Toujours pas de chapitrage.
a) Le film. Pour voir le film immédiatement.
b) 3 scènes alternatives (durée 15'23''). En fait il y a 6 ou 7 scènes et non pas trois, mais Morrissey les a groupées en 3 familles dans le commentaire audio. On peut donc distinguer :
- la discussion de Jessie avec sa mère concernant le bébé, le fait qu'elle n'est pas lesbienne, le fait que Jessie a été en hopital psychiatrique et le fait, dominant la séquence, qu'elle est défoncée et à moitié folle et que Sally, sa mère est une pile électrique qui tente de lui faire comprendre les exigences de la société d'Hollywood concernant sa réputation (6'26'').
- discussion complémentaire au sujet du père probable du bébé de Jessie en présence de Bonnie, la copine de Jessie (7'23'').
- Joe passe un coup de téléphone à son agent et se fait quasiment rembarrer, ce qui l'énerve (8'12'').
- Joe discute avec sa logeuse qui lui masse le dos et le drague. (10'25'')

Une des scènes alternatives de HEAT (1972)
- La même scène mais avec un dialogue différent.
- Joe parle à sa logeuse de son agent, pendant qu'il repose sa tête entre ses jambes et lui caresse les seins.(12'18'').
- Ils sont interrompus par Jessie, toujours aussi défoncée, ce qui provoque la colère de la logeuse qui lui reproche d'entrer dans sa chambre sans frapper. Elle explique qu'elle s'est brûlée à la tête en allant aux toilettes dans sa propre chambre et prononce des phrases incohérentes. La logeuse la chasse de sa chambre sous le regard médusé et un peu angoissé quoique " cool " de Joe qui commence à comprendre que le motel où il a élu domicile ne sera pas un endroit de tout repos.
c) Scènes alternatives avec commentaire audio du réalisateur (durée : 12'16''). Morrissey commente la première " famille " de scène : Sylvia Miles et sa fille. Il donne de précieuses indications sur Andrea Feldman : elle était fine et inventive. Il considère que les scènes alternatives de Trash et Heat ont un point commun : elles sont des extensions de dialogues qui magnifient l'humour des acteurs. Elles ne déméritent pas par rapport au reste : elles prouvent que les acteurs donnaient le meilleur d'eux-même à chaque prise et que son matériel de montage était riche à cause d'eux et aussi à cause des dialogues qui sont l'élément principal permettant de capter l'intérêt du spectateur pour les personnages. Il explique qu'un réalisateur qui écrit ses dialogues ne peut le faire que dans un seul genre : l'humour. Pas pour un film policier, fantastique : seulement dans le cas de l'humour. Le sien, il considère qu'il est une filiation de celui de Josef von Sternberg et il refait référence à nouveau à L'ange bleu, cite aussi Morroco et Shanghaï Express du même von Sternberg avec la même Marlène Dietrich.
Il commente la scène de téléphone de Joe, très courte mais à laquelle il ne confère pas moins d'importance qu'aux deux autres familles bien plus longues, en expliquant la difficulté pour un acteur d'être expressif dans une telle scène et le fait que Dallesandro y parvient sans effort.
Enfin les commentaires des scènes avec la logeuse sont l'occasion de remarques fondamentales sur la Trilogie dites en passant et pas entendues ailleurs. À commencer par le fait que selon lui, le personnage le plus foncièrement positif des trois films est celui d'Holly dans Trash. Parce qu'elle veut créer une famille à partir de sa simple idée mais qu'elle a la volonté de la créer. Heat marque la chute voire l'éclatement de cette idée. Morrissey considère qu'il a retranscrit la faillite du mode de vie hollywoodien et californien en général dans la famille aberrante de Heat et que le personnage emblématique de ce mode de vie est l'idiot qui se masturbe au bord de la piscine. Il donne aussi en passant une nouvelle définition de la trilogie : elle dépeint très scupuleusement des " être sympathiques qui vivent dans un monde consternant ".
d) Clip Paul Morrissey (durée : 02'53'')
Quelques images et photos ou scènes filmées des différentes époques de la vie de Morrissey. Meilleur et contenant un matériel plus riche que les deux autres clips des deux autres disques... ça tient peut-être au fait qu'ici on sent un authentique résumé plastique d'une biographie.

Clip Paul Morrissey
e) C.-M. de Paul Morrissey : (durée : 09'30'') The Origin of Captain America (v.o. muette, couleurs, 1964, 1.33). Tourné à nouveau en gros-plan. Un jeune homme brun lit la bande dessinée homonyme (en édition originale d'époque semble-t-il) de Stan Lee des années 1940 ou 1950 qui raconte la " création " scientifique d'un jeune homme en surhomme (le fameux Captain America parodié par le " Captain Freedom " interprété par Jesse Ventura dans The Running Man [Running Man] (USA 1987) de Paul Michael Glaser) au service des USA dans la lutte contre les espions nazis pendant la WWII. Il est très intéressé par la vision des planches successives qui dialoguent en champ - contrechamp avec son visage. Une fois achevé sa lecture, il se lève et jette un oeil farouche à la caméra.


THE ORIGINE OF CAPTAIN AMERICA de Paul Morrissey
f) Heat en 1972 (durée : 1'40'') : encore un clip d'actualités artistiques et politique et sociologique de l'année sonorisé et monté de la même façon que ceux des deux disques précédents. On y croise le massacre de Munich, l'élection du Président Nixon, le Viêt-Nam, la culture de la marijuana, Bob Marley, Stevie Wonder, la président Mao, Tout va bien (France 1972) de Jean-Luc Godard, Le charme discret de la bougeoisie (France 1972) de Luis Bunuel, The Godfather [Le parrain] (USA 1972) de Francis Ford Coppola, Deliverance [Délivrance] (USA 1972) de John Boorman, Clocwork Orange [Orange mécanique] (USA 1972) de Stanley Kubrick, Fritz The Cat de Ralph Bakshi etc... et finalement une très belle affiche allemande de Heat présentant la célèbre photo de Sylvia Miles nue aux pieds de Joe Dallesandro, le regardant et le désirant.

FRITZ THE CAT de Ralph Bakshi, un evênement cinématographique de 1972
Critique technique : Francis MouryIllustrations : Abbot