montée sur la musique du film de Demme. Vous y trouverez également l'intégralité des 19 TV Spots que l'on peut voir séparément ou à la suite sans repasser par le menu (excellente initiative !). Les deux premiers sont particulièrement convaincant esthétiquement. La section Photos de production regroupent pas moins de 370 photos en 16/9ème regroupées par décor (Virginie, Florence, opéra, gare) sans oublier les effets spéciaux de maquillage, les photos de tournage, la conférence de presse. Le Portfolio des affiches regroupe toutes les études sur la conception graphique du matériel promotionnel. La cinquantaine d'affiches, montre, une fois de plus, la réelle qualité des graphistes outre-atlantique : certaines sont magnifiques !


    Cette riche interactivité se conclue sur les Crédits DVD. Nous vous laissons chercher, au gré de votre navigation, les menus cachés qui ponctuent cette édition en tous points exceptionnelle. On regrettera simplement le caractère trop ''auto-promotionnel'' de certains suppléments. Mais ceux qui tournent autour du processus de création sont dignes d'intérêt surtout lorsqu'ils sont agrémentés d'intervention pertinente du réalisateur. On salue l'effort consenti pour un film finalement loin d'être réussi ! On attend des éditions tout aussi complètes d'anciens chef d'oeuvres du catalogue Gaumont.

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