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Ichi The Killer - Uncut

Test interactivité

4/5

L'édition 2 DVD de Ichi the killer nous est présentée dans un coffret digipack magnifique, superbement designé et très agréable au toucher. L'interface et les différents menus ne déçoivent pas en comparaison, tous très homogènes esthétiquement, et très alléchants. Un petit bémol concernant le chapitrage : le film est divisé en 12 chapitres seulement, ce qui est peut-être un peu juste au vu de sa durée (plus de deux heures) : difficile dans ces conditions d'accéder aux scènes cultes, or le film en regorge. Les suppléments en revanche sont plutôt à la hauteur des attentes, à l'exception peut-être de certaines interviews. Mais dans l'ensemble, ils sont variés et intéressants. Ils sont concentrés sur le disque 2, même si l'on trouve quelques bandes-annonces sur le premier (A Family, Guns & Talks, Natural City, Siamese Outlaws, Ichi the Killer et Goodman Town).


Suppléments

  • Making of (28:36)
    Sans ménagement, on nous plonge dans les secrets poisseux de l'élaboration des scènes de Ichi the Killer, par l'intermédiaire de petites vignettes permettant d'apprécier les extraits de tournage sous deux angles différents. Ces extraits sont par ailleurs ponctués de gros plans sur les effets spéciaux artisanaux qui font toute la saveur du film. Et comme on s'en doutait, l'équipe a l'air de bien s'amuser devant les résultats obtenus, Takashi Miike le premier. En particulier durant la fameuse scène de torture de Susumu Terajima, très gratinée. On voit aussi la doublure de Tadanobu Asano effectuer une impressionnante cascade du haut d'un immeuble, en parallèle avec l'image définitive. Au bout d'une quinzaine de minutes cependant, le making of apparaît cette fois en plein écran afin de nous faire profiter plus en détail des prises successives dans les scènes vues précédemment sur les vignettes. Amusant.



  • Interviews
    Takashi Miike (38:02): A l'instar du making of, cette interview est divisée en deux temps : une première partie avec les extraits du film suivies des réponses du réalisateur, puis une deuxième avec l'interview brute (questions / réponses, sans extraits). Dommage que cette dernière ne couvre pas les ultimes points de l'interview.


    Ses éternelles lunettes noires sur le nez, Takashi Miike commence par insister sur le fait que tout le monde a pris énormément de plaisir à tourner le film, avant de préciser qu'il aime utiliser des réalisateurs comme acteurs, Sabu et Shinya Tsukamoto en l'occurrence. Il évoque Nao Omori, qui joue Ichi, mais aussi bien sûr Tadanobu Asano, pour lequel il a adapté le Kakihara du manga, ainsi que Susumu Terajima, condamné à tourner dans des conditions atroces. L'un des points intéressants de l'interview concerne les effets spéciaux et la vision qu'en a le réalisateur, la manière dont il souhaite les utiliser. L'occasion de revenir sur l'incroyable corps dont est affublé Shinya Tsukamoto dans le film. Autres moments à retenir, ceux où il s'exprime sur la violence de Ichi the Killer puis sur les mangas.


    Alien Sun (14:38) : l'actrice s'exprime en anglais et confie qu'elle parle d'ailleurs à peine japonais. Elle avoue d'autre part que le script lui a fait un peu peur au départ, mais qu'elle est ravie du résultat qu'elle trouve de très bon goût... d'autant que le film fut amusant à tourner, apparemment. Elle explique de quelle façon Miike aime que l'on perçoive son film : comme un manga comique et non comme une oeuvre violente. Il est dommage qu'elle soit interrompue sans cesse par des extraits du film car elle est plutôt amusante à écouter.


    Tadanobu Asano (9:34): dans cette courte interview, l'acteur explique qu'en tant que fan du manga, il souhaitait lui rendre hommage, toutefois il n'a commencé à se préparer au rôle qu'un mois avant le tournage. Il glisse un mot sur les heures de maquillage qu'il a dû subir pour incarner le personnage à l'écran. Une fois de plus, les extraits du film sont incessants et souvent plus longs que les réponses de Tadanobu Asano. Celui-ci est d'ailleurs assez laconique bien que très sympathique.


