I, Robot (collector)

Test interactivité

4/5
Si l'édition 1DVD disponible le même jour s'avère bien fournie déjà en suppléments, notamment en commentaires audio, la collector critiquée ci-dessous se montre largement plus complète.

DVD 1
(identique à l'édition 1DVD)

Des menus animés et sonores, bien nerveux et arborant un style visuel assez épuré s'approchant de documents d'archives. Malheureusement, passé la première boucle la luminosité de l'image empêche quelque peu de lire les options, mais passé 2-3 secondes tout redevient normal.



Commentaire audio d'Alex Proyas et Akiva Goldsman
Enregistré en Juin 2004, six semaines avant la sortie du film au cinéma, ce commentaire regroupe le réalisateur du film et le dernier scénariste à avoir retouché le script, Akiva Goldsman, enregistrés séparément. Malgré le manque évident de recul des deux hommes, ils parviennent ensemble à aborder les divers aspects de la genèse du film, premièrement tout ce qui a attrait à son écriture. Si on peut regretter que quelques fois leurs propos se contentent d'expliquer à nouveau l'histoire, certains points soulevés valent le détour, tendant à montrer que tout a été mis en oeuvre pour que le spectateur comprenne toute l'intrigue et puisse se focaliser sur ce qu'elle recèle de plus profond. Ainsi les trois lois sont montrés dans le générique mais répétées plus loin, le script prend le parti d'un personnage extérieur pour que l'on comprenne mieux les évènements qu'il découvre en même temps que lui, ... Toute la recette d'un blockbuster bien calibré.


Alex Proyas et Will Smith sur le tournage de I, ROBOT

Au fur et à mesure Goldsman approfondit son approche du scénario et son travail dessus, tandis que Proyas s'axe totalement sur la mise en scène, les très nombreuses astuces pour se jouer du budget qui restait assez limité pour un film d'une telle envergure, etc. Mais le plus intéressant reste l'achèvement de cette piste, où Proyas se lâche enfin et évoque sa peur au moment présent de la réaction du public face au film et à sa fin. Parlant sans langue de bois du studio (mais en évitant de donner des noms), il évoque sa bataille pour que la fin d'I, Robot reste au moins un peu mystérieuse, évoquant le ras-le-bol des spectateurs pour les films qui s'oublient à la sortie de la salle. Mission réussie ? Les réactions du public semblent dire que non, mais il reste à voir sur le temps ce qu'il en restera ou rejaillira.
Au final, un commentaire audio intéressant, manquant un brin de passion sur sa longueur, mais dévoilant énormément d'aspects sur l'écriture du film et sa mise en scène.


Alex Proyas sur le tournage de I, ROBOT

Commentaire audio de l'équipe technique :
Un nombre impressionnant d'intervenants se bousculent sur ce commentaire : Patrick Tatopoulos (Directeur artistique), Richard Learoyd (Montage), John Nelson (Supervision des effets spéciaux), John Kilkenny (Producteur associé), Andrew Jones (superviseur des animations - Digital Domain), Brian Van't Hul (superviseur des animations - Weta Digital), Joe Letteri (superviseur des animations - Weta Digital), Erik Nash (superviseur des animations - Digital Domain), Dale Fay (superviseur des animations - Rainmaker), Eric Saindon (superviseur des animations - Weta) et du superviseur compositing Erik Winquist (Weta). Introduits heureusement par une voix-off nous les présentant un par un, chacun aborde seul ou en groupe la création des effets spéciaux, des décors,... La composition de nombreux plans est ainsi détaillée, la plupart qui nous paraissaient anodins à la première vision révélant une complexité insoupçonnée. La "déconstruction" du film démontre ainsi tout le talent nécessaire, le temps et la patience nécessaire pour que tout fonctionne et matérialise un ensemble homogène et riche. Un soucis du détail impressionnant.



Commentaire audio du compositeur Marco Beltrami
L'auteur des partitions musicales de Hellboy (magnifique) et Terminator 3 prend ici la parole sur ce que l'on pourrait appeler une piste musicale isolée, comme on en voit malheureusement trop rarement en DVD. Empiétant à peine de sa voix ses musiques, qu'il laisse s'exprimer d'elle-même sans bruitages ni voix et dans un joli encodage Dolby Surround, ses propos aussi rares qu'intéressants portent sur sa méthode de travail très stricte, sa relation avec le réalisateur, mais également ses idées de composition, ses essais, ses réussites immédiates et celles qui nécessitèrent de nombreux essais. Là encore, comme pour le scénario, il dût abandonner toute idée de composer une musique trop sombre. L'anecdote ultime reste tout de même le temps qui lui fût imparti pour écrire sa partition : dix-sept jours ! Une pratique malheureusement trop courante à Hollywood...


