Le Message (3dvd)

Test interactivité

4/5
Le menu principal est encodé 16/9 sur un beau fond éclairé d'une flamme vive, écrit en français et en arabe. Si on choisit un menu, il s'inscrit dans la langue choisie automatiquement mais les autres titres restent inscrits dans la seconde langue. Bel effort d'union linguistique qui reflète le souci de connaissance et de compréhension des cultures qui a animé Akkad lui-même tout du long. Le commentaire musical des menus provient d'une des mélodies composées par Jarre pour le film. Navigation est intuitive et agréable. La sérigraphie elle-même reprend l'affiche du film, écrite en arabe pour le DVD comportant la v.arabe s.t.f. et écrite en français pour le DVD comprenant les autres versions. :


  • 1)Le film : pour voir le film immédiatement sur le DVD sérigraphié en français comme sur le DVD sérigraphié en arabe.

  • 2)Versions: pour choisir entre les trois pistes sonores offertes : les deux v.f. et la v.anglaise.s.t.f. sur le DVD sérigraphié en français. Cette option est absente par définition du DVD présentant la version arabe s.t.f.

  • 3)Chapitrage : 29 § titrés, inanimés, non sonorisés sinon par la musique du menu principal prélevée sur la belle partition de Maurice Jarre. Remarque sur la sélection d'un chapitre : sur le DVD sérigraphié en arabe contenant la version arabe tout comme sur celui sérigraphié en français, le passage d'un chapitre à l'autre s'effectue non pas en cliquant sur la flèche droite mais sur celle de gauche. Idem pour le passage en ordre ascendant d'un écran de 6 chapitres au suivant.


  • 4)Bonus : séparés sur un 3ème DVD, ils comportent 3 sections :
    a)Making-of du Message : Format 4/3 et extraits 2.35 compatibles 4/3, v.o.s.t.f., durée :46'. Ce premier supplément est remarquable. C'est d'ailleurs l'un des meilleurs que nous ayons jamais vu. Il restitue parfaitement les conditions de tournage, fournit une grande masse d'informations et permet au producteur-réalisateur et aux principaux techniciens de donner leur propre témoignage, leur propre vision du film. Passionnant de bout en bout : dressage des animaux, difficultés inattendues de la prise de son dans le désert, conception du film comme rencontre et transmission d'une culture aux autres, etc. Les explications reprises dans le livret imprimé en proviennent pour une bonne part mais il contient bien des informations (d'ordre esthétique et dramatique, notamment) que vous ne trouverez pas dans ledit livret. L'image est relativement bien conservée et les extraits du film ne sont bien sûr pas recadrés : normal puisque c'est Akkad lui-même qui l'a produit en 1976. Il respecte son propre travail. Les auteurs du bonus en dessous peuvent en prendre de la graine.

    b)Documentaire sur le péplum religieux : format 1.85, v.o.s.t.f. et extraits de films américains comme italiens tournés en Cinémascope 2.35 pour la plupart recadrés voire parfois carrément flous ! Durée : 50'. Produit aux USA en 2002 ce documentaire est médiocre. Seules les précisions fournies de première main sur le tournage de Ben Hur (1959 version Wyler), Spartacus (1960 version Kubrick), Iphigénie et Gladiator sont intéressantes. Les commentaires historiques et critiques sont en revanche navrants. Bien entendu, pas un mot sur le fait que Gladiator soit une variation avérée de La chute de l'empire romain d'Anthony Mann, film pourtant mentionné plusieurs fois à ses côtés sans que le lien soit établi. Pour la Xème fois, on nous montre l'infographiste devant son écran nous expliquant comment le forum du Colisée fut reconstitué par image de synthèse mais il ne faut pas attendre de lui qu'il ait vu le film d'Anthony Mann. Nous renvoyons donc le lecteur intéressé par la comparaison historique et thématique des deux films à notre propre commentaire posté sous le test du DVD zone 1 ou zone 2 (plutôt zone 2 si nos souvenirs sont bons) du film de Scott.


    Les commentaires sur le second âge d'or italien du Péplum (1953-1965) - qu'on fait débuter en 1958 avec Le Fatiche di Ercole [Les travaux d'Hercule] (Ital. 1957) alors qu'il a commencé dès 1953 avec Spartaco [Spartacus] (Ital. 1953) de Riccardo Freda voire même 1952 avec La Regina di Saba de Pietro Francisci - sont particulièrement lamentables. Ce n'est d'ailleurs même pas par amour esthétique ou historique pour le film de 1957 réalisé par Pietro Francisci, photographié par Mario Bava et interprété par Steve Reeves et Silva Koscina qu'on lui fait inaugurer le Second âge d'or : les commentaires émis sur ce chef-d'oeuvre sont en effet d'un mépris sans borne. Une telle attitude appliquée à près de 150 films européens tournés par certains des plus grands cinéastes italiens de l'époque comme Cottafavi, Freda ou Bava, est impardonnable. Aucune mention, bien entendu, de Fabiola (Ital. / Fr. 1948) d'Alessandro Blasetti alors que c'est un péplum religieux majeur : ils ne savent probablement pas que le film existe ! La critique blonde qui se pose en érudite du Premier âge d'or du Péplum (1910-1923) en nous commentant vaguement D.W. Griffith et G. Pastrone semble ignorer, pour sa part, l'existence des films de Mario Caserini et Enrico Guazzoni antérieurs et postérieurs aux deux seuls qu'elle connaisse de cette époque : Intolérance et Cabiria. La raison pour laquelle on a inclus ce supplément au DVD des bonus semble bel et bien être la présence d'Irène Papas dans le casting de la version anglaise du Message.


    L'actrice a en effet joué dans Iphigénie de Cacoyannis. Convenons que son témoignage et celui du réalisateur concernant leur vision de la tragédie grecque sont intéressants (d'ailleurs pas tant que ça, tout compte fait) mais sans rapport direct avec Le message. Notons enfin que les commentateurs de ce documentaire ne sont pas crédités au générique : c'est très bien ainsi. Seuls les témoins directs (Charlton Heston concernant Ben Hur par exemple) y sont intéressants et apportent quelques informations authentiques parfois passionnantes : Kubrick voulait éventuellement se créditer à la place de Dalton Trumbo au générique de Spartacus, ce qui indigna Kirk Douglas ; Kubrick était par ailleurs cordialement détesté par la majorité de l'équipe technique du film qu'il dirigeait, etc...

    c)Filmographies : des acteurs Anthony Quinn et Irene Papas, du compositeur Maurice Jarre. Elles sont bien faites mais l'ensemble est très insuffisant étant donné la variété du casting. Rien sur Michael Ansara pourtant remarquable et quelques autres acteurs de la version anglaise et rien sur les stars de la version arabe.
    La note ci-dessous est accordée au premier supplément et au livret imprimé. Les deux autres bonus méritent à peine la moyenne.
  • Le verdict des internautes

    Total des votes : 18

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