Deux édition sortent le même jour : l'une dite "prestige" proposant un unique DVD contenant la version cinéma du film et de nombreux bonus ; l'autre dite "collector" proposant en plus un second DVD contenant la version director's cut du film et un commentaire audio inédit.
Soyons clairs :
la director's cut est exceptionnelle, car proposant entre autres une fin inédite détaillée plus loin. Il est indispensable d'opter pour l'édition collector !
Tous les détails sur la director's cut en cliquant sur l'image ci-dessous

DVD 1Au delà du réelLa Théorie du Chaos (8mns59)
Peter Goldreich, professeur d'Université en Physique, John D. Biroc et Constance Kaplan, tous deux psychothérapeutes, nous présentent la passionnante Théorie du Chaos, qui dans les grandes lignes vise à démontrer qu'un élément insignifiant peut avoir d'énormes conséquences. Souvent résumée à "le battement d'aile du papillon à un endroit de la Terre peut engendrer un raz de marée à son extrême opposé", cette théorie est ici élargie à des thèmes plus psychologiques, comme les conséquences d'un détail du comportement des parents dans une enfance, sur le contrôle que nous recherchons dans notre vie, ... Les propos tenus touchent autant la science et l'abstraction que notre quotidien et les préoccupations de tous les jours sur les conséquences qu'auront nos choix. On en vient également à comprendre à quel point chaque élément du scénario de
L'Effet Papillon se nourrit de cette théorie, et en exploite à merveille les capacités.
Mais les plus curieux seront forcément tentés de se documenter encore plus sur ce concept fascinant.
Le Voyage dans le Temps (13mns25)
Là encore le niveau reste haut, avec une étude approfondie de notre fascination pour le voyage dans le temps, notre préoccupation instinctive sur les choix que nous avons chacun fait dans notre vie, ou notre curiosité de savoir ce qui va nous arriver. Les mêmes intervenants que sur le précédent documentaire illustrent avec une passion communicative ces différents aspects, avant que le documentaire ne s'axe plus globalement sur le traitement de ce thème dans l'histoire du cinéma, notamment à travers les propos de Ken Wlaschin de l'American Film Institute. La chronologie cinématographique a de quoi impressionner puisqu'il faut rechercher les racines de ce genre en 1910. Les quelques exemples exposés vont ensuite de HG Wells à Retour vers le futur, en passant par Terminator ou même Timecop, le tout toujours entrecoupé des psychothérapeutes qui décryptent les thèmes du voyage dans le temps et notre fascination pour eux.
Autour du filmLa genèse du film (17mns50)
Présenté sous la forme d'un entrecoupage de différentes interviews des deux réalisateurs, du producteur, du directeur de la photographie et des acteurs (Ashton Kutcher, Amy Smart, Eric Stoltz, Melora Walters), ce documentaire s'attarde comme son nom l'indique sur les éléments qui ont mené à la production de ce film atypique à Hollywood. Abordant de nombreux thèmes dérangeants (l'inceste, la violence des enfants, ...), ce "petit-budget" est né de deux scénaristes débutant dans la cité des rêves, et ayant travaillé sept années sur ce script qu'ils n'auraient pour tout l'or du monde jamais vendu à quelqu'un d'autre. Leur répartition des tâches sur le tournage est abordée (il est rare d'avoir deux réalisateurs pour un film), mais également le tournage de la scène de prison dans un véritable pénitencier avec de vrais prisonniers en guise de figurants, et autant de petits détails permettant de constater à quel point le film fût préparé et maîtrisé de bout en bout tout en gardant intègre son concept original.