    Shinya Tsukamoto (14:01): le réalisateur, conquis lui aussi par le manga, semble ravi que Takashi Miike l'ait adapté, et souligne le professionnalisme de ce dernier, ainsi que l'instantanéité de ses tournages, source d'un grand amusement selon lui. Là où il nous étonne, c'est lorsqu'il avoue trouver les personnages du film "étranges", lui qui n'est pas mal non plus dans le genre en tant que réalisateur.... L'interview n'est pas inintéressante mais on aurait aimé pouvoir l'apprécier d'une traite.


  • Ichi(s) (19:00)
    Ce reportage exclusif de Julien Sévéon revient aux origines de Ichi the Killer, à savoir le manga de Hideo Yamamoto. Il explique que ce mangaka s'est distingué dès la fin des années 80 avec le manga Gay Story, puis en 1992 avec Voyeur. Il en vient ensuite à Ichi the Killer, aux thématiques abordés dans les oeuvres de cet auteur original, et à leur application dans ce manga. L'analyse est très intéressante, d'autant qu'elle est appuyée d'exemples précis qui donnent un nouvel éclairage sur le film, notamment lorsqu'il est question de l'extrême violence de l'oeuvre, de sa misogynie et du second degré qui fait passer tout cela.



    Julien Séveon relate ensuite la manière dont le film s'est monté, et évoque les difficultés rencontrées avec la censure, en amont et en aval du projet (les ventes à l'international), avant d'en venir à la rencontre Miike/Asano. Puis il s'attarde sur les différences entre le manga et le film, en particulier le changement de "héros", puisque le réalisateur a choisi de centrer le film sur le personnage de Kakihara et non plus sur Ichi comme dans l'oeuvre originale. Il termine sur la mise en perspective du film dans la filmographie de Takashi Miike et sur les diverses séquelles qu'il a généré. Un entretien très complet et passionnant, à ne pas manquer.



  • Ichi the Killer : Episode 0 (45:37)
    Cet OAV réalisé par Shinji Ishidaira et produit par le studio AIC se veut un prequel au film de Takashi Miike. Il retrace la tumultueuse vie lycéenne de Satoshi, le futur "Ichi", qui prend conscience non sans douleur de ses instincts de tueur sadique. Malgré une animation quelque peu sommaire (surtout pour un OAV) et un dessin très inégal voire grossier, cet épisode 0 dégage une fureur sans nom et se révèle infiniment plus violent que le long métrage que nous connaissons. Miike lui-même s'est impliqué dans le projet puisqu'il double l'un des personnages, le fameux Kakihara interprété par Tadanobu Asano dans le film. Ichi nous est présenté comme un lycéen à problèmes, qui se fait régulièrement martyriser et racketter par ses camarades, en plus de se faire constamment humilier chez lui par ses parents et par son petit frère Jiro. Le pauvre garçon, qui ne semble a priori pas capable de faire de mal à une mouche, s'aperçoit avec horreur que le meurtre l'excite de manière insoutenable, ce qui donne lieu à une brochette de scènes graphiques mémorables. Un OAV à ne pas mettre entre toutes les mains, qui s'avère être un excellent complément au film.



  • Livret exclusif : Takashi Miike, "le fou filmant"
    Ce très intéressant livret rédigé par Julien Sévéon et Bastian Meiresonne revient sur le cas Takashi Miike à travers un texte introductif et une biographie brefs mais documentés. Le document nous livre en outre quelques petits secrets de tournage du film, dont certains ne sont pas mentionnés dans les bonus (et valent leur pesant d'or). Le livret s'achève sur les petites bio-filmographies du scénariste Sakichi Satô et des acteurs Tadanobu Asano et Nao Omori.

    Critique technique & interactivité : Caroline Leroy
  • Le verdict des internautes

    Total des votes : 3

    Les notes des internautes

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