C'est donc quelques années de patience qui viennent finalement de s'achever avec la sortie du
coffret Indiana Jones. Quatre DVD, dont trois exclusivement pour les films et un dernier pour plus de trois heures de suppléments : un bien joli programme alléchant bien attendu.
Première impression : le coffret, l'objet en lui-même, n'est pas vraiment digne de ce nom... Un peu grossier, il s'agit d'un "simple emballage" renfermant des boîtiers fins (contre amarays en zone 1) pour trois titres très attendus qui auraient mérité un peu plus d'égards. Le minimum syndical est donc respecté et assure l'aspect commercial de la chose, et le résultat est tout de même plus convaincant qu'en zone 1.
Le coffret digipack zone 2
Le coffret/boitier zone 1Vient donc le moment d'insérer les disques dans le lecteur. Et là... consternation ! Pour faire simple, les menus des trois films sont absolument hideux, chacun constituant un summum dans le mauvais goût comme on en avait pas vu depuis des années (mention spéciale pour ceux d'
Indiana Jones et la Dernière Croisade). Prenez les menus les plus laids que vous ayez vu dernièrement, et imaginez pire : vous êtes encore loin du compte.
Les captures "ornant" ce test montrent parfaitement que chaque écran a été traité avec un horrible filtre de "crayonage" des plus amateurs. Et encore, il faut voir ces "choses" en mouvement pour constater l'ampleur de leur laideur.
Un filtre aquarelle/barbouilage a été utilisé à mauvais escient...
sur tous les menus, les défigurant joliment.
Un exemple sur Le temple maudit.
La palme pour La dernière croisade.Pourquoi ?? Pourquoi avoir sabordé à ce point la présentation de ces DVD si attendus ? Il est difficile de croire qu'il s'agit du même éditeur que celui d'
Il était une fois dans l'ouest, dont les menus sans être à tomber à la renverse avaient tout de même une autre classe.
En revanche le quatrième disque, tout aussi laid - rassurez-vous, tient ses promesses au niveau éditorial et propose 3 longs documentaires sur les films ainsi que des featurettes non promotionnelles sur les effets spéciaux, la musique, les cascades...
Sur les trois premiers DVD on ne trouve donc que les trois films sans aucun supplément. Direction donc le quatrième pour une autopsie complète.
La pièce maîtresse de ce quatrième DVD réside en un très long making-of divisé en trois parties, chacune portant sur l'un des trois films de la trilogie.
Composées de diverses interviews, on y retrouve principalement le réalisateur Steven Spielberg, enjoué comme d'habitude, le producteur Georges Lucas, les acteurs encore en vie (seul pour River Phoenix qui incarne indiana jeune au début du 3 et Denholm Elliott (Marcus), des interviews de l'époque ont été débusquées), et divers producteurs et chef décorateurs. L'énorme point fort réside en la présence de très nombreuses images de tournages, dévoilant tour à tour Spielberg diriger la mise en scène sur le plateau ou les acteurs, ou encore le travail des acteurs et diverses personnes sur le tournage. Ainsi on assiste pour le premier épisode au remplissage de la grande salle de quelques milliers de serpents, ou encore à l'annonce de l'indisposition d'Harrison Ford à cause d'une hernie sur le tournage du second au reste de l'équipe par Spielberg lui-même. Au détour on trouve quelques prises ratées ou fou-rires à la fin d'une prise réussie, mais cela rentre toujours dans la description de l'ambiance du tournage et le documentaire ne se transforme jamais en véritable "bêtisier" , ce qui rend ses gaffes d'autant plus appréciables.
Harrison Ford en plein entraînement physique pour Indiana Jones et le Temple Maudit Le nombre d'anecdotes dévoilées est absolument édifiant. Pour tout ceux qui ignoraient par exemple les recoupements entre cette trilogie et celle de Star Wars, vous découvrirez enfin quel décor a été utilisé dans les deux et surtout où se cache R2D2 dans
Les Aventuriers de L'Arche Perdue ! Vous apprendrez aussi que le sous-marin de fin du premier épisode est celui construit pour un film à l'époque en préparation, du nom de ...
Das Boot, et noterez une apparition remarquée du producteur Frank Marshall.
Chaque film est toujours décortiqué dans l'ordre chronologique, en commençant par les intentions de production comme par exemple la décision que le second épisode serait beaucoup plus noir, la suppression de certaines séquences avant même leur tournage (une partie de celles du premier se sont retrouvées dans le second, ou encore une scène de serpent qui mettait mal à l'aise Kate Capshaw), et le regard que leurs concepteurs portent sur chacun des films. Ainsi Spielberg dit ouvertement ne pas trop aimer Indiana Jones et le Temple Maudit, non sans avouer qu'il avait une bonne raison de le faire : rencontrer sa future femme (Kate Capshaw donc).
