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Le Bon, La Brute Et Le Truand - Collector

Test interactivité

3/5
Pour cette édition collector, MGM nous propose Le Bon, La Brute et le Truand dans une version longue sortie dans les salles en 2002, plus longue de quelques minutes que l'italienne sortie en 1966, et donc de 16 minutes de la version que nous connaissions jusqu'à présent.

MGM n'est pas connu pour l'élégance de ses menus et cette édition ne fait pas exception : bien qu'animés, leurs couleurs criardes, leurs polices de caractères et navigation peu instinctive créent un ensemble esthétique assez déplaisant. Pourtant, l'accompagnement de l'ensemble par la célèbre musique d'Ennio Morricone plaiderait presque en leur faveur ...


Bonne nouvelle, la quasi-intégralité des suppléments (sous-titrés en français bien sûr, commentaire audio inclus) sont en 16/9.

DISQUE 1

Commentaire audio de Richard Shickel (critique/historien/écrivain)
Les commentaires audio intéressants ne sont pas légions mais celui-ci en est indiscutablement un. Parlant non-stop du début à la fin du film, Shickel nous raconte littéralement l'histoire du film et analyse sa construction narrative comme artistique, s'attardant sur la reconstitution des décors, les acteurs et la musique.


DISQUE 2

A noter que chaque supplément s'achève sur un défilé de quelques minutes de crédits et copyrights impossibles à éviter : une seule solution, appuyer sur la touche menu de la télécommande avant la fin du générique !

L'ouest de Leone (19mns55)
Historiens et producteurs (dont le pionnier Alberto Grimaldi) se succèdent ici pour décrire l'évolution du Western Spaghetti, courant iconoclaste typiquement européen sorti de l'esprit de cinéastes ne connaissant pas les règles du genre. Où l'on se rend compte qu'il s'agissait d'un sous-genre, de films "cheap" ... jusqu'à l'arrivée du génie Sergio Leone qui lui donna ses lettres de noblesses et des allures de superproduction léchée malgré des budgets toujours limités. Les deux acteurs principaux (Clint Eastwood, Eli Wallach) viennent ensuite parler de leur engagement dans le film et aux côtés de Sergio Leone, non sans tarir d'éloges pour le cinéaste italien, avant de nous faire partager quelques savoureuses anecdotes sur le tournage du film, ses conditions et la création du doublage. Un documentaire que l'on aurait sur le moment aimé plus long, mais néanmoins efficace.


Le Style de Leone (23mns48)
Les mêmes intervenants reviennent sur le style si particulier du cinéma de Leone, sa lenteur, sa construction graphique reconnaissable au premier coup d'oeil, les personnages marquants de ses histoires, bref sa façon unique au monde de faire des films. Revenant plus précisément par la suite sur Le Bon, La Brute et le Truand, les analyses se mêlent aux anecdotes, les plus incroyables venant d'Eli Wallach qui nous explique comment dessoûler efficacement (ça fait mal), comment il a failli se faire décapiter par un train ou comment il a bu une bouteille d'acide sur le tournage. L'homme qui perdit la Guerre Civile (14mns23)
Un documentaire dépeignant la toile de fond du film, la Guerre de Sécession, et plus précisément les évènements qui provoquèrent l'une des plus lourdes défaites des forces sudistes. Curieux, fervents de stratégie militaire, ou passionnés de l'histoire de cette guerre, ce doc est fait pour vous. Les autres, ceux qui ne sont là que pour voir du Leone et du western spaghetti, passez votre chemin.


Eli Wallach (Tuco), usine à anecdotes

Le Bon, La Brute et le Truand : reconstitution (11mns08)
Tout les détails de la reconstitution en 2002 de la version intégrale du film figurent dans cette vidéo, à commencer par une description très technique de la difficile restauration de la pellicule "Techniscope", un procédé qui n'est plus utilisé aujourd'hui. Le documentaire se penche ensuite vers le côté plus artistique de la chose, à commencer par la reconstitution du montage italien pour le marché américain (Eastwood et Wallach rappelés pour refaire leurs voix sur les passages inédits), mais aussi des rajouts pour obtenir une "version longue" inédite. A ce titre, le responsable technique de MGM, responsable de celle-ci, John Kirk, justifie chacun de ces rajouts personnels dans le montage pour que nous comprenions que malgré leur absence de la version intégrale italienne, Leone les voulait quand même (certaines scènes furent projetées à la première de l'époque avant d'être finalement retirées, on ne sait pas par qui).

