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La science des rêves (blu-ray)

Test interactivité

3/5

Commentaire-audio de Michel Gondry, Charlotte Gainsbourg, Sacha Bourdo et Gael Garcia Bernal. Ça ressemble à une émission de radio où les acteurs s'amusent à déconner avec l'exercice si fastidieux du commentaire audio, originalement décliné ici, avec dès le départ une chanson de Bourdo dédié à Charlotte, ce qui a le mérite de détendre l'atmosphère. Etant donné que Sacha ne parle pas anglais, le commentaire-audio qui tord totalement l'esprit de sérieux rébarbatif s'avère complètement bordélique avec de l'anglais et du français mélangés. Ils reviennent tous dans une bonne humeur contagieuse sur différents aspects du film en laissant parfois des blancs pour le regarder en même temps. Ça ne dérange pas outre-mesure: on a, grâce à ce bonus, l'impression de voir une troisième version du film.

 


  • Les méandres d'un cerveau (18mn51)
    Avant-première où un psy examine le cerveau de Gondry et révèle des idées intéressantes.

  • Allo (7mn19)
    Discussion en split screen entre Chabat et Gondry. Sur le film, Gondry révèle que les scènes comiques servaient à raccrocher les gens pour les rassurer face à l'intrigue bizarre ainsi qu'une rigolote anecdote sur Christopher Walken. Quant à Chabat, il nous confie un rêve touchant. Beau bonus.

  • Créatures de rêves (10mn57)
    Interview de Lauri Faggioni, créatrice des animaux et accessoires. Passionnant, si on aime ça.

  • Tire la chevillette (9mn15)
    Interview d'Alain de Moyencourt, acteur et technicien. Supplément accessoire.

    Film dans sa version B
    La version B de La science des rêves est plus sombre et amplifie la carte nostalgique en donnant plus d'importance au père disparu dans une première partie et à la mère dans la seconde. Certains détails de la version A sont ainsi expliqués comme la raison pour laquelle Chabat porte le chapeau péruvien (il cache ses cheveux pour séduire une femme qui le croit chauve) et détermine en creux certaines rivalités de bureau (les collègues entre eux ne se supportent pas vraiment). Une grande importance est laissée à l'univers intérieur en renforçant par ailleurs la psychologie des personnages (l'attirance de Bernal pour De Caunes est mieux définie dans la version B). Lors de la soirée au bar, une discussion explique pourquoi qu'ils soient maquillés en gothique. Comparativement, on entend plus de bande-son - ce qui est toujours agréable pour les oreilles. Les apparitions d'une personne enflammée qui rejoint Stéphane dans sa chambre marque la présence fantomatique et cauchemardesque du père. On peut s'amuser au petit jeu des détails: une discussion sur les femmes entre Sacha Bourdo et Gael Garcia Bael introduit un étrange canard qui joue du piano avec un masque. Une scène hilarante de danse où Miou-Miou se moque de son nouveau mec explique la dispute entre les deux dehors, lors de la soirée fantasmée en l'honneur de Stéphane. Mais on reste plus convaincu par la version A, plus elliptique alors que la version B, elle, se revendique comme moins limpide sans pour autant être moins passionnante, sans doute parce qu'elle donne également plus d'importance aux personnages secondaires, renforçant ainsi l'impression de bordel savamment organisé.

    Commentaire audio de la version B
    Comme nous l'apprend Gondry, la version B a été essentiellement confectionnée à partir de toutes les scènes non reprises au montage. Elle raconte le même film sous un autre angle. On apprend dans le commentaire audio que l'histoire du père qui prend feu vient d'un rêve que Gondry a fait juste après la mort de son propre père où il devait annoncer le trépas à son propre père. Au détour d'une anecdote, il cite Hitchcock qui disait que mettre un rêve dans un film faisait perdre un spectateur. On apprend également que certains dessins ont été exécutés par son fils de 15 ans. Une publicité "don't be mad, be glad" a été enlevée au dernier moment parce qu'elle faisait référence à un détail américain que pas tout le monde saisirait. Il revient aussi sur le génial canard au masque de Duke Ellington - Gondry a collé des plumes sur ses mains et faisait du piano avec, donnant l'impression que le canard jouait du piano. Sinon, on n'avait pas spécialement remarqué que Chabat portait des pins de Plastic Bertrand et de Téléphone lors de la fête au bar. Avec le recul, c'est très drôle.



    Cette édition se clot sur la bande annonce en HD du film. Dommage de voir disparaitre le superbe making of du film.

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