Commentaire audio :Bien qu'académique, quasi automatique, sans un seul temps mort (comment arrive t-il à respirer ? ), et très redondant avec le making of que l'on préféra tout naturellement, le commentaire audio de Guillermo Del Toro seul derrière son micro (l'accompagner de Mike Mignola n'aurait pas été une mauvaise démarche) n'en demeure pas moins une gigantesque mine d'information. Autant s'y faire, pas de rigolade à l'horizon et seules les références fusent de toutes part, qu'elles viennent du coté de Lovecraft, de Kirby, de la bande dessiné tous azimuts, ou bien encore de Ray Harryhausen dont on apprendra qu'il a refusé de travailler sur le film. Si la suite relève du commentaire audio classique, on se lassera par moment de l'insistance du réalisateur à bien vouloir nous faire comprendre qu'il n'a pas voulu surfer sur une mode et qu'il avait le projet en tête depuis longtemps. Les "J'y avais pensé avant les
X-men" devenant rapidement agaçant. Pour le reste, les fans du film se réjouiront de l'ouverture d'esprit du bonhomme ne leur cachant aucun secret de fabrication.
Hellboy la genèse (143min) :On se souvient encore de l'énorme interactivité de
Blade 2 et de son épatant making of d'1 heure 20, journal de bord absout de toute autosuffisance et décorticage jusque dans le moindre recoin d'un film de genre comme on aimerait en voir plus souvent. Avec
Hellboy et son univers encore plus spectaculaire, Guillermo Del Toro met les bouchées doubles en nous invitant pendant plus de 2h20 à suivre chronologiquement toute son équipe de tournage sur ses 176 jours de production. Brut de décoffrage, pratiquement aucune interview pompeuse, musique, ou bande annonce trafiquée en "behind the scene" ne viennent perturber une équipe soudée d'artisans du septième art filmés pour la plupart par surprise alors qu'ils peaufinent costumes, effets spéciaux mécanique ou la préparation de certaines cascades.
Non seulement passionnant, le documentaire est en plus drôle.
Le plus gros point fort du documentaire réside encore dans le confort narratif qu'il propose. En effet au lieu d'enchaîner la pré production, puis les essais, puis le tournage, puis les effets spéciaux numérique puis la musique obligeant chaque spectateur d'attendre patiemment son secret de fabrication favori, on préfère ici suivre au jour le jour le tournage de chaque scène en la complétant avec les divers attributs la concernant. Ainsi, par exemple, si au 80ème jour de tournage la scène de natation d'Abe Sapien se met en boite, on nous propose également ses nombreux dessins préparatoires, le maquillage de l'acteur et la conception de sa doublure en 3D. Même schéma quelques minutes plus tard soit aux alentours du 100ème jour pour le tournage du réveil de Kroenen, puisqu'en plus des prises vues, on nous propose simultanément la conception du pantin, de l'animatronique de son visage et de sa main réalisée par une épatante équipe espagnole. Une implication totale du spectateur dans les arcanes d'une grosse production ne nous cachant pas ou peu de secrets. Un modèle à suivre.
Scènes supplémentaires (4minutes28) :Si ces trois malheureuses scènes avaient un intérêt dans l'édition double disque parue en Zone1 l'été 2004, elles s'avèrent désormais inutiles car déjà présentes dans le montage français. Entre Kroenen cassant un morceau de glace, Liz et Myers dans un taxi et Raspoutine rachetant le mur de l'armée russe, rien de neuf à l'horizon, si ce n'est de détecter une partie de ces scènes rajoutées dans la version longue.
Tests maquillage et lumière (7min20) :Il s'agit tout simplement des divers effets d'éclairage testés en pré production sur le maquillage de Ron Perlman pour observer la façon dont il reçoit la lumière et tenter de conserver le rouge vif de sa peau. Le tout commenté par le directeur de la photographie.
Les effets visuels :Proposé en trois courtes parties, cet atelier propose de découvrir premièrement comment fut créée l'explosion de l'hôpital Bellamie (5min49), principalement conçue à partir de modèles réduits ayant également servi à la conception de l'ascenseur industriel au début du film. La seconde partie dévoile la conception de la scène finale (4min) pratiquement réalisée en 3D dans son intégralité, que cela concerne le monstre comme les décors. La dernière (2min54) nous abreuve de détails quant à la conception des flammes sur le corps de Liz.
Petit guide sur les comics (12min19) :Scott McCloud, vraisemblablement expert en comics, nous retrace l'histoire de cet art en allant chercher ses sources dans les gravures moyenâgeuses et en défendant, fallait s'y attendre, l'oeuvre de Mike Mignola.
On regrettera de ne pas trouvé un second disque nous proposant l'intégralité des bonus de l'édition 3 DVD, mais l'on retrouve ici globalement le meilleur du lot.