Reconstitution de la scène de Socorro (3mns01)
Coup de chance : alors que la scène de Socorro fût coupée lors des premiers montages du film et perdue à jamais, certains de ses plans ont été utilisés dans la bande-annonce française d'époque et quelques photos pour la promotion du film. A partir de ces très maigres éléments, MGM nous propose ici de revivre cette scène non sans de précieuses indications textuelles nous expliquant le déroulement de l'action. Si le montage s'avère clair et très bien fait, cette courte scène nous donne une nouvelle raison pour laquelle Tuco part à la trace de Blondin.


Version intégrale de la scène de torture de Tuco ()
Comme expliqué dans le doc sur la reconstitution de la version longue du film, si la scène de torture est plus longue de 2mns15, certains éléments n'ont tout de même pas pu être réintégrés car "trop abîmés". Plutôt que de choquer les spectateurs dans les salles, ils ont été réservés à ce DVD et c'est donc ici que nous pouvons découvrir la version intégrale de cette scène de torture. Voilà donc pour l'explication officielle. Maintenant à y regarder de plus près, non seulement les différences de montage sont vraiment infimes, mais si l'on observe bien quelques tâches passant rapidement à l'écran, l'état de ces plans supplémentaires demeurent tout à fait correct. L'initiative de nous présenter cette scène reste tout de même saluable.

Il Maestro (7mns48)
Jon Burlingams, historien de musiques de films, nous présente ici l'histoire de la coopération entre Sergio Leone et Ennio Morricone, principalement autour du Bon, La Brute et le Truand, avant de se pencher plus en détail sur le style si particulier de Morricone, s'éloignant des compositions symphoniques tellement en vogue à l'époque.


Une analyse de l'oeuvre de Morricone en voix-off

Il Maestro : 2nd partie (12mns25)
Après l'interview précédente, Burlingams intervient ici en voix-off sur une image désespérément fixe reprenant l'affiche du film et une photo de Morricone. Assez redondant avec la première partie, celle-ci rentre néanmoins beaucoup plus dans les détails de la collaboration Leone/Morricone ainsi que dans l'analyse du style musical de ce dernier, évoquant plus largement sa filmographie (dont Un Génie, Deux associés et une cloche de Damiano Damiani, avec Terence Hill et Miou-Miou, ouvert soit dit en passant par une magistrale séquence réalisée par Leone). Néanmoins l'essentiel est constitué d'une analyse en profondeur et passionnante de la musique du Bon, La Brute et le Truand.

Viennent ensuite la bande-annonce française du film, une véritable curiosité en soi puisque contenant de nombreux plans inédits du film (cf plus haut), ainsi qu'une jolie galerie d'affiches du film.

On finit cette édition avec quatre petits bonus cachés. Pour les trouver, rien de plus simple : sur la première page des suppléments, positionnez le curseur sur "L'ouest de Leone", et allez sur la gauche une fois pour avoir le premier, une seconde fois pour avoir le second, et une troisième fois (ou une fois à droite) pour le troisième. Le quatrième se trouve de la même manière, mais sur la seconde page de bonus. Il s'agit en fait de quatre anecdotes, la seconde de Eastwood et les autres de Wallach. Si la quatrième s'avère vraiment drôle, les trois autres sorties de leur contexte ou tout simplement mal racontées, tombent totalement à plat.

Avec Clint Eastwood, Eli Wallach et le producteur Alberto Grimaldi sous la main, les suppléments auraient largement pu aller plus loin dans l'exploration et l'explication du film de Leone, et l'oeuvre tout simplement du réalisateur (un peu comme l'avait fait le DVD d'Il était une fois dans l'Ouest). Qu'à cela ne tienne, cette édition se rattrape par une présentation de reconstitutions minutieuses de scènes coupées, et une explication technique de la restauration et de ce montage inédit, se révélant finalement accrocheuse et passionnante.
Maintenant on ne peut que souhaiter le même traitement aux deux précédents films de la trilogie (Pour une poignée de Dollars, Et pour quelques dollars de plus), et surtout à Il était une fois la Révolution.

Critique technique par Kevin Prin

Le verdict des internautes

Total des votes : 14

Les notes des internautes

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    Image
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    Son
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    Interactivité
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    Bonus

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