Commentaires audio :Dans la catégorie "Très lourd", Eli Roth n'a pas ménagé les concepteurs du DVD à qui il s'est empressé de fournir non pas un, mais quatre commentaires. Et à la question "Pourquoi en faire autant ?", le jeune réalisateur prend les devant en expliquant qu'il a énormément de choses à dire non seulement sur son film, mais également sur l'incroyable industrie du cinéma d'horreur, en partitionnant les points qu'il souhaite évoquer par tranches bien singulières. Courageux sera celui qui acceptera de toutes les écouter d'une traite pour le plaisir ! Tout seul donc, Eli parle de son évolution depuis
Cabin Fever, de son succès éclair, de sa participation en tant que conseiller sur de nombreux autres sans même y être crédité (bon nombre des remakes de ces dernières années) sans réellement nous éclaircir sur ce qui se déroule à l'écran, se dévoilant même par moment un bon guide pour découvrir quelques oeuvres underground, par simple passion. Et ce, à un débit de parole assez incroyable. Eclaircir, c'est une chose qu'il préférera faire plus mécaniquement sur une seconde piste résolument plus informative, accompagné de son co-producteur avec qui il décrira plus précisément les rouages de la pré-production, mais également avec son propre frère qui s'est personnellement chargé de réaliser le making of.

Le vrai compromis et surtout le moins laborieux dans la sélection des commentaires sera assurément celui auquel Quentin Tarantino et les autres producteurs exécutifs participent. En plus de revenir en détail sur quelques anecdotes aussi débiles pour les unes, que réellement riches de sens pour les autres, la joyeuse bande aura le mérite de proposer un petit moment vraiment fun, s'amusant essentiellement à imaginer à brûle-pourpoint des idées nouvelles qu'ils auraient pu incorporer dans le film, sans jamais se prendre au sérieux. Moins hystérique que sur le commentaire d'
Une nuit en enfer - où il ne se retenait vraiment plus - Tarantino n'en reste pas moins assez nerveux et constamment enjoué par les excès des séquences folles. Enfin, le dernier commentaire nettement moins ludique se présentera sous la forme de 3 interviews réalisées par Roth devant le film. Il y interrogera successivement, et dans le désordre, comédiens, comédiennes et chef monteur, mais surtout notre lointain collègue du net Harry Knowles (et un peu de pub pour vous rappeler que votre Romain Le Vern favori se prête à l'exercice sur le disque
De Battre mon coeur s'est arrêté) qui innove en proposant ici le premier commentaire audio par téléphone... Tout un programme qui se résumera essentiellement à une fascinante conversation entre deux passionnés de cinéma qui dérange.
Dissection Partie 1 (26min56)Il est presque ingrat de vendre ces documentaires comme trois pauvres featurettes reléguées en second plan puisqu'il s'agit surtout d'un vrai making-of plus récréatif qu'informatif mais qui a le mérite de dévoiler une ambiance de tournage dans ce que le métier peut vraiment avoir d'amusant. La première partie s'intéresse essentiellement à la pré-production et dévoile plutôt une bande de potes que des collègues, réglant les derniers points avant le tournage et parfois d'une manière inattendue. Une actrice se désiste parce que son père lui interdit de jouer dans un film pareil, le méchant du film - l'homme d'affaire hollandais - n'a toujours pas trouvé l'acteur qui lui donnera vie quelques jours avant le tournage, et d'autres petites anicroches seront dévoilées dans un journal de bord qui, étrangement, s'intéresse plus à toutes ces petites choses qu'on ne verra pas dans le film. Entre autres : une distribution de jouets en bois à toute l'équipe pour taper sur le système des ingénieurs du son...

Dissection Partie 2 : (14min31)Suite logique des choses, ce documentaire s'intéresse désormais au tournage, toujours dans un ton bon enfant et toujours sous la forme d'un journal de bord assez décousu et ne cherchant pas particulièrement à suivre une narration quelconque. Les choses viennent comme elles sont et l'on retrouve pêle-mêle : les parents d'Eli Roth en visite sur le plateau, le tournage des scènes chaudes - avec réaction de l'équipe - comme des scènes gores dévoilant par ailleurs la grande qualité des effets spéciaux, mêmes dévoilés hors film. Une bonne occasion de découvrir les nombreux figurants locaux, aspergés au visage par du sang pour les uns, ou tentant de parler anglais en phonétique pour les autres. Gai, bien emballé, et presque trop court.
Dissection Partie 3 (13min57) :On reste dans la continuité avec ce dernier chapitre donnant toujours la part belle aux pantalonnades de groupe, qu'il s'agisse de blesser involontairement, de faire une bonne blague ou de rendre malade la moitié de l'équipe dans la scène du "boucher" où de la vraie viande - s'avariant rapidement - a été utilisée. Pourtant l'un des plus chouettes moments résidera dans la rencontre, presque aussi éclair dans le film que sur le tournage, entre Eli Roth et Takashi Miike, qui en grand professionnel n'a eu besoin que d'une seule prise.
Enfin, outres les bandes annonces de l'éditeur (qui honteusement ne propose même pas celle du film), l'interactivité de
Hostel s'achèvera sur une
scène en multi-angle (2min28) où l'on pourra mieux observer les bambins détruire totalement une voiture dont un, las de voir les fausse pierres en mousse rebondir sur le sol, finira par en utiliser une vraie...