Sur le DVD de la version intégrale, on trouvera la
Bande-annonce (3'00) du film en anglais sous-titré. Tiré d'un élément appelé " marron combiné ", cette bande-annonce est d'une piètre qualité d'image et de son, sans titre ni trucages. Avec grande classe l'éditeur s'en excuse mais dans un souci d'exhaustivité la met en supplément du film compte tenu de sa rareté. Toute la ligne éditoriale de Carlotta est résumée dans ce bonus : cinéphilie mais aussi respect de l'acheteur.
Sur le DVD de la version française, on trouvera une introduction et une étude sur la collaboration entre Lang et Brecht sur le film par l'historien du cinéma Bernard Eisenschitz.
L'
Introduction de Bernard Eisenschitz (3'16) revient sur les deux versions du film, celle américaine de 135 minutes sortie pendant la guerre en 1943, et celle sortie en France en août 1947 et raccourcie à 115 minutes. Renseignée et intéressante, cette présentation retrace les raisons et les conséquences de ces deux versions, d'un scénario initial dépassant déjà les durées standards à la version officielle sortie en France au sortir de la guerre dont le contretype conservé permettra une diffusion de la version tronquée du film de Lang pendant des années jusqu'à la réhabilitation de la version intégrale en 1963 qui sera une véritable redécouverte pour les cinéphiles français mais qui restera curieusement occultée par la version raccourcie. Ayant éclairé notre savoir sur les raisons du caractère quasi-inédit en France de la version intégrale du film, l'historien du cinéma finit brièvement sur les différences entre les deux films. Un exposé clair et instructif qui complète parfaitement la remarquable initiative de présenter les deux versions, la version intégrale enfin éditée en DVD et la version française telle qu'elle a été vue en France pendant des décennies.

La collaboration Brecht/Lang (28'30) est une intéressante étude de l'historien du cinéma Bernard Eisenschitz sur l'écriture du film par le cinéaste et le dramaturge allemands. Grâce à des correspondances ou des mémoires retrouvés, l'historien décrit les relations entre les deux hommes et leur collaboration sur
Les bourreaux meurent aussi, fruit de leur travail commun. Mélangeant perspectives historiques et histoires personnelles, comme l'assassinat de Heydrich ou les difficultés des deux artistes (Lang sans contrat depuis 1942 et Brecht débarqué aux Etats-Unis), Bernard Eisenschitz raconte les péripéties du scénario évoquant avec précision les désaccords comme les visées communes. Parfaitement renseignée, cette étude fait le point sur la création du scénario et les conflits entre scénaristes (avec deux autres scénaristes américains qui écarteront Brecht), avant de s'attacher à montrer à travers des exemples issus du film les divergences de points de vue entre Lang et Brecht, que ce soit dans une conception de narration grand public pour Lang opposée à une dramaturgie plus distanciée pour Brecht, ou pour la distribution, la direction d'acteur ou la mise en scène du film. Relatant à la fois les difficultés lors de l'écriture du scénario et les différences de style des deux auteurs illustrées par des scènes du film, Bernard Eisenschitz offre une très bonne étude sur l'art délicat de la création.