Will Smith

Making-of (4/3, 12mns36)
Un regroupement des featurettes que l'on trouve sur le site officiel du film sur internet. Très axé promotion, ce petit documentaire revient sur la création d'un univers futuriste crédible, le choix du réalisateur (incroyable cirage de pompes au menu), la création du robot Sonny et de tous les autres robots, le tout entrecoupé de nombreux extraits du film. De quoi mettre en bouche pour le second disque, s'annonçant bien plus intéressant.


Alan Tudyk en pleine motion capture

Galerie d'images :
Trente croquis préparatoires et photos du tournage, malheureusement présentés dans des conditions peu lisibles, un dégradé bleu "mangeant" l'image de part et d'autre.

On finit avec les bande-annonces de Dodgeball, Alien VS Predator et Le Jour d'Après.

DVD 2

Le second DVD s'ouvre sur un menu animé représentant Los Angeles tard dans la nuit, lieu et période où le réalisateur Alex Proyas va être interviewer en Juin 2004 pour la conception de ce second disque.


Le choix offert est simple : "Démarrer le disque" lancera le premier supplément et mènera à d'autres sous-menus animés reprenant des images du making-of et donnant accès à une petite sélection des documentaires présents ici, sous la forme d'un parcours interactif.


L'autre possibilité est d'accéder à un index complet du contenu du DVD, fixe et muet, sobre et à l'arborescence impressionnante. Alors que les américains devront se contenter d'une édition basique sans presque aucun bonus, nous européens avons droit à une flopée de documentaires qui, nous pouvons d'ores et déjà l'annoncer, sont tout bonnement passionnants à suivre.




Jour après Jour : le journal de production d'I, Robot (1h36 !)
Divisé en neuf vidéos elles-mêmes chapitrées, ce documentaire suit les étapes principales du tournage d'I, Robot, simplement montées et sans commentaires. Chacune est introduite par un Alex Proyas partageant ses souvenirs de tournage. Dans l'ensemble ces vidéos présentent une sélection d'images de tournage dévoilant toute l'infrastructure dévelopée pour la production de ce film. Sans commentaires, ni voix-off, c'est avec une absence totale de pudeur que se dévoile le tournage. On découvre avec surprise le soucis du détail, du nombre de figurants pour une seule scène, jusqu'aux répétitions des dialogues comme des cascades (en faisant connaissance au passage avec la doublure de Will Smith), mais aussi toute la patience nécessaire pour une seule scène. La longueur d'un tournage se palpe réellement et les interventions du réalisateur donnent une excellente idée se son rôle sur le tournage : diriger son équipe sans empiéter sur leurs compétences artistiques.
Un documentaire passionnant de bout en bout pour tout ceux qui rêvent de voir la vie sur un plateau, que ce soit dans ses difficultés (impressionnante et bruyante scène d'émeutes en plein centre ville de nuit), ou ses moments anodins les plus sympathiques (anniversaires, remerciements finaux autocongratulant mais tellement sincères, ...).


Voici un petit détail de chacun des chapitres de ce doc :

  • Spoonerville, Canada 2035 (10mn43)
    Toute la séquence d'introduction où Spoon (Will Smith) sort de chez lui et déambule en ville, nous révélant l'univers du film.
  • USR (15mn55)
    Préparation des plans se déroulant dans les locaux de USR, du meurtre de Lanning, aux scènes dans le bureau du big boss, en passant par le laboratoire et l'apparition de Sonny, le robot, et les scènes d'usine.
  • Suivre les miettes de pain (8mn27)
    Scène de destruction de la maison de Lanning, avec course-poursuite de Will Smith pour échapper au robot géant.
  • Vous expérimentez un accident de voiture (07mn35)
    Tout le tournage de l'impressionnante course-poursuite en voiture, entièrement tournée sur fond vert, et la création de l'animation des robots, intégralement en motion-capture
  • Un sur un (09mn05)
    Le combat opposant Will Smith à un robot sur la sortie d'autoroute (intéressant), suivie du tournage de la scène où il récupère sa moto (peu passionnant).
  • Perdu et retrouvé (10mn30)
    Tournage (éprouvant visiblement) des scènes dans la décharge de robot.


