Into The Wild

Test interactivité

3/5
Into the wild: l'expérience (17mn)
Réalisé par Laurent Bouzereau, ce module revient efficacement sur l'ensemble du film. On est frappés par l'exigence d'authenticité de Sean Penn. Le tournage dura huit mois et nécessita de chacun un engagement total. Emile Hirsch a dû perdre 19 kilos. Le cinéaste voulait absolument tourner dans les conditions réelles et les décors naturels du voyage de Chris. Il revient sur le travail d'Eric Gautier comme directeur de la photographie et la lumière naturelle qu'il a parfaitement su capturer, ainsi que son exigence d'avoir un son direct. Eddie Vedder raconte qu'il a composé des chansons pour illustrer le film, Sean Penn le désignant comme la voix de l'Amérique telle qu'il la ressent. Le module est court, on en aborde pas moins les principaux aspects de la production du film. On en ressort pleins d'admiration pour l'intégrité profonde du réalisateur, ainsi que pour la compétence dévouée de son équipe, partageant la même ambition que lui: faire un grand film, une oeuvre qui, comme le dit Jon Krakauer (auteur du livre contant l'histoire de Chris), vous fait réfléchir et vous habite longtemps après que vous l'ayez vue.


Making of (20 mn)
Sean Penn raconte sa découverte du livre (qu'il a lu deux fois en une nuit), Emile Hirsch se souvient d'un reportage qu'il avait vu dans son enfance et qui l'avait profondément marqué. Penn revient ensuite sur l'écriture du scénario, la préparation du film qui correspond à la vision qu'il en avait à la lecture du livre. Hirsch explique ensuite la singularité de Chris, totalement opposée à l'insouciance des gens de son âge. Le réalisateur insiste sur l'importance de l'écriture, sur la manière dont elle est le coeur de sa création, exigeant que le spectateur s'investisse dans l'histoire pour la ressentir. Le rapport de complicité entre l'acteur et le réalisateur était primordial. On insiste encore sur le degré d'exigence, d'engagement dans cette histoire. On n'évite pas les redondances avec le module précédent, on aurait aimé un making of plus détaillé, car celui-ci est constitué d'interviews, d'extraits du film et de photos du tournage. Le suivre plus longuement en pleine nature, dans le souci chronologique du rythme des saisons méritait pourtant d'être vu.

Conférence de presse avec Sean Penn, Emile Hirsch, Eric Gautier (38 mn)
Le réalisateur revient sur le choix de son acteur principal et plus en détail sur l'écriture du film, sa conception, sa découverte du livre de Krakauer, les liens qu'il entretint avec la famille de Chris pour avoir leur regard et leur approbation sur le scénario. Enfin il décrit l'importance de la nature, des voyages, de ce film qui parle à tout le monde (qui n'a pas eu la pulsion de vouloir simplement partir à l'aventure, en quittant tout?). Il y redit des choses que l'on peut trouver dans le making of mais approfondit également certains aspects (l'écriture, la manière dont il ressent cette histoire, la manière dont il faut la recevoir également). La forme est celle de la conférence de presse telle qu'elle fut donnée, avec les temps morts dûs à la traduction, les questions des journalistes parfois difficilement audibles. On attendait une présentation plus soignée, un échange plus spontané et plus fouillé. Malgré les contraintes évidentes de l'exercice, les réponses du metteur en scène ont toutes leur intérêt, malgré quelques redites.


Into the wild: l'histoire, les personnages (22mn)
Partie très intéressante, puisque Jon Krakauer, l'auteur du livre original, raconte comment il a connu l'histoire de Chris, comment il a rencontré sa famille. On décrit ce personnage et sa quête mystérieuse et fascinante (avec Emile Hirsch également). On sent une immense empathie pour lui, une identification intense que Krakauer et qu'Hirsch expriment, et que chacun peut ressentir en découvrant le film. On revient également sur la difficulté qu'avait la famille à revivre cette aventure, sur la grande aide qu'ils apportèrent à Sean Penn pour comprendre le jeune homme. Penn énumère les acteurs dans les seconds rôles. Ils sont tous d'une authenticité exceptionnelle, totalement dignes des louanges qu'ils recueillent. Quelques anecdotes savoureuses viennent s'ajouter (la scène du concert, le vieil homme peignant son flanc de montagne). Il y a toutefois une redondance avec les propos du metteur en scène pendant la conférence de presse. Mais cette réserve faite, l'évocation plus directe de l'oeuvre de Krakauer, la mise en avant de l'ensemble du casting mérite le détour, même si c'est un peu survolé et assez répétitif par rapport aux bonus précédents.

Braving Alaska (52 mn)
Un documentaire National Geographic, consacré à des gens qui ont choisi la vie rude de l'Alaska. Même si on aurait souhaité une image plus soignée et d'une qualité plus digne d'une présentation en DVD, on découvre des paysages magnifiques et vierges, des gens qui vivent au coeur de la nature, avec la solitude et les contraintes que cela induit. Cette existence est fascinante et rappelle immédiatement, les lectures fascinantes de Jack London et de Thoreau qui ont bercées bien des enfances et nourri bien des rêves (dont ceux de Chris McCandless, même s'il n'est pas ici directement évoqué). Les décors sont absolument grandioses. On voit des hommes chasser pour se nourrir, survivre en milieu hostile, loin de la civilisation. Cela rejoint d'une certaine manière le désir d'absolu du héros du film. Toutefois, ces gens ont fait les compromis nécessaire pour que tout cela soit viable. Un documentaire intéressant, puisqu'on y découvre dans sa splendeur la destination ultime du film, la belle et sauvage Alaska (les hivers rigoureux, les aurores boréales, les immenses forêts, l'homme ramené à sa juste proportion, les animaux sauvages). Pour les gens qui y habitent, il s'agit finalement toujours de vivre un rêve partagé par beaucoup. Ils mènent une existence que bien peu ont eu le courage d'adopter et de mener jusqu'au bout. Cela rejoint parfaitement la problématique du film.


On ne quitte pas Into the wild comme ça, pour passer à autre chose. Il en est de cette belle oeuvre comme des très grands livres, elle vous habite pendant un long moment. Alors cette interactivité est honorable, correcte et conventionnelle, mais on aurait souhaité s'approcher plus encore, sortir de suppléments convenus pour entrer dans les détails grâce à un grand making-of ou à un commentaire audio. Sean Penn a manifestement beaucoup à dire sur le tournage et sur ce qu'il a représenté pour lui. Finalement on ressent une légère frustration, car le film est un chef d'oeuvre envoûtant, il méritait des bonus un peu plus élaborés.

Critique technique et suppléments par Nicolas Houguet

Le verdict des internautes

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