Parmi les anecdotes les plus amusantes, on notera particulièrement la scène du pont suspendu à la fin du second épisode. Construit spécialement pour le tournage par des ingénieurs engagés sur place, on y voit George Lucas testant sa solidité en sautant dessus, Harrison Ford le traversant du premier coup en courant, tandis que Steven Spielberg et son caméraman tout deux terrorisés par la hauteur, décidèrent de filmer l'intégralité de la scène depuis les bords du pont (ce qui paraît évident en la revoyant). L'humour grandissant de la série est quant à lui aussi expliqué : si le premier épisode reste relativement sérieux, le second commence à virer dans le burlesque car Spielberg se sentait mal dans autant de noirceur, alors que le troisième devient une comédie presque graveleuse à cause de Sean Connery qui voyait son personnage comme comique alors que le script original et la vision de Georges Lucas était plutôt celle d'un professeur très sérieux.
Ces trois making-of sont au final très plaisants et nous en apprennent énormément sur la genèse des trois films. Enormément, mais... pas assez. En effet, s'ils semblent de prime abord tout à fait exhaustifs, ils s'avèrent avec un peu de recul tout de même très légers pour une trilogie aussi prestigieuse alors que l'on imagine bien qu'il y aurait encore beaucoup à dire sur chacun. Certaines scènes clef sont ainsi à peine évoquées, et l'ensemble reste un bout à bout d'anecdotes qui quand elles dépassent le stade des problèmes techniques ne rentrent pas assez dans les détails. Autre problème de taille : Harrison Ford ! Hommage que l'on espère involontaire au métier d'archéologue, il a été ici momifié sous une tonne de maquillage, bougeant les lèvres à une vitesse d'escargot et un ton monocorde qui fait croire qu'il revient d'un enterrement (il casse en plus complètement l'ambiance sympathique se dégageant des autres interventions). A la vision de cette "chose" qui incarnait Indiana Jones (l'alternance entre son interview d'aujourd'hui et les images de tournage de l'époque est consternante), comment croire qu'il arrivera une quatrième fois à endosser le costume d'Indiana Jones très prochainement ???

Vient ensuite la section
Bonus divisée en quatre documentaires thématiques d'une dizaine de minutes chacun. Le premier se penche sur les très nombreuses et très physiques
cascades des trois films, nous présentant les responsables principaux dont Vic Armstrong, à l'époque parfait sosie d'Harrison Ford et qui aujourd'hui réalise entre autres de A à Z les scènes d'actions des derniers James Bond. Clairement, on découvre succinctement la difficulté de certaines cascades, leurs origines (celle où Indy passe sous un camion est l'idée du cascadeur qui s'en voulait de ne pas l'avoir réussi sur un précédent film).
Harrison Ford et son doubleur Vic ArmstrongLe second documentaire se penche sur la
conception sonore des films : travaillé à l'extrême par Ben Burtt, celui-ci nous explique en détail comment il créa certains sons très marquants, en enregistrant par exemple les pneus de sa jeep en roue libre sur du gravier pour le gros rocher roulant du premier épisode, ou en gardant les aigus dans les cris de poules en furie pour les rats du troisième (!!). S'il s'agit du documentaire dont on attendait le moins, il s'avère tout simplement le plus passionnant des quatre car le plus surprenant !
Le troisième est consacré à la musique du film. La place est donc laissée à John Williams qui explique succinctement le degré de liberté que lui apportait un film d'aventure tel qu'Indiana Jones. La création du célèbre thème musical est évoqué, mais le plus sympathique reste la dernière minute où on la caméra s'attarde sur Williams dirigeant à la baguette la musique du film. Le reste est malheureusement trop promotionnel "C'est ma musique préféré !", comme beaucoup d'aspects des documentaires de ce DVD. A noter qu'il s'agit du seul documentaire où un interviewé mentionne le projet
Indiana Jones 4, John Williams en l'occurrence.
John Wiliams, compositeur de la musique On finit avec un documentaire sur les effets spéciaux du film,
La lumière et la magie d'Indiana Jones, mauvaise traduction du titre anglais qui faisait référence à l'entreprise "ILM" qui en est à l'origine. A l'époque les ordinateurs n'étaient pas encore utilisés pour truquer les scènes, et donc les quelques effets spéciaux d'explosions ou ceux de la scène finale des
Aventuriers de L'Arche Perdue ont nécessité des petits trucs et un sens de la débrouillardise tout simplement fascinant. Encore une fois trop court et succinct, on réalise tout de même le charme qu'on ces trucages, ne serait-ce que par le travail qu'ils demandaient alors qu'aujourd'hui on demande à un ordinateur de réfléchir pour nous.
Ce quatrième disque ce clôt sur une section
bande-annonces comportant toutes celles de la trilogie (en 16/9), les crédits du DVD et un lien vers le site officiel.
Aucune scène coupée (une habitude chez Spielberg), des making-of certes très amusants mais qui auraient pu être plus approfondis (et moins autocongratulants), néanmoins rattrapés par de très nombreuses images de tournage. Harrison Ford est dans un état consternant, les menus marquent de part leur laideur et le packaging s'avère quelconque, mais force est de constater que l'on en a tout de même pour son argent.
Oui l'achat de ce coffret vaut le coup, ne serait-ce que pour la très bonne (mais imparfaite) qualité technique des films, et les suppléments regorgent d'anecdotes passionnantes. Mais on aurait tout de même souhaité un peu plus de profondeur dans leur contenu.