  • Nuit de tempête pour Will Smith (16mn43)
    Impressionnante mise en boîte de la scène de révolte des robots et de leur confrontation avec les humains, les armes blanches pétaradant à 2h du matin en plein centre ville canadien. De quoi prier de ne jamais avoir de tournage de telles scènes sous sa propre fenêtre. Cette séquence comporte également un sympathique show de Will Smith pour amuser l'équipe de tournage où il prétend être bourré (au café), et se finit par les anniversaires de notre prince de bel air et d'Alex Proyas, à quelques jours d'écart.
  • L'échappée sauvage de Will Smith (12mn33)
    Tournage de la grande scène d'affrontement final, où l'on découvre la caméra virevolter autour de Will Smith, les trucages, la composition simultanée de la musique, et les différents sentiments de l'équipe sur le tournage. Le split-screen porte un peu au départ à confusion, mais on s'y retrouve toute de même assez rapidement.
  • Conclusion (4mn40)
    Démarrant par un petit mot de Will Smith en direct de sa caravane dirait-on (attendez de voir l'intérieur), ce dernier jour de tournage est rempli de bonne humeur mais aussi d'émotion d'une équipe qui semble avoir passé un moment formidable. Tout le monde se remercie à la fin sur le plateau devant l'équipe complète, ce qui semble un brin léger avec notre recul de spectateur, mais au fond tellement sincère.


    Comme si cela ne suffit pas, suivent trois documentaires dépassant allégrement la demi-heure chacun.



  • CGI and Design (35mn27)
    Plusieurs aspects sont ici abordés : tout d'abord le design global de I, Robot et sa conception ("complètement différent de The Crow et Dark City"), mais également la création des robots en eux-même, de leur design là aussi, aux scènes de répétition des figurants pour qu'ils aient la démarche adéquate. Entre deux interviews, on découvre également la création du décor de la maison de Lanning, pour finir sur l'incrustation des robots en eux-même dans le film. Un documentaire certes technique, mais très accessible et surtout complet et intéressant.


    Patrick Tatopoulos

  • Machines sensibles : comportement robotique (36mn)
    Un documentaire assez poussé sur la robotique. On commence par découvrir les influences des scientifiques impliqués dans ce domaine (merci R2D2, merci Lego), pour ensuite aborder l'histoire des premiers robots datant du 18ème siècle (!) jusqu'au célèbre chien de Sony d'aujourd'hui, et ce à travers des extraits d'interviews réalisées pour l'occasion de scientifiques étalant quelques théories passionnantes comme l'origine de l'intelligence d'un cerveau. Les démonstrations de robots s'enchaînent ensuite, du robot insecte, au robot aspirateur, ... pour finir sur une discussion passionnante sur la simulation d'intelligence. Fascinant... et éducatif.


    Démonstration de robots

  • Les Trois Lois : Entretiens sur la science-fiction et les robots (31mn19)
    Cette fois-ci la parole est donnée à Jeff Vintar, jeune scénariste planchant sur son scénario depuis une dizaine d'années. Dire que sa passion se palpe à l'écran est un euphémisme : d'une voix douce il détaille avec enthousiasme ses différentes influences, de Frankenstein à Metropolis, en s'attardant tout particulièrement sur l'oeuvre d'Asimov et les trois lois. Vient ensuite le dernier scénariste à être passé sur le script, Akiva Goldsmann, connu malheureusement pour les "hollywoodiser". Comme sur le commentaire audio, son analyse de la création d'un scénario reste tout de même consistante. On finit alors sur une double interview de la fille d'Isaac Asimov, racontant entre autres une anecdote savoureuse, et de son éditeur.

    Pour finir, la section "Les outils des réalisateurs" regroupe encore quelques suppléments.

  • Quatre scènes inédites (6mn38)
    "Basket" propose une version longue de l'apparition du môme Shia LaBeouf, où on le découvre d'abord jouer à ce sport avec des robots. Les règles semblent différentes en 2035. Vient ensuite la scène la plus intéressante, la version longue entre Will Smith et l'hologramme de Lanning devant la déchetterie de robots, approfondissant considérablement la nature de leur relation. On regrette vraiment que cette scène ne soit pas dans cette version dans le film. Pour finir, se trouvent deux fin alternatives du film... sans aucun intérêt. Hop, on oublie.


    Scène coupée

  • Compositing : Effets spéciaux "How Tos"
    Trois vidéos consacrées aux compositions des plans à effets spéciaux du film, classés par studio de création puisqu'ils furent trois à travailler sur le film :
    - Digital Domain (5mn19)
    - Weta Domain (3mn52)
    - Rainmaker (5mn04)


    Au finale cette édition collector propose un journal de bord de tournage des plus complets et plaisants, deux documentaires approfondissant la création artistique et technique du film, et les suppléments d'usage comme les scènes coupées. A quelques bande-annonces et galeries près manquantes, il s'agit là d'une édition tout simplement réussie de A à Z et surtout instructive.

    Critique technique par Kevin Prin
  • Le verdict des internautes

    Total des votes : 9

    Les notes des internautes

    •  
      Image
    •  
      Son
    •  
      Interactivité
    •  
      Bonus

    Les tests des internautes

    logAudience