L'interactivité du
premier disque est identique à la version simple déjà éditée chez MK2 :
Présentation du film par Serge Toubiana (4'22) : à travers des photos du film, Toubiana nous raconte brièvement la genèse du film de Marcel Carné tiré du roman d'Eugène Dabit. Il replace le film dans son contexte, évoque les phases du scénario et le choix des acteurs du film dont Annabella devait être la star. Présentation rapide mais idéale avant de regarder le film.
Entretien avec Marcel Carné (8'57) : interviewé par Jacques Chancel en 1989, Carné, toujours aussi alerte, revient sur ses débuts au cinéma et sur quelques films de sa carrière. Le cinéaste dit avoir toujours fait les films qu'il avait eu envie de faire malgré les conflits avec certains producteurs. Carné reprend quelques anecdotes qui seront à nouveau racontées dans le premier documentaire du second disque dont quelques unes sur sa collaboration avec Prévert.
Témoignage d'Henri Jeanson (7'50) : le co-scénariste et dialoguiste du film se lâche complètement dans une courte mais jubilatoire interview réalisée en 1959. Il évoque les personnages, les difficultés d'adaptation d'un roman au cinéma, parle avec bonheur d'Arletty et de Louis Jouvet. On apprend que le décor du film coûtait à l'époque 150 000 francs et que le tournage s'est déroulé sur quatre semaines. Jeanson ne peut s'empêcher d'égratigner poliment la Nouvelle vague qui critiquait Carné, en particulier François Truffaut. Très attachant.
Arletty (1'40) : court mais précieux document datant de 1969 où Henri Jeanson parle de la fameuse réplique d'Arletty (" C'est elle qui l'a rendue célèbre "). Arletty apparaît pendant un court instant et malgré ses 70 ans, on reconnaîtra la voix inimitable de l'actrice. Elle dit que malgré le succès du film, cela ne l'a pas changée.
Arletty par Jacques Prévert (1'22) : sur une photo de l'actrice, Prévert parle d'Arletty avec l'immense talent qu'on lui connaît. Le son est un peu sourd mais ce court segment est indispensable.
Le décor d'Alexandre Trauner (3'55) : dans une première partie, une voix-off nous parle de la construction des décors du film à travers des illustrations et des photos de sa construction. Ensuite, Trauner (en 1980) entend un poème écrit par Jacques Prévert à son intention. Le décorateur ne peut s'empêcher d'avoir la larme à l'oeil et évoque brièvement la forte relation qu'il y avait entre eux.
Bande-annonce du film (4'26) non restaurée et qui ne tient pas la comparaison avec l'image nettoyée du film.
La collection MK2 (11'22) : bandes-annonces de Remorques (3'02), à nouveau Hôtel du Nord (4'26) et un pot-pourri des films dispos chez l'éditeur comme la collection Truffaut, Chabrol...
L'interactivité du disque 2 est complètement inédite et consacrée au metteur en scène Marcel Carné.
Marcel Carné, ma vie à l'écran (53'19) : réalisé en 1994, Carné est interviewé par Didier Decoin. Il évoque sa carrière à travers de nombreux extraits de ses films, de nombreuses anecdotes et des souvenirs de tournage. Il retrace les étapes et les rencontres décisives de sa vie vouée au septième art. Ce documentaire réalisé par Jean-Denis Bonan est passionnant et richement illustré. Carné explique qu'il n'a vraiment jamais eu la vocation et pensait peut-être au pire devenir assistant-réalisateur. Il parle de son enfance et de ses parents en commentant quelques photos de sa jeunesse. Destiné à devenir ébéniste comme son père, c'est par le plus grand des hasards qu'il se retrouve jeune assistant de Jacques Feyder après un dîner surprise en compagnie de la femme du cinéaste Françoise Rosay. Carné revient sur son premier film, sur ses plus grands succès comme Quai des Brumes, Les Enfants du Paradis (" J'ai été fou de me lancer là-dedans en pleine guerre ! "), Drôle de drame (" Vous avez dit bizarre ?! "), Le Jour se lève (premier film français utilisant le flash-back comme procédé narratif), Les Visiteurs du soir, La Fleur de l'âge (tournage interrompu en 1947), Thérèse Raquin (1953), L'Air de Paris (1954), Les Tricheurs (1958)...avec une passion communicante. La deuxième partie du documentaire se penche sur la relation Carné / Prévert avec le rendez-vous au Café de Flore où ils travaillaient ensemble. Cour extrait d'interview de Jean Gabin qui parle du " Môme Carné ". En 1967, il réalise Les Jeunes loups, La Merveilleuse visite en 1974, son dernier film de fiction pour lequel il a beaucoup d'affection et qui raconte la venue d'un ange sur Terre. La dernière partie de ce long et passionnant segment est consacrée à la fin de carrière du cinéaste avec des rushes de " Mouche " adapté de Maupassant en 1992 dont le tournage a été interrompu 8 jours après le premier clap pour manque d'argent. Marcel Carné voulait réaliser Germinal et surtout La Reine Margot dont il avait déjà écrit le scénario.
Un documentaire émouvant, passionnant, dont l'amour du cinéaste pour le septième art transpire à l'écran. Indispensable.
Carné, vous avez dit Carné ? (30'13) : encore une fois réalisé par Jean-Denis Bonan (en 1994), on ne peut s'empêcher de ressentir la redondance de certains propos évoqués dans le précédent documentaire. De plus les extraits proposés sont exactement les mêmes ! François Forestier et Jean-Pierre Jeancolas (historien du cinéma) analysent la carrière et le cinéma de Marcel Carné à travers des photos de tournage et des témoignages (entre autres de Michèle Morgan). Ils replacent les films de son auteur dans leur contexte historique, politique et cinéphile. On retrouve Henri Alekan (directeur de la photographie) qui évoque un metteur en scène très exigeant avec ses collaborateurs, Didier Decoin, Annie Girardot, Jean Gabin, Jean-Pierre Aumont qui se promène le long du Canal Saint Martin et où il parle du tournage d'Hôtel du Nord. On apprend que parmi la centaine de projets non réalisés par Carné se trouvait un Mary Poppins.
30 minutes où finalement le spectateur n'en apprend pas plus que dans le documentaire précédent, redondant et donc facultatif.
Marcel Carné, fragments et anecdotes (34'52) : il s'agit en quelque sorte du making-of des deux précédents segments. En 1994, Nicolas Baulieu a commencé le tournage d'un documentaire consacré à Marcel Carné. Comme l'indique la jaquette, la rencontre est drôle et attachante. Les images sont tirées d'entre les prises et Carné ne peut s'empêcher de donner des conseils au réalisateur du documentaire. Encore une fois, certaines anecdotes ont déjà été entendues à plusieurs reprises. On aperçoit Michèle Morgan se préparer pour l'interview ainsi que Didier Decoin. C'est bien mais il faut bien avouer qu'on s'en moque un peu. On se rend compte que les propos tenus ne sont pas vraiment spontanés mais mis en scène et répétés. " Fragments et anecdotes " met en avant l'homme qu'était Marcel Carné, modeste et drôle. Au passage, Carné parle de Les Nuits fauves de Cyril Collard, film qui avait retenu toute son attention et qu'il adorait. Certaines images 35 mm de ce segment ont été intégrées à " Carné, vous avez dit Carné ? " et " Marcel Carné, ma vie à l'écran ".
Réalisé en 1995, ce segment ne vaut que pour la sympathie et le charisme émanant du cinéaste.
Bandes-annonces : Un chien qui rapporte (1'58, 1931), La Chaleur du sein (2'06, 1938) et Hôtel du Nord (1'57, 1938).