Les effets visuels (16mns06)
Doté d'un faible budget pour un film hollywoodien, les créateurs d'effets spéciaux et le directeur de la photographie furent obligés de recourir à un nombre impressionnant de petites astuces visuelles pour accoucher d'effets originaux et réussis. Ce documentaire en détaille les principales, de la suppression des bras, aux voyages dans le temps où le décor tremble indépendamment des personnages, en passant par l'explosion de la boîte aux lettres qui eut vraiment lieu. Tout simplement passionnant de bout en bout, les propos respirent un amour du cinéma comme on les aime.
Comparaisons story-boards/film :Comme d'habitude pour ce genre de supplément, il s'agit là d'exposer ce qui était prévu avant le tournage et ce qui a été improvisé sur place ou durant le montage. Comme les réalisateurs l'expliquaient dans "La Genèse du film", 80% du film a été story-boardé, ce qui se ressent ici. Certains plans ont en effet été improvisés, mais d'autres, notamment ceux nécessitant des effets spéciaux, sont la réplique quasi-parfaite des dessins de préparation.
Les scènes coupées et alternatives :Présentées en Dolby Digital 5.1 et version originale sous-titrée, ces scènes coupées ne présentent en général que peu d'intérêt, à moins de les accompagner du commentaire audio des deux réalisateurs exposant à chaque fois les raisons de leur retrait, admettant que le résultat n'était en général pas très bon, où qu'elles faisaient double-emploi. La scène du
flash-info reste tout de même un détail hilarant du film, et les
deux fins alternatives détaillées
ici et
ici restent passionnantes, là encore à condition d'écouter le commentaire assassin des deux réalisateurs, les détestant copieusement.
On finit cette interactivité par les
bande-annonces 16/9 disponibles en vostf ou vf de L'Armée des Morts, Godsend, Monster et L'Effet Papillon, dans une qualité vidéo quelque peu médiocre.
DVD 2Edition Collector uniquement
La director's cut (1h54)
Le film est ici présenté en director's cut, une version qui se différencie du film vu au cinéma principalement dans sa fin, totalement négative et détestée aux Etats-Unis, et qui pourtant lui confère un aspect dramatique prenant à la gorge, triste et beau, poussant encore plus loin le concept de sacrifice que certes l'on retrouve également dans la version happy ending du montage retenu par les producteurs. Quelques rajouts et modifications plutôt discrètes interviennent également, notamment lors de la scène de prison où Evan (Ashton Kutcher) est en plus violé, et où ses ravisseurs lisent devant toute la prison son journal.
Le viol d'Ashton Kutcher dans la prison Commentaire audio :Les deux réalisateurs/scénaristes s'attèlent à l'exercice du commentaire audio avec grand succès. Revenant sur la genèse du film, dont le courage de New Line de le produire tel quel, leurs propos s'étalent dans une fluidité agréable sur les choix de mise en scène, les modifications entre la version cinéma et la director's cut, les plans jugés choquants, et autres détails sur les acteurs. Pleins de bonne humeur, ils s'attardent également sur de nombreuses anecdotes, comme l'origine du nom du héros qui selon eux va permettre aux "étudiants des écoles de cinéma de se masturber le cerveau", où la scène de prison et la motivation des détenus à jouer dans un film pour 50$ et un happy meal. Cette dernière scène contient une particularité technique surprenante, que certainement peu de spectacteurs avaient noté en salle : celle d'être tournée caméra au point et mixée en Dolby Mono, dans le but de donner un aspect documentaire.
A la fois technique et artistique, drôle ("si vous avez loué ce DVD,
fuck you et allez en acheter un !") et sans langue de bois, ce commentaire audio rentre dans la catégorie de ceux qui s'écoutent du début à la fin sans s'ennuyer une seule seconde.
Sous-titres d'anecdotes :Cachée dans le menu des langues, cette piste de sous-titres est malheureusement assez pénible à suivre puisque ces anecdotes sont très rares et concernent des détails totalement inintéressants, de la marque d'une voiture et son historique, à la liste des présidents des Etats-Unis qui n'ont jamais fait d'études. L'intérêt d'une telle piste est généralement de zapper dessus pour rigoler quelques minutes, mais là étant donné la rareté des anecdotes il faudra une patience un peu trop démesurée pour en profiter. Néanmoins certaines va le détour :

Manquant certes d'images du tournage, cette interactivité brille par son prolongement intelligent et passionnant du film, où la langue de bois n'a pas sa place.
Critique technique par Kevin Prin