Avant d'aborder le contenu inédit, revenons tout d'abord sur les superbes packagings de ces éditions Ultimate. Les trois coffrets reprennent les codes couleur et la matière utilisés pour les éditions 4-DVD. Beaucoup moins encombrants que ces dernières, ils comportent chacun sur la face avant un cadre dont l'intérieur, en plastique transparent, laisse apparaître l'affiche teaser et le titre de chaque film. Superbes sont les choix de ces affiches : l'Argonath pour
La Communauté de l'Anneau, Orthanc en premier plan et Barâd-Dur en arrière plan pour
Les Deux Tours et Barâd-Dur surmonté de l'oeil de Sauron pour
Le Retour du Roi.
Deux versions du filmLe premier DVD propose les deux versions du film, le montage cinéma (2h51) et la version longue (3h39). Un menu offre d'abord la possibilité de choisir entre les deux. La sélection entraîne l'apparition du menu correspondant à la version choisie, le même que sur la précédente édition. Ainsi, le choix de la version longue fait apparaître un menu identique à celui du coffret 4 DVD, à ceci près que l'option "Suppléments" qui donnait accès aux commentaires audio a été remplacée par une option "Version", permettant de passer au menu de l'autre montage. Les deux versions sont proposées sur les deux faces du DVD - et non pas une version par face.
La coupure se fait pour les deux versions juste après le chapitre intitulé
Le Conseil d'Elrond.
L'envers du décorIl ne s'agit pas dans cette chronique de dévoiler le contenu de ce nouveau documentaire mais de tenter d'en dégager l'intérêt.
Réalisé par Costa Botes, collaborateur de longue date de Peter Jackson, ce making of s'avère effectivement différent des suppléments offerts dans les éditions précédentes, même s'il traite des mêmes sujets - tournage, cascades, construction des décors et des accessoires, effets spéciaux, prise de son, etc. La tonalité de l'ensemble est en revanche assez différente puisque le documentaire ne comporte aucune musique, aucun narrateur ni aucun effet visant à appuyer quoique ce soit. Dépouillé de toute aspect glamour, le film de Costa Botes donne l'impression d'être véritablement projeté sur place, quelques années en arrière, en compagnie des équipes techniques et artistiques. Entraperçus dans les nombreux making of consacrés à leur travail sur le collector, techniciens, figurants ou cascadeurs prennent davantage la parole pour faire part des éventuelles difficultés qu'ils rencontrent. Le documentaire nous met d'ailleurs dans l'ambiance dès le début à travers un décompte des foulures et blessures diverses encaissées par les figurants sur le tournage de la bataille du prologue, des blessures ayant poussé certains d'entre eux à démissionner.
Certains des effets spéciaux ou procédés techniques se voient consacrer des explications plus détaillées, les superviseurs n'hésitant pas à décrire pas à pas les différentes étapes nécessaires pour créer un plan donné. Les coulisses de la fabrication des décors et accessoires laissent davantage la parole aux artisans qui confient parfois (avec humour) être sur le point de devenir fous, comme diraient les courageux chargés de fabriquer les cotes de mailles pendant près de deux ans. Enfin, les bouleversements climatiques et leurs conséquences sur le planning sont elles aussi montrées, l'équipe ayant à ce titre dû faire face à une énorme inondation dans toute la région - on aperçoit les habitants se déplacer dans la rue en barque pendant que les techniciens remballent le matériel. Les quelques conflits abordés se révèlent assez banals, même si Botes saisit parfois quelques épisodes peu sympathiques dans les bureaux de production.
Ce documentaire laisse aussi place à l'humour grâce aux interventions de Dominic Monaghan et Billy Boyd, toujours aussi boute-en-train, tandis qu'un fort esprit d'équipe semble guider les techniciens. On regrette en revanche que les concessions faites aux studios ne soient pas abordées - même si l'on comprend bien pourquoi ! - étant donné que le commentaire audio des scénaristes distillait quelques insinuations à ce sujet. Enfin, Botes saisit quelques sujets de préoccupations tels que la classification du film au moment de sa sortie (allait-il être PG, R ou PG13? grand suspense) ou encore la concurrence sur les effets spéciaux avec les autres grosses productions.
Comme chacun sait, les Nazgûls n'aiment pas l'eau...Au final, ce nouveau making of s'avère véritablement destiné aux fans de la trilogie désireux d'en savoir plus mais aussi à toute personne s'intéressant au cinéma et au processus de production d'un film.
L'envers du Décor reste certes relativement gentillet en ce qui concerne les conflits dévoilés mais rend hommage au personnel invisible et à son état d'esprit face aux difficultés.