La Création du nouveau monde (59'10)
Ce long supplément qui suit le film du début à la fin en n'ôtant pas les difficultés de tournage coriaces permet de découvrir le grand film de Terrence Malick de l'intérieur. Il se conclue par une phrase significative de Colin Farrell: si c'était à faire, il le referait. Il le referait puisqu'il jouera dans le prochain Malick (Tree of Life). Pour l'heure, concentrons-nous sur cet élixir d'une beauté infinie et ce bonus, unique, long, passionnant, qui dissèque les ficelles Malick sans congratulations obligatoires ni même trop de Malick (et c'est peut-être le seul défaut). Le résultat est au diapason du film: parfois abstrait, sobre et discret limitant au maximum les anicroches promotionnelles.

L'installation (7'53)
Dès les premières images, on apprend que le tournage du film qui a commencé juin 2004 a eu lieu à 15km des événements. A travers le directeur artistique, on apprend les sources d'inspiration, notamment dans l'histoire d'un homme qui a vécu avec les indiens. En parallèle, on découvre les stupéfiants efforts physiques des personnages présentes sur le plateau pour édifier les décors qui ont réclamé un temps impensable. Incidemment, on comprend très vite que Malick, qu'on ne verra pas commenter son travail, sait ce qu'il veut mieux que quiconque. Les génies auraient-ils toujours raison ? Oui.
Un coeur de guerriers (5'07)
Ce supplément appuie le véritable respect de l'équipe de cinéma venu tourner sur la terre des guerriers en faisant entre autres intervenir le chef de la tribu des Chickahominy pour qu'il évoque ce qu'il pense du projet. On voit autrement des figurants incarnant les guerriers dirigés par un chorégraphe pour qu'ils apprennent à se fondre dans le ballet musical du Nouveau Monde. Ils ont dû puiser dans leurs racines ancestrales pour trouver leur inspiration.
A la recherche de Pocahontas (3'41)
On s'intéresse cette fois à la découverte de l'actrice principale du film. L'équipe a mis des mois avant de la trouver. Ce module s'intéresse également au travail qu'elle a dû faire sur sa gestuelle.
La construction de Powhatan (5'37)
Ce module s'intéresse à la culture indienne, ce qui a été perdu et ce que l'équipe a essayé de reproduire au gré de maquillages et de commentaires.
La navigation (7'39)
On s'intéresse cette fois à l'arrivée des colons dans le Nouveau Monde, des étrangers sur une terre inconnue. Le module s'intéresse aux bateaux. Accessoirement, on évoque la difficulté de travailler en Virginie avec la moiteur, la chaleur et la pluie.
Werowocomoco (8'25)
Cela permet un approfondissement du travail des acteurs et de l'implication des interprètes et du rapport omniprésent avec la nature.
Jamestown (6'54)
Le plus important consistait non plus à utiliser le matériel mais faire en sorte qu'on ne le voit jamais à l'écran. Voici ce que l'on apprend de plus précieux. Le travail du chef-opérateur est mis en avant, ce qui est normal. On voit aussi beaucoup de Colin Farrell, conscient du boulot, aux antipodes de l'image qu'on essaye de lui coller dans les tabloids (cf. Miami Vice)
La plantation de John Rolfe (4'13)
Christian Bale fait une apparition remarquée où il confirme son sourire et sa bonne humeur. On parle essentiellement du travail de Terrence Malick.
La bataille (5'50)
Phrase d'ouverture: on va jouer une bataille. Et effectivement... c'est le passage le plus impressionnant de ce long et placide supplément. On peut y voir une scène de bataille hallucinante où les comédiens n'hésitent pas à sortir du cadre pour bousculer l'équipe.
L'Angleterre (3'30)
C'est la fin du tournage. Il manque juste la musique de Wagner en fond mais c'est quand même impec comme ça. L'équipe quitte les terres et une mélancolie discrète se lit dans les beaux commentaires. Peu importe : tout est sur la bobine. Tous les beaux plans, les belles interprétations, les belles batailles. Tout ça donne un film miraculeux qui se suffit certainement à lui-même...