Commentaire audio du réalisateur Olivier Dahan Si le cinéaste avoue d'emblée ne pas être très à l'aise dans l'exercice on est très vite rassuré par le fait qu'il s'est entouré de son premier assistant, de son monteur, de son chef opérateur, son chef décorateur et de son directeur de casting. Chacun intervenant à un moment précis du film. Malgré ses dires, Dahan s'en tire avec les honneurs et même s'il ne se souvient pas de tout (pour cela il fait confiance à ses partenaires) les anecdotes sont assez nombreuses pour illustrer les 2h15 du film. Tous se penchent en priorité sur l'écriture du scénario, sur le tournage à Prague, la courte préparation du film, la construction des décors, le travail de Marion Cotillard et l'enthousiasme des autres acteurs. Très modeste, Dahan rend hommage à tous ceux qui ont participé à l'aventure y compris le plus petit technicien.
Bande-annonce du film (1'44)
Second disque
On attendait des bonus un peu plus approfondis car ceux proposés sentent l'autosatisfaction. On attendait par exemple un long entretien avec Marion Cotillard qui doit bien exister quelque part quand on voit toute la promotion qui a été faite en début d'année.
Making-of (26‘03) Segment traditionnel de ce genre de production. Pas vraiment de surprise car on a l'impression d'avoir déjà tout vu ou tout entendu, surtout après l'écoute du commentaire audio. Certes quelques images de tournage (la concentration de Marion Cotillard et Olivier Dahan préparant ses plans notamment celui du plan-séquence pour l'annonce de la mort de Marcel) viennent illustrer l'ensemble mais on reste constamment sur notre faim. Les principaux acteurs (devant et derrière la caméra) s'expriment sur la genèse du film, l'écriture du scénario, la carrière d'Edith Piaf et l'approche de leur personnage respectif (Jean-Paul Rouve, Sylvie Testud, Emmanuelle Seigner, Pascal Greggory, Jean-Pierre Martins). Olivier Dahan se penche sur son désir de raconter l'histoire de Piaf, Alain Goldman se frotte les mains du résultat à l'écran mais surtout du box-office international, Marion Cotillard (maquillage impressionnant même de près) ne peut cacher son émotion du fait que Piaf l'habite véritablement. Parallèlement à l'évocation du tournage, la vie de Piaf est passée au peigne fin.
Heureusement, on aperçoit Marion Cotillard dans de brèves images de tournage où l'actrice s'agaçe de rater quelques playback et démontre toute l'energie qu'elle a du déployer durant les 4 mois de tournage. Le maquillage ahurissant, qu'on attendait de voir disséquer, est bien trop vite survolé et les quelques images que l'on voit auraient mérité qu'on s'y attarde un peu plus longuement.
Scènes coupées Au nombre de 7, ces scènes coupées démontrent qu'Olivier Dahan ne s'est pas toujours tenu au scénario qu'il avait en main et qu'il improvisait quelques fois directement au moment de tourner. D'un autre côté, ces séquences sont restées sur le banc de montage dans le but d'éviter quelques effets de redondance. Un carton nous indique que toutes ces scènes n'ont été ni mixées, ni étalonnées et expliquent pourquoi elles n'ont pas été insérées dans le montage final.
1) 58“ Séquence de prologue ajoutée en cours de montage qui n'était pas dans le scénario. Il s'agit de plans sur les spectateurs admiratifs devant Piaf quand elle se produit à New York le 16 février 1959 (Heaven have a mercy).
2) 1'59 Cette séquence rendait la première partie du film (l'enfance d'Edith) trop compliquée. On y voit Edith Piaf “âgée“ dans son lit d'hôpital se disputer avec son mari. Dahan a préféré rester concentré sur la partie jeune de la chanteuse. A constater que Marion Cotillard parle avec une prothèse dentaire et que ses mots paraissent hâchés. L'actrice a semble t-il repris ses dialogues en post synchro pour le montage final.
3) 59“ Séquence qui montrait une fois de trop la relation d'affection entre Titine et Edith.
4) 1'41 Edith Piaf, mal en point dans son fauteuil, reçoit un appel téléphonique de Jean Cocteau. Ils parlent de la mort et de la condition d'artiste. Comme l'indique le carton d'introduction, la voix de Jean Cocteau était provisoire pour les besoins du tournage. Cette séquence a disparu du montage car la structure du film a changé sur la partie du film se situant à New York.
5) 1'03 Cette séquence dévoilait la surprise qu'Edith voulait faire à Marcel après le match de boxe (scène du couloir de l'hôtel couvert de roses).
6) 1'51 Edith (vieille) à la stupéfaction de ses amis leur apprend qu'elle va divorcer de Théo. Elle se souvient alors de sa meilleure amie, Momone qu'elle a perdu de vue par sa faute.
7) 59“ Séquence qui venait à la fin du film lorsque Edith est dans son lit et se souvient d'une lettre réçue lui annonçant la mort de sa mère. La lettre n'étant plus dans le montage, la séquence a naturellement disparu. L'occasion de revoir Clotilde Courau dans le rôle de la mère de Piaf.
Surprise (1‘10) Manon et Pauline, incarnant Edith Piaf a (respectivement) cinq et huit ans, chantent Milord et sont félicitées par Marion Cotillard alors maquillée en Edith vieille.
La Môme à New York (12‘53) Reportage réalisé à New York le 30 et le 31 mai 2007 à l'occasion de la promotion de La Vie en rose (titre de La Môme dans tous les pays étrangers) dans la Grosse Pomme. Marion Cotillard (superbe sur le tapis rouge), Olivier Dahan et Alain Goldman enchaînent les interviews et les projections (presse et public) et ne cachent pas leur joie. Présentant le film tout autour du monde, Marion, les yeux pétillants, avoue réaliser un rêve de gosse. Dahan relativise en précisant que La Môme n'est pas son premier film et que le succès ne sera pas forcément au rendez-vous pour son prochain. Le public et la critique américaine semblent conquis et on parle déjà d'une possible nomination aux Oscars pour Marion Cotillard. La Môme a rapporté près de 8 millions de dollars aux Etats-Unis.
La Môme Piaf (27‘) Piaf cet obscur sujet de désir. Pourquoi Edith Piaf fait-elle l'unanimité ?
Segment autant critique que sociologique sur le mythe Piaf. Elise Domenach (critique cinéma chez POSITIF), Catherine Dutheil-Pessin sociologue et Maya Barsony (la voix chantée de Piaf dans La Môme). Si la première analyse l'aspect technique du film de Dahan et du biopic en général, les deux autres protagonistes tentent de percer le mystère Piaf. Ces propos forts intéressants sont entrecoupés d'extraits de livres consacrés à la chanteuse dont “Piaf“ signé Simone Berteaut, la fameuse Momone, sa meilleure amie. C'est enfin l'occasion de voir des photos de la véritable Edith, de sa famille et de ses amis.
Critique technique et interactivité : Sabrina